mardi 30 janvier 2018

Terrible Love - Doubt Minds




 Big Scary Monsters | Through Love records - Janvier 2018

Quitte à faire un premier article en 2018 (hors top de y'a 10 ans), autant parler de ce qui sera LE top 2018. Dès le mois de Janvier? Parfaitement monsieur/madame, mais la raison est la plus simple du monde: Terrible Love vient de sortir son second EP, Doubted Minds.

Si tu es mon ami(e) Facebook, tu le sais: statistiquement 70% de mes publications hors blog sont relatives à Terrible Love. Chaque nouvelle chanson, nouvel EP, je suis au taquet. Une vraie groupie. De quoi ruiner definitivement toute l'objectivité de cette chronique, s'il en restait un tantinet. (oui j'ai regardé dans le Larousse comment s'écrivait "tantinet"). Pourtant, je vais tenter de donner une explication plausible à tout cela, sans que tu te dises que tout n'est qu'une vulgaire mascarade.


Analyse de forme (si t'es plutot a admirer Neymar bien dribbler)

Avec Terrible Love, on parle aujourd'hui ce qui represente tout ce que j'aime dans le hardcore dit moderne, selon la terminologie sans fondements de ce blog. Ce style mis en avant par Modern Life Is War, Frameworks ou Goodtime Boys si tu veux. En gros ca veut dire que c'est rapide, urgent, mais aussi sans dégueuler partout. Son réfléchi, changements d'intensité, respiration entre deux gueulantes. Pour moi c'est tout bon.

Bon, c'est bien gentil, les images sont ce qu'elles sont, mais concretement ca veut dire quoi? Ecoutes cet EP pour t'en convaincre, c'est tout ce que je te demande. Maintenant qu'on a bien défini les critères, on peut y aller. "Doubt Mines", LE tube de cet EP, les a pratiquement tous. Intro rapide avec un chant éraillé, couplet urgent, refrain que tu peux hurler pour te calmer de cette vie parfois emmerdante, un grand oui. Le reste de cet EP n'est bien évidemment pas en reste, avec des chanons un peu plus contenue, comme le premier single "First Flowers". Mais toute l'intensité reste préservée, comme une explostion entre deux respirations.

Ensuite, pour la petite histoire, quand toi tu galères à trouver quelqu'un qui arrive à hurler 3 phrases justes dans un micro sans tomber dans le coma, Terrible Love a changé de chanteur entre deux EP sans vraiment qu'on y fasse attention. C'est fort. En plus maintenant, le mix entre le chant crié et parlé ("A Better Light") ajoute aussi un vrai plus, juste comme il faut.

Certes, la méthode est bien connue, on n'assiste pas comme par magie à l'émergence d'un hardcore tout neuf et tout beau. Mais la réalisation en elle-même, les idées, les enchaînements, c'est ce qui fait la différence, pour moi. Je suis d'accord, c'est très "produit", mais le son pour moi reste naturel. Rien n'est si orginial, mais tout est dans l'ordre.

Une révélation suivra dans la suite de cette chronique.

Analyse complementaire de fond (si t'es plutot a savoir le mieux entre 4-4-2 losange ou 4-4-2 a plat)


Allons un peu plus loin quand même. Comprendre pourquoi j'aime tant cet EP. Je vais essayer de faire vite.  

Le son est une vraie claque dans la gueule, a la fois ultra travaille mais sans tomber dans le surfait. La batterie me donne des frissons, et tu peux demander à qui est bien informé sur moi, c'est pas souvent. Cette caisse claire qui pop comme un paquet de Pringles, les toms bien graves, les cymbales un peu en retrait, c'est parfait. Désolé pour l'exposé, je vais envoyer ces quelques mots a Batterie magazine.

En fait, pour être totalement sincère, Terrible Love c'est le style de musique que j'ai envie de faire depuis des années. J'aurais aimé faire cet EP, et j'en aurais gardé 99%. Les paroles, le son, la musique, la production, tout.

Dans l'éternel debat, pragmatique contre romantique, les deux ont leurs vertues. Mais si, alors que l'on peut trouver des arguments objectifs pour dire que telle musiaue et comme si, comme cela (d'ailleurs je suis certain qu'il y a des codes qui nous entrent dans la mémoire), le romantisme reste le premier choix.  

Ah, Terrible Love, tu es le groupe que je n'aurais jamais eu. 








lundi 8 janvier 2018

Top 2007 !

Enfin on y est. L'aboutissement de ce blog, ou je peux enfin faire mon top de 10 ans avant sur des disques que j'ai vraiment écouté y'a 10 ans. Parce que 2007 oui, j'avais du punk-rock dans les oreilles. Alors ce coup-ci, je vais essayer de ne pas trop tricher, et de focaliser ce top sur des disques que j'écoute encore maintenant (même si je vais tricher un peu). En y regardant de près c'est vraiment, vraiment punk rock roulette (un poil démodé parfois) et un peu hardcore rock'n'roll comme on en fait plus (aussi pour des bonnes raisons). Mais faut bien refléter l'époque.

Bon y'a pas mal de choses, c'est un peu mélangé, mais ça f'ra. Allez on y va.

THE WORLD, 'MERICA

Young Livers - The New Drop Era

 

Il y a toujours des groupes plus ou moins connus, et des groupes plus ou moins respectés. Young Livers, sur ces deux échelles, sont plutot moyens pour la notoriété, mais plutôt haut pour le respect. Pour moi, ce groupe est l'un des meilleurs que j'ai écouté dans le fameux Gainesville Punk-rock, je peux pas dire mieux. Un des premiers, et c'est ce genre de disque qui te reste gravé pour longtemps. Deux excellents albums, dont ce premier, The New Drop Era, sorti chez No Idea. 21 minutes, du punk rock des familles et puis rideau. Vous appelez ça un album ? Oui, et c'est pas la longueur qui compte on t'as déjà dit. Propre, efficace, changements de rythme et mélodies impeccables. Non mais "Means Of Buogancy", ca te parles pas?  De toute facon, même pas le temps d'émettre le moindre doute sur le ''est ce que ce sont les nouveaux Hot Water Music?" On s'en fout. Tu veux qu'on parle de mes références, en voilà une. Je suis un garcon simple (parfois).  


A Wilhelm Scream - Career Suicide


En 2007, la roulette est toujours pas mal d'actualité. Une bonne tripotée d'albums dont on ne se souviens pas toujours, je te l'accorde, mais celui-là surement que si. Car 2007, c'est l'apogée de la carrière de A Wilhelm Scream, avec le très célèbre Career Suicide. Ce disque, c'est un sommet du punk-rock mélodique technique que d'habitude j'aime pas trop, à vrai dire. De la roulette et des solos de guitare à l'américaine, façon tee-shirt de basket et canette de red bull. Pourtant cet album m'a fait un sacré effet, parce qu'il est aussi fun et particulièrement efficace. S'il ne fallait en retenir qu'un, de ces disques repésentatifs des kékés ricains qui font des solos de basse, du tapping et de la roulette sans interruption dans les morceaux pop-punk, alors prenons celui-là. Je te mets au défi, tu vas te rappeler direct des premiers "Oh Oh" de These Dead Streets en un instant. Ouais, tu l'as dans la tête, me remercies pas c'est pour moi.   

The Gaslight Anthem  - Sink or Swim


Bizarrement, si j'avais eu à classer les album de The Gaslight Anthem, je ne suis même pas sur que j'aurais mis Sink or Swim sur le podium, sans y réfléchir trop. "The '59 Sound en 1, là c'est sur. American Slang en 2 ? allez go. Et en 3eme? Handwritten? Non, faut que je réécoute Sink or Swim. "
Heureusement que des fois je réfléchis, parce qu'en le réécoutant une fois je me suis rendu compte que je le connaissais presque à fond. Alors oui, il ne ravira pas la place de The '59 Sound (rdv l'année prochaine pour ça), mais il peut arriver juste derrière. Parce que c'est l'album qui les a fait connaitre, dans ce style indie rock vintage, dans la voix si spéciale de Brian Fallon, et dans le fait que ce groupe puisse éclore dans "la scène punk-rock" en priorité cer c'est là qu'on trouve les vraies influences (si,si). Un disque à réécouter avec grand plaisir en tout cas car il a tout du vrai Gaslight ANthem que j'aime, avec un son plus épuré, et surtout il fait partie de ces albums du début où tu peux reconnaitre les plans de batterie entre 1000. I Coul'da Been a Contender, Wooderson, 1930 les chansons s'enchaînent entre punk-rock et ballades, mais le plaisir reste. All right all right...

Mais aussi:
- Modern Life Is War - Midnight in America (BIEN ENTENDU)
- Comeback Kid - Broadcasting (Pas mieux que Wake The Dead, mais qui vaut le coup aussi)
- ...

FOLK - FOLK - FOLK (NEW CATEGORY 2017)


Bon Iver - For Emma Forever Ago




Ouuuuuu là tout de suite on sent de l'emotion. Il y a des disques qui touchent vraiment une corde sensible et celui-là en fait partie. Pour tout dire, je n'ai pas pu écouter cet album pendant longtemps parce qu'il me rappelait des souvenirs qui ont été parfaitements décrits dans la chanson The Brighter Shades of Times de Quitters cette année (ici), et dans 15000 autres chansons d'ailleurs. Mais bon, le temps passe et je peux à nouveau apprécier le premier album de Bon Iver, For Emma Forever Ago, qui contient des perles de folk intimiste, que j'associent encore à une ballade en bagnole sur une route Américaine qui ondule dans le désert, au petit matin. Tu viens de prendre un grand café à la station service, offert par la maison. Tu vas vers la découverte et puis il te faut une bande son. Elle est là. Peut pas dire mieux, ce disque me remémore tellement de choses, c'est pas facile à décrire. Un des plus beaux albums de folk que j'ai écouté dans ma vie.


Mais aussi:
Chuck Ragan - Feast or Famine: est ce que j'ai besoin de décrire cet album? NON. Surement le meilleur de Chuck Ragan, qui est presque l'équivalent de Dieu. Des chansons magnifiques et puis c'est tout.





Europe (well, UK)

Gallows - Orchestra of Wolves


Je sais, techniquement cet album est sorti en 2006. Mais, on l'as écouté (moi le premier) surtout en 2007. Gallows, Orchestra of Wolves. Et puis, si tu suis ce blog, t'as bien dû remarquer que je l'avais oublié l'année dernière dans mon top (merci de me l'avoir dit hein). Et comme c'est vraiment un des albums fondateurs de ce qui m'as fait aimer la musique que j'aime aujourd'hui, il est là. L'affront est lavé. Et pour tout dire, aujourd'hui encore cet album est une sacré rouste, voici quelques exemples. Le son, qui fait à la fois un peu cheap mais qui donne une vraie identité à cette musique. La violence des riffs, le côté tellement direct qui te mets un coud'poing à travers la gueule ("Just Because You Sleep Next to Me Doesn't Mean You're Safe"). Cette rage qui sort de la voix de Frank Carter, qui te donne l'impression qu'il veut tuer tout le monde. La liste des chansons dont on se rappelle encore les moindres détails, avec un enchainement sans temps morts ("Abandon Ship, In the Belly of a Shark, Orchestra of Wolves "). J'en aurais d'autres à raconter, mais je suis déjà K.O.

The Ghost of a Thousand - This is Where the Fight Begins


Tu t'en rappelles de cette vague hardcore aux accents parfois rock'n'roll venue d'Angleterre, qui a déferlé sur toi dans la fin des années 2000? Gallows, Blackhole, The Plight, et bien sur The Ghost of a Thousand. Je sais pas bien si faut en être fier mais bon j'ai écouté pas mal ce genre à ce moment-là et il fallait le refléter ici. This is Where the Fight Begins est donc le premier des deux albums du groupe. Niveau musique on est dans le hardcore bien direct, qui tourne un peu vers le rock'n'roll mais aussi et surtout vers Refused. Cet album sonne plus rugueux que le suivant, et c'est ce qui fait sa force. Il reste ce vrai côté hardcore de papa, efficace et bien lourd avec le chant crié. Et puis cet aspect r'n'r au milleu, avec du chant parlé, des riffs ultra basiques et des petits solos de guitare. Ca donne un aspect plutôt singluier à l'ensemble au final. Mais autour, pas trop de chichis, ou de son surfait (comme c'est un peu le cas sur leur album d'après, rétrospectivement). C'est plutôt cash et ça va au bout, même si j'ai l'impression de le survendre un peu. En tout cas, ce que j'écoutais en 2007, c'était bien à peu près ça.




FRANCE

RAVI - Wreck The Compass



(Spoiler: je ne parlerai pas du disque) Si vous vous demandez comment j'ai atteri dans le groupe Stetson! de Clermont-Ferrand (je sais que tu t'ai jamais posé la question mais tant pis), la raison tient en une phrase: le concert de RAVI, au Raymond Bar, avec Stetson! qui jouait en premier. Pourtant, les éléments n'ont pas été vraiment favorables. D'abord, le concert de Stetson! avait été marqué par l'irruption d'un chanteur-punk-a-chien qui savait pas trop les paroles mais qui voulait bien faire chier, kické impeccablement de la scène après quelques couplets. Ensuite, des cordes de guitares pêtées qui auront eu raison des dernières chansons du set. Bizarrement, ca m'as pas empêché de rentrer dans le groupe et de rencontrer des meilleurs copains. Enfin surtout, ce jour-là, y'avais RAVI qui jouait, et c'est la première révélation de punk-rock Française que j'ai pris dans la gueule. Voilà en partie pourquoi j'écoute ce que j'écoute aujourd'hui. Parce que RAVI m'as marqué, parce que Stetson m'as impregné. Wreck The Compass, l'album de RAVI sorti en 2007, est d'ailleurs un des premiers disques de groupe Français que j'ai eu (après LUKE et DEPORTIVO, si tu veux tout savoir). Du vrai punk-rock à la sauce Gainesville, avec ses choeurs toujours parfaits, ses mélodies incisives, et ses bons souvenirs qui remontent quand je l'écoute. Merci RAVI.


The Twisted Minds - Neo Dogmas



Puisqu'on est dans les souvenirs, restons-y. Je ne sais pas si cet album a été marquant pour vous, mais pour moi oui, un peu. Un des premiers concerts punk-rock que j'ai vu hors de mes bases Clermontoises, et qui a engendré une amitie depuis sans failles avec mes presques grands freres à chapeau, c'est un concert de The Twisted Minds à Nice. Un week-end génial, une soirée sur les hauteurs, parfait. Réecouter cet album aujourd'hui reste un vrai plaisir, il est même dans la voiture de ma maman comme ça je peux l'écouter quand je rentre. Alors oui c'est très Propagandhi dans l'âme mais j'ai l'impression que c'était assumé (d'après les conversations qu'on a eu à l'époque). 10 ans après, ça reste quand même pas mal d'actualité, le son a été bien travaillé, les paroles pas niaises pour un sou, et le reste à la hauteur.



Mais aussi: 

 - M-sixteen - ST: hahaaaaaaaaaaa je suis sur que tu t'en rappelles de cet album. Un des plus beaux one-shot qu'on ai vu, avec un son tellement soigné, tellement gros, tellement parfait pour un groupe qui au final n'a pas duré tant que ça. Mais ces sessions de roulettes restent mémorables.

 - Down To Earth: Room for the Three of us: ca aussi je l'ai écouté pas mal. Un mélange de rock, d'un peu d'Emo nineties, de punk-rock et vous avez le tout. Ca s'écoute toujours bien d'ailleurs   








mardi 12 décembre 2017

Julien Baker - Turn Out the Lights




Edito: je préfère te prévenir, cette chronique va sonner comme une déclaration d'amour. Comme celle de Nadine par exemple, une groupie de Patrick Bruel, qui lui a envoyé une lettre avec sa culotte dedans après la sortie de l'album Alors Regarde en 1989. Et bien sur qu'elle était à son concert en 1990 à Paris. Bien sur. Nadine, aujourd'hui je peux te le dire, je te comprends.


Matador - Octobre 2017



Alors non, ne me faites pas faire ce que je n'ai pas fait. Non, je n'ai pas encore envoyé de lettre (encore moins avec ma culotte dedans) à Julien Baker, mais je suis devenu un genre de groupie, je veux bien l'avouer. Et bien sur que j'étais à son concert il y a quelques semaines à Bruxelles. Bien sur. Pour faire court, j'ai été transporté.

Je veux dire, c'est d'autant plus fou que je m'y attendais, j'avais même prévu d'y aller tout seul exprès pour verser une larme et tout. Même si en vrai c'était une excuse bidon parce que j'avais pas d'amis pour y aller avec moi (du moins il y a 6 mois quand les places de concert se sont arrachées). Mais les émotions, c'est inexplicable, même si c'est souvent prévisible. Je n'ai pas versé de larmes mais j'ai quand même été carrement embué. Un moment rare à un concert.

Alors comme une évidence, j'ai acheté son nouvel album, Turn out the lights, et c'est bien l'une des premières fois dans une chronique où je peux mettre un 10/10. FA-CILE.

Pour tout dire, j'avais un peu peur de cet album avant de l'écouter. Parce qu'il est la suite d'un premier album à couper le souffle, avec une voix magique et une instrumentation qui est la définition même du minimalisme. Une athmosphère vraiment particulière qui pour moi avait été une veritable claque. J'avais peur qu'avec l'évolution, avec plus de moyens, avec aussi un peu plus de notoriété, même si c'est assez relatif, la donne allait changer. Heureusement non, et ''Appointments'', le premier single, en est l'exemple parfait.

Certes, l'instrumentation est plus travaillée, il y a maintenant du piano, plusieurs voix, mais l'esprit reste identique. Extrêmement fragile, mais simplement beau. Je ne vais pas faire un listing de toutes les chansons et les encenser une par une, mais je vais m'attarder sur les plus simples. Celles sur lesquelles une guitare suffit, en plus de cette voix tellement envoutante. "Happy to Be Here" mais surtout "Even". Ces suites d'accord, on les a entendu des centaines de fois, dans un ordre ou dans un autre, dans un style ou dans un autre. Mais là, ils prennent en moi une résonnance particulière, sans que je puisse vraiment l'exprimer.

Alors si tu écoutes les paroles, c'est triste, difficile de dire le contraire. C'est même incroyablement triste. Pourtant cette voix est lumineuse, et le contraste est saisissant.

Voila Julien. Je ne vais pas t'envoyer d'autre lettre, et je ne sais pas ce qu'ils se passerait si on se rencontrait pour de vrai. Pourtant si c'etait le cas je n'aurais qu'une chose à te dire: Bravo. 








jeudi 30 novembre 2017

Guerilla Poubelle - la nausee




Novembre 2017


Alors je l'ai déjà dit un peu (pas trop fort quand même), je n'avais pas un intérêt fou pour Guerilla Poubelle jusqu’à leur album précédent, parce que ça ressemblait peut être pas trop au punk-rock que j'aime/j'aimais a ce moment la, ou que j'avais envie d’écouter. C'est pas une histoire que c’était bien ou pas bien, mais simplement je ne m'y reconnaissais pas trop. Et puis bon, je suis un gars un peu têtu dans la vie aussi, ça joue.

Mais vous me voyez venir, si j’écris un truc sur le nouvel album de GxP, c'est que les choses changent. Non pas que j'ai lu l'un des 500 articles  journaliers de blogs "bien-être" sur les bienfaits de la gentillesse et que je pense faire amende honorable, non non. Pas non plus de mea-culpa alambiqué. Simplement, les choses évoluent, j'ai leurs deux derniers EPs et je les trouve vraiment bons. La raison est on ne peut plus simple: ils font du punk-rock comme j'aime maintenant, et ce nouvel album la nausée le confirme presque a chaque titre. Autant le dire franchement, même si je me doute que t'es pas encore bien convaincu. Bon. 

Pourquoi vraiment, alors? C'est une autre histoire mais j'y arrive. Déjà, je pense qu'ils ont su acquérir cette expérience qui fait que tu sais faire sonner des chansons simples d'une manière efficace. Tu peux te permettre d'avoir des mélodies plus simples sans qu'on dise direct que c'est pompé sur truc ou machin. Encore plus difficile à dire si tu le combine au chant éraillé et aux paroles acides qui font ressortir l'ensemble. Et puis les grands chœurs faciles a chanter avec les copains ça me fait toujours de l'effet. "En Marche!" en est l'expression parfaite si tu veux écouter ce que je veux dire. Ensuite parce que certaines chansons prennent des accents presque power pop, moins rapides et urgents ("Une bouteille a la mer", tube), facon Worriers ou Great Cynics. Et ça leur va comme un gant en touchant ma fibre sensible.

Mais si t'as peur, il reste surtout le vrai punk-rock, avec de la roulette, avec de la vitesse, et avec des revendications. Tantôt punk-rauque ("Les fils et le filles des sorcières que vous n'avez pas brule", "Golgotha"), tantôt plus mélo ("L'aventure de l'ordinaire"). Mais ça c'est plutôt du classique, encore que faut-il bien le faire.

Bref, c'est tout ce mélange que j'aime. Est-ce que c'est nouveau chez Guerilla Poubelle? Je sais pas trop dire, mais j'ai l'impression que oui. Le spectre est plus large, plus varie mais paradoxalement cohérent. Et franchement y'a pas a dire, je trouve cet album vraiment au niveau. Et quand la musique est efficace comme ça, c'est une combinaison parfaite avec le chant ou on n'a pas besoin de faire une fac d'Anglais pour savoir ce que çà veut dire. Le sens est là aussi, dans les paroles, dans les thèmes abordés, et ça fait une grande différence. 

Donc je vais arrêter de dire que Guerilla Poubelle ça m’intéresse pas trop. J'ai bien l'impression qu'ils sont devenus des leaders de la scène punk-rock Française, aussi à mes yeux. Oui je sais que c’était le cas pour toi déjà surement, mais je suis têtu dans la vie aussi, ça joue. 







 


mardi 17 octobre 2017

Punk-rock stars battle: Propagandhi - "Victory Lap" VS Hot Water Music - "Light it up"


Avant-avant-propos: attention, si tu veux éviter du blabla et que tu attends impatiemment que je mette une note pour ces disques, fermes la page tout de suite et ne reviens plus. Si tu veux savoir ce que j'en pense lis juste la fin (après la mention "et ces disques?"). Si tu aimes les gens qui trouvent des prétextes pour écrire des chroniques sans trop parler du disque, tu es au bon endroit alors lis bien attentivement.






Propagandhi: Epitaph, Septembre 2017:


Avant-propos: Après avoir lu les contributions du dernier People Are Better Than Records, dont certaines ont vraiment retenu mon attention, (la mienne en particulier lol), je me suis senti compris quand Vincent du blog survivre la nuit a parlé du fait que parfois, quand tu veux faire la chronique d'un disque, t'aurais juste envie de dire que c'est trop cool et puis rideau. Pour le citer, '' Il y a une limite au nombre de fois où un être humain peut taper les mots « un disque sincère et viscéral, qui tournera un bon moment sur vos platines » dans sa vie''. De mon expérience plutôt limitée, je ne peux qu'être d'accord. Parce que oui, moi aussi j'ai peur de dire 50 fois les mêmes choses et d'utiliser des comparaisons similaires en boucle. Parce oui j'ai l'impression d'avoir atteint cette limite que alors que j'ai surement écrit beaucoup moins de chroniques que lui dans ma vie. C'est ce qu'il s'est passé récemment.

Propos: je viens d'écouter (en boucle et en boucle) le dernier Propagandhi, Victory Lap, et aussi d'autres disques de ces groupes confirmés dont, déjà, je ne sais pas vraiment si ca intéresse quelqu'un de savoir ce que j'en pense (encore moins que les autres). Comme le dernier Hot Water Music, Light it up par exemple, groupe pour lequel mon admiration est presque sans bornes. Bon, j'avoue que j'ai quand même envie d'en parler de ces disques (sinon je n'écrirais pas cet article). Mais j'avais aussi envie d'illustrer deux cas qui se recoupent et qui pourtant sont très différents.

D'un coté, Victory Lap me mets une branlée, mais sans que je trouve des lignes et des lignes à écrire. De l'autre, le nouveau HWM me semble assez plat, sans que je le déteste quoi, mais avec le même manque de mots pour en faire une description. Est-ce que j'ai perdu quelque chose? Peut-être pas.

Tu sais, j'ai parlé récemment du fait que parfois, bien que l'on attende avec impatience la sortie d'un nouvel album d'un de ces "groupes phares", comme Propagandhi, Hot Water Music, ou Against Me! en l'occurrence dans cet article, on se doute que le pic est passé. Que l'épicentre musical est plutôt loin derrière nous. Mais quand même, on aimerait bien ressentir encore une grosse secousse. On les aime et on veut vibrer.

Alors bon, toute cette histoire pour dire que, c'est pas toujours simple. Alors voici deux petites chroniques. Le pic est-il passé?

Et ces disques?

Hot Water Music: a vrai dire je le trouve dans la fourchette basse de mes espérances. En clair, pour un album de HWM c'est pas génial, mais ca aurait pu etre pire. J'espérais mieux mais c'est comme ca. J'espérais que "Never Going Back", le premier single qu'on a pu écouter bien avant la sortie, ne soit pas la meilleure chanson, mais si. Elle est bien, c'est pas le problème. Le problème c'est la comparaison avec les autres. Mais bon au final, tu sais, c'est ce genre de disque qu'il faut écouter plusieurs fois pour faire passer la déception est se dire que c'était pas si mal au final. Reviens dans 2 mois, j'espère que j'aurais change d'avis. Mais j'en suis pas sur, j'ai l'impression que cet album passe un peu trop inaperçu. Le pic est un peu loin, mais on s'en doutait déjà. 

Propagandhi: pas loin d'une bonne branlée, donc dans la fourchette haute de mes espérances.  Deja j'avais écouté "Failed Imagineer"  en boucle, mais quand tu rajoutes le reste, comme en particulier "Comply/Resist" et "Letter to a Young Anus", tu as le son Propagandhi, les textes, les riffs. Et je ne trouve pas cela essoufflé du tout. Eux, pour reprendre l'exemple des groupes qui déclinent, ils y sont pas encore. Bien au niveau du précédent disque, Supporting Caste. Encore plein de choses à dire, j'aime ca.

Un disque sincère et viscéral, qui tournera un bon moment sur vos platines, en quelque sorte. 





















jeudi 5 octobre 2017

Jamie 4 President - The Heartbreak Campaign


Bcore - Septembre 2017


Alors ca mon pote, c'est une sacré surprise. Il en faut bien des bonnes après des décevantes, qu'elles soient un peu attendues (QOTSA?) ou pas trop (HWM?), ou même prévues très mauvaises à l'avance (FF?). Bref, l'année dernière c'était The Hotelier et cette année ca pourrait bien passer par Jamie 4 president. Une bouffée d'air frais, de l'indie rock ensoleillé qui tend vers les bonnes années 90, comme on sait si bien le faire chez Bcore

Et au final, quand on a dit cela, on a tout dit. Parce que si, comme moi, Bcore reflète ce gout prononcé pour les mélodies qui évoquent la plage, les souvenirs de vacances mais sans jamais trop sombrer dans la mélancolie dépressive, alors cet album va tomber à pic.  Et c'est peut-être pour cela que j'étais passé à coté des deux premiers albums du groupe.  

Car cet indie-rock, aussi banal soit-il si on y réfléchit un peu, a pris une teinte spéciale. Mais ne viens pas te méprendre. Je te dis pas que c'est un nouveau No More Lies, ou Vistalegre, parce qu'on en est assez loin. Non, là on est dans la finesse. Pas du genre à s'enchainer de la villageoise pour se mettre la cuite sur la plage. Ici c'est plutôt un petit apéro entre copains, où l'on a sélectionné un bon vin, accessible mais fin, qui ne conduira a aucun vomissement ou gueule de bois le lendemain. On va juste en profiter un peu.

Et dans les mélodies, dans les riffs, j'ai cette impression du "truc en plus", que j'ai aussi en écoutant Brazen ou Pinegrove, sans savoir comment le décrire exactement. Alors te fais pas une idée en écoutant une chanson une fois, quoi que "The Day I fell for a Gipsy Girl" soit tout à fait appropriée.  Mais s'il te plait, laisses toi un peu embarquer par ces chansons. Oublies le fait qu'elles soient simples comme bonjour et qu'elles semblent un peu niaises. Tu vas voir, quand tu vas écouter un peu plus tu vas te sentir mieux.

Bon, j'exagère peut-être un peu. Jusqu'à m'en faire douter, presque, parce que j'ai peur de me lasser assez vite. Je pense pas à l'écouter, alors que quand je le mets dans mes oreilles je le trouve super. Je vais acheter le disque mais je ne sais pas combien de temps je vais l'écouter. Trop de questions, je rembobine.

Mais quand même, ca mon pote, c'est une sacré surprise pour l'apéro. Il en faut bien des bonnes après des décevantes, qu'elles soient un peu attendues, comme un rosé bien fade (QOTSA?), plus surprenantes comme un vin qu'on apprécie toujours mais qui a des moins bonnes années (HWM?), ou même dégueulasses comme une biere chaude en plein soleil (FF?). Jamie 4 President, c'est un bon verre peinard qui se déguste entre copains.Et il sera parfait pour animer des soirées ternes avec un peu de soleil.








lundi 25 septembre 2017

Aviator- Loneliness Leaves The Light Out For Me




No Sleep records - Juin 2017



Aviator. On en a déjà parlé dans ce blog, il me semble. Un premier album très intéressant, qui tourne dans une sorte de post-hardcore moderne, à l'intersection de Terrible Love, Touche Amore et These Arms Are Snakes, du moins c'est ce que j'avais dit à l'époque (sans Terrible Love j'avoue). Je suis toujours d'accord avec moi-même presque 3 ans après, ce qui relève déjà de l'exploit.

Et ce nouvel album, "Loneliness Leaves the Light Out for Me" de déroge pas à cette description. On le sent tout de suite avec la chanson qui ouvre le bal, "I wanna make movies, Heather". Hardcore sombre, mais avec des éclaircies. Violent, mais de manière contenue. Crié, mais pas hurlé. Un mélange que j'apprécie tout particulièrement parce qu'il me rappelle plein de trucs différents.

Pourtant, cela ne m'empêche pas d'avoir une réaction paradoxale en écoutant ce disque. J'aimerais bien que ca envoie plus, que ca fracasse de la basse et de la batterie, que ca s'écorche les tibias en sautant a pieds joints sur les retours, mais je ne suis pas sur d'en avoir envie. Parfois tout doit resté contenu, parfois c'est suffisant. Pas besoin de tout extérioriser, on le comprend aussi comme cela. 

Alors y'a bien un peu de déchet, si on peut dire. Les ambiances sont parfois un peu longues, et certaines chansons sonnent un peu trop comme un revival de Sparta en moins énergique. Je reconnais. Mais, en tout cas, l'ambiance est plus calme que pour son prédécesseur, et il me revient des souvenirs de ce post-hardcore qu'on a tendance à appeler Emo parce qu'il faut le mettre dans une catégorie. il me reviens surtout des groupes des années 2000, Cave In en tête, mais il y a des différences. Alors, ajoutons les qualificatifs: du post-hardcore moderne, avec des mélodies, avec de la réflexion, mais qui sait rester le plus souvent avec un coté simple et épuré. Ça a l'air d'être ca qui fait dire que le groupe a "grandi". Quand tu peux faire plus simple et que ca sonne mieux.

Et perpétuer cette tradition, c'est déjà un bel effort.C'est pour cela que j'ai du mal à comprendre pourquoi Aviator reste assez confidentiel, même sur No Sleep leur label. T'as l'impression qu'ils veulent pas trop les mettre en avant, que même eux y croient pas trop. Et ben moi j'y crois.