samedi 28 juin 2014

Goodtime Boys - Rain





Bridge Nine records (US) Palm records (UK) - 2014 




En rentrant de vacances, fin de rigoler. Place au hardcore qui crie, qui est (un peu) méchant, qui sent la BO d'un film avec des gens pas contents. Hardcore for life.
Bon, pour que le choc ne soit pas non plus trop violent, on peut commencer avec de la crème de hardcore, distillée à l'Anglaise, plutôt qu'une aigre rasade de whisky bon marché qui t'arrache le gosier dès les premières gouttes. Goodtime Boys sort son nouvel album, Rain, officiellement son premier LP, même si on connaît déjà quelques sorties précédentes (moi c'est sur mais je pense que vou-zaussi). Le moins qu'on puisse dire, c'est que je l'attendais. Impatience.
Pour la faire naître, il y a eu bien sur les sorties précédentes, la signature sur Bridge Nine records, même si je trouve qu'ils alternent le bon (Defeater, Iron Chic, etc) mais aussi le moins bon (t'as écouté Expire?). Bref, il y a eu surtout le pré-EP 7" qui précédait cet album, avec ce "Live Moves" qui m'a claqué bien comme il fallait. D'habitude j'aime pas trop ce concept, sortir des pré-EP qui ont plus ou moins les mêmes titres que les albums, même si ça peut faire un bel objet. Quand t'as l'album ça fait un peu réchauffé, je sais pas. Enfin quand les chansons sont bonnes on pardonne plus facilement, mais dans ce cas ça fait naître une grosse attente. Impatience.
Entrons dans le vif du sujet. Autant dire qu'on sait à quoi on va avoir droit. On est dans la lignée parfaite des groupes dont on définit le style par "Hardcore moderne". C'est à dire? Tu prends un base de hardcore "classique", avec des gros riffs, du chant crié, des tempos rapides (et un peu de gens qui dancent et s'entrechoquent poliment) mais tu ajoutes un peu de finesse, des passages plus lents, plus travaillés, moins bruts en somme. On va donc toucher du doigt l'évolution même du punk-hardcore, comme on la conçoit en 2014. Fini les mosh-parts qu'on voit venir à 3km, et les choeurs crachés comme du venin en brandissant l'esprit XStraight-EdgeX. On entre dans le détail, dans les mélodies, dans le son travaillé, mais on reste costaud quand même, c'est la tradition.
Je vais oublier la chronique détaillée de chaque morceau, en essayent de voir cette album de manière globale. J'aime cette musique, pas chaque partie ou chaque chanson en particulier, mais de manière plus globale. C'est efficace, costaud, mais aussi détaillé. Exactement ce que j'aime dans les références du genre comme Defeater. ça sonne, ça rentre dedans mais avec quand même un petit peu de retenue, comme il faut. Le son justement, parlons-en, car c'est presque ce qui m'a le plus frappé dans cet album. C'est précis, net, sans aucune bavure. On y arrive. C'est peut-être ça qui rend cet album bon mais pas fabuleux. J'ai envie de dire que c'est presque trop parfait, trop calculé, et du coup on perds vraiment de impact. C'est sur que le son est tellement gonflé que ça passe tout de suite au premier abord, tu te dis "Pfouah ça sonne trop! C'est trop la claque!". Mais trop de prod tue quelques espoirs au fil des écoutes.Ca claque dans le casque, pour sur, mais quand même. Bon c'est sur, je préfère ça à des prod pourries, c'est certain je vais pas faire mon blasé de la vie. Si il faut trouver un bémol, c'est bien ça, mais pour le reste, il y a des compos ultra travaillées et vraiment efficaces, avec quelques retours aux origines hardcore qui font du bien.

Vous vous ferez bien votre propre idée de la chose, c'est certain. la mienne, en résumé, c'est qu'on passe du bon temps avec ces garçons, et que la victoire est certaine!










samedi 21 juin 2014

Not Scientists - Leave Stickers On Our Grave - 2014

Not Scientists - Leave Stickers On Our Grave - 2014




Delete Your Favorite records - Février 2014



 Si vous êtes comme moi un grand spécialiste du ballon rond, allez voir (un peu) plus bas, là-bas. c'est cadeau, choisissez la chronique que vous préférez !


Chronique #1 - La "classique"


Faisons aussi la promotion de la scène française qui marche. Not Scientists débarque, et pour un éminent scientifique comme moi, ça commence pas très bien, attention. Bon vous me direz pas besoin de trop de science pour faire du punk-rock, ça se joue plutôt dans les tripes et dans le coeur (oui oui), et vous avez bien raison! En tout cas, vu la composition de l'équipe, ça risque de devenir tout de suite bien plus intéressant. En gros, avec déjà la moitié de feu Uncommonmenfrommars, on a de quoi tendre l'oreille, et voir si ils nous proposent vraiment quelque chose de neuf. Non pas que je n'aime pas Unco, mais j'ai quand même trouvé que ça commençait à tirer sur la fin, j'avais un peu lâché l'affaire pour dire vrai. Avec ça, on ajoute les toms et cymbales de No Guts No Glory, un nouveau bassiste, et on commence à saliver.
Voici donc ce premier EP, "Leave Stickers on Our Grave". Le titre sonne un peu album posthume, bizarre pour un renouveau. En tout cas, ces 6 titres sont assez variés, et j'avais pu avoir une belle preview en écoutant quelques podcasts radios bien choisis (Joining The Circus !).
Dès la première écoute, le fil conducteur de cet EP nous rassure, nous emmène en terrain connu avec la voix de Ed, et la trame punk-rock maitrisée depuis belle lurette par les gars. Tout de suite, on est dans le pop-punk travaillé, simple, efficace, avec peut-être un accent un peu plus rock garage, voire rockabilly (à prendre avec des pincettes cette remarque). "Evil Seed" nous renvoie directement aux origines punk-rock mélo, mais avec un tempo un peu plus ralenti. On prend son temps. Calme et sérénité. On oubliera vite les interludes un peu trop ska-truc à mon gôut, mais par contre on gardera les choeurs, décalés avec le chant sur le refrain, ce que j'ai toujours adoré chez Unco notamment. C'est simple, je dirais même simpliste, mais ça rentre dans la tête dans la seconde. C'est aussi ça la force de ces compositions. D'un côté oui, c'est un style vu et revu, mais de l'autre j'ai quand même toujours de l'admiration pour les groupes qui arrivent à faire marcher si bien les piliers punk-rock pour faire des chansons qu'on a envie d'écouter, de chanter, d'aimer. Un tas de références punk-rock transpirent à l'écoute, chacun aura les siennes, et l'exécution des morceaux est digne de bon nombre de références US. En même temps on en attendait pas moins de ces gars-là !
On arrive doucement vers "Coughing Blood", pour moi LE tube de cet EP. La combinaison de riffs est parfaite, le refrain magnifique, et surtout couplé avec le son de cet EP, clair, précis, net. Je ne sais pas si c'est un parti pris, mais je trouve le son assez sage, ce qui ajoute de la clarté à l'ensemble, sans tomber dans la précision à outrance. Tout est donc réuni pour avoir le sourire.
Un EP, au final, est suffisant pour apprécier ce groupe. il n'y a pas vraiment le temps de s'ennuyer, ce qui est souvent mon cas sur des albums complets. Toutes les chansons ne sont certes pas parfaites, mais c'est largement suffisant pour me faire osciller la tête et essayer d'hurler les refrains dans mon Anglais approximatif. Et là est bien le but, je pense."No Third Chance" est d'ailleurs à elle seule la meilleure conclusion possible, avec un final un peu plus Indie-punk qui me ravit.

A la fin, il reste le plaisir toujours intact à écouter cet EP, cette musique rock pop-punk qu'on connaît tant (en bien et en mal d'ailleurs) mais qui nous enchante tellement quand elle est faite avec goût.


Chronique #2 - La "coupe du monde"


Not Scientists, c'est un club nouveau de la banlieue Lyonnaise. Nouveau certes, mais qui veut rapidement atteindre les sommets du championnat Français, et qui s'en donne les moyens. Pour cela, le recrutement est de taille avec 2 tauliers, qui ont fait plus que leurs preuves dans le gotha de la première division du punk-rock Français, avec leur ancienne équipe Uncommonmenfrommars. Ils ont écumé les terrains de France et du monde,pour aller jusqu'à la Ligue des Champions du punk-rock, l'enregistrement aux US et la reconnaissance de leur pairs. le punk-rock spectacle, à l'Américaine, on était conquis. Mais comme toutes les grandes équipes, il est difficile de rester au top tout le temps. Le jeu est devenu un peu stéréotypé, connu, sans surprises. Une fin de cycle pour ce groupe, même avec des joueurs si confirmés.
Il fallait donc rebondir. Du moins pour le meneur de jeu, Ed, avec sa classe et sa technique vocale encore intactes, et Jim, qui change de poste pour passer dans une position plus avancée en attaque à 6 cordes. Ce rebond se fait dans un nouveau club plein d'ambitions donc, et il faut du courage pour repartir dans des divisons inférieures, mais qui ont gardé ces valeurs du punk-rawk qu'on aime tant. Et les matchs sont toujours aussi beau à voir, la ferveur reste même si les foules sont plus éparses. Le challenge est donc excitant, alors qu'ils auraient pu rester tranquille à skater au soleil. Mais ils préfèrent sûrement la sueur et la chaleur des caves à rockers.
Pour cela, il faut donc compléter l'équipe, avec un gardien du rythme qui a aussi écumé les tournées sur des terrains plus ou moins favorable, avec les No guts No Glory. Il faut aussi un défenseur à 4 cordes, moins connu des non initiés mais non moins important.De là, on espère qu'ils vont mettre en place un jeu alléchant, technique, qui va nous faire vibrer façon Barça de Guardiola. Vu le passé des gars, on s'attends à du punk-rock chiadé, pour sur, mais on espère pas un 4-4-2 stéréotypé et fragile comme on a souvent droit. Plutôt un schéma plus audacieux avec de l'attaque et de l'originalité.

Dès les premières minutes de jeu, on sent la fluidité, la technique, et qu'on va avoir droit à du beau jeu. Les gestes sont répétés, maitrisés. Quelques fautes techniques viennent émailler la rencontre mais globalement on ne s'ennuie pas. A la mi-temps, on est assez conquis. 3 titres de belle facture, qui nous rappellent le punk-rock qu'on aime. Et puis au retour des vestiaires, le TUBE, la frappe en pleine lucarne, le retourné acrobatique qui renverse le stade; "Coughing blood" est jeté dans ta face, la bombe punk-rock! La fin du match sera plus calme, pour se remettre de tout ça, avec quelques actions à retenir mais sans autre éclat aussi remarquable. On espère donc les voir à l'oeuvre dans chaque petit stade des villes de France et d'ailleurs, pour voir si cette équipe peut s'inscrire dans la durée. Pour cela, il audra prendre les matchs les uns après les autres, et la 2ème saison est toujours la plus compliquée. Pas trop de changements au mercato, on espère, pour garder la fluidité et le beau jeu.

Bonne chance !   







jeudi 22 mai 2014

Chroniques du miroir #1: A Wilhelm Scream - Partycrasher



No Idea Records - Novembre 2013

NB: cette chronique n'est pas 100% basée sur des faits réels.

A Wilhelm Scream, autant le dire de suite, c'est un peu du réchauffé. Ah c'est sur, ils sont beaucoup de l'autre côté de l'atlantique à profiter des influences punk-rock Européennes comme des sangsues sur un corps ensanglanté, mais c'est le jeu de tout style musical plus ou moins en vogue dans le milieux underground que nous fréquentons tous.

Alors non, ce nouvel album ne va pas déroger à la règle du « on a quand même déjà entendu ça 500 fois », mais c'est pas pour ça que tout est à jeter ou qu'on ne l'écoutera pas une 501ème fois. Bon effectivement les influences punk-hardcore mélodiques se font sentir d'entrée, on n'invente pas un style comme ça en claquant des doigts. On sent que les mecs ont sué des heures pour reproduire tant bien que mal tout un tas de leurs groupes références comme Sail to Sail To North ou Forus.
Tout commence avec « Boat Builders », qui nous prends par les tripes avec un refrain dont le phrasé "No guts No Glory" peut être interprété comme un hommage à la célèbre scène punk-rock de Valence, qui a influencé tant de groupes (nous les premiers) des Amériques. D'ailleurs, la voix raillée du chanteur se prête assez bien à ce genre d'exercice. Oui, « on a quand même déjà entendu ça 500 fois », mais c'est pas si mal fait et on commence à se laisser aller.
« The last laugh » n'est ensuite pas sans rappeler les grandes heures de The Twisted Minds, dont le goût pour les mélodies punk-rock travaillées (qui n'est plus à démontrer d'ailleurs) transpire dans les premières mesures. 
Mais très vite, comme c'est souvent mon cas avec les albums de punk-rock mélo, tout me semble pareil. Les mélodies, les grandes sessions de roulette, les choeurs. C'est un peu comme si on avait enlevé du punk-rock la folie d'un morceau de can't bear this party Can't Bear This Party. Il nous manque cette étincelle pour nous embraser complètement. Alors oui, bien sur, on a le droit à des grandes parties de punk à roulette, comme savent si bien le faire les Foolish de l'époque "the Good Old Days", et ça on ne peut pas vraiment se lasser de les écouter. Les enchaînements millimétrés à la M-sixteen nous font un peu oublier la similitude des morceaux, c'est quand même propre et bien arrangé. La technique de chaque membre du groupe est assez impressionnante. Pas certes du niveau d'Uncommomenfrommars ou Burning Heads, mais pas si loin. Quand même, un peu trop monotone.
Le son est travaillé, la production aux petits oignons. Les triggers font claquer chaque coup de grosse caisse comme un coup de poing sur la table, la basse résonne jusqu'en Enfer et les solos au sons stridents nous font ressortir notre bandana couleur panthère et notre pantalon slim en cuir noir. On croirait presque la production sortie des grandes références comme le Loko ou le Snapcut studio.
Vous l'aurez compris, il reste à A Wilhelm Scream un bon bout de chemin à parcourir pour arriver au niveau des meilleurs, mais on se doute qu'avec du sérieux, du travail et en se rodant sur les scènes Européennes avec des groupes aguerris, leur musique prendra en originalité. Elle n'aura d'égal que leur volonté à nous faire osciller la tête de haut en bas, le coude par la fenêtre de la 106 en plein été, en allant à la plage, en répète ou manger chez notre mémé chérie. 

jeudi 24 avril 2014

La Dispute – Rooms of the house 2014



Attendu depuis un bon moment, ce nouvel album. Au vu des différentes pré-vues disponible sur les internets, il s'annonce dans la continuité de ce que le groupe propose depuis des années avec une plongée dans un emo post-hardcore de plus en plus intimiste, poignant et sincère. Flashback.
La trajectoire de La Dispute est finalement assez claire et sans anicroches. Un premier album qui fait l'effet d'une bombe dans les milieux punk-rock, hardcore et consorts, de par sa singularité, et surtout le contraste de ses mélodies à la fois énergiques, mais aussi très matures pour une formation si jeune. Les EPs et sorties suivantes font découvrir un univers qui se veut plus intime, moins brut, mais peut-être plus touchant à l'écoute, attirant de plus en plus de monde dans leur univers. Les chants aigus et torturés du premier album s'estompent peu à peu et dans le second opus « Wildlife », la fougue de la jeunesse a laissé place à une musique plus réfléchie, complexe, plus mélodique aussi. Avec sa nouvelle déclinaison du post-hardcore, La Dispute devient un groupe confirmé, qui sait raconter des histoires, celles du quotidien,  celles de la vie en général.
Comme entre les deux premiers albums, les EPs et projets qui ont précédé « Wildlife » de ce nouvel album « Rooms of the house » ont laissé entrevoir l'intime, le chant parlé, les mélodies plus douces et des textes qui ressemblent de plus en plus aux chapitres d'un livre, moitié imaginaire, moitié réel, racontés, voire lus par la douce voix de Jordan Dreyer.
Vous aurez bien deviné que j'ai sur ce groupe et cet album un à priori très positif, j'en conviens. En même temps cette chronique est loin d'être objective et c'est peut-être bien son intérêt En définitif. En tout cas, la Dispute, on sait ce qu'il deviennent,  En définitif, et ça me plaît.
Ouvrons donc ce troisième livre avec excitation et impatience. « Rooms of the house ». Cet album, c'est compliqué d'en parler. Tellement de choses, de sentiments divers en écoutant. Tout se mélange... L'ouverture se fait pourtant par du connu. Les deux premiers titres sont le genre de chanson qui fait reconnaître le groupe en un clin d'oeil avec ce post-hardcore si riche et contrasté. Le son est maîtrisé, lourd, pas trop agressif. Une entrée en matière plus que convaincante. Puis dès « Woman(in miror) », on se rapproche, on tends l'oreille. Oubliés les cris, place aux paroles parlées qui s'enchaînent sous des guitares calmes et un matelas basse-batterie parfait pour apprécier la douceur du moment. Second chapitre. Retour aux guitares saturées et au chant plus nuancé. Le passage par Splitsville apporte une touche plus classique de rock indie pour permettre de sombrer dans l'intime et contrastée « 35 ». L'histoire se répète un peu par la suite, avec une alternance de morceaux doux avec d'autres plus vifs. En tout cas, que dire de cette dernière pièce de la maison, cette dernière page du livre, « Objects in space ». Elle nous berce, nous fait oublier ce qu'il se passe autour de nous, avec cette voix parlée en fond de guitare douce et d'une mélodie ambiante qui frôle le parfait. 
Le livre se referme, avec cet album difficile à classer, difficile à juger. Ecoutez-le, c'est tout ce que je peux dire, tant sa richesse est impressionnante.
Un reproche? Difficile de se prononcer, on découvre un tas de chose à chaque écoute. Peut-être que l'album traîne un peu en longueur, et que même avec cette alternance de morceaux plus calmes et plus enlevés, je trouve un certaine monotonie en écoutant tout d'une seule traite. Pas grand chose en fait, mais c'est déjà ça. Les "puristes" des premières sortie du groupe peuvent regretter ces passages hardcore épiques qui se sont éteints et ce chant qui s'est calmé, mais le groupe a fait un grand bout de chemin depuis ce temps là. On peut se consoler en disant que c'est mieux d'éviter la bagarre qui peut suivre La Dispute, plutôt que de prendre un grosse claque à chaque fois. Mais pas sur que ça soit bien plus convaincant que le fait de ne pas avoir été convaincus par cet album magnifique.

mercredi 23 avril 2014

Split Chroniques #1 - Another 5 Minutes & More Dangerous Than 1000 Rioters


Les « Split Chronicles », c’est une histoire un peu bizarre. Deux groupes, deux univers, à la fois proches et différents. Pour cette première session, j’ai choisi deux groupes qui se connaissent, mais qui n’ont pas (encore) partagé de disque. L’idée est alors la suivante : prendre un membre de chaque groupe et lui demander de parler de l’autre groupe, pas du sien. Surtout pas du sien.
Commençons par les points communs : Strasbourg, la scène hardcore Alsacienne, les personnes qui ont des groupes en commun, en forment d’autres. On connaît ça dans chaque ville. Des copains quoi.
Ensuite les différences.C'est parti. D’un côté, Another Five Minutes (AFM pour les feignasses), qui fait plutôt dans l’Emo hardcore chiadé, avec ce chant et ces riffs caractéristiques du post-hardcore à forte tendance émotionnelle qui émerge ces dernières années.


Un premier EP l’année dernière, des concerts, des tournées, tout ce qu’il faut pour démarrer son groupe de la plus belle des façons. Comme il y a des roublards aguerris aux tournées de l’Est de l’Europe, c’est parti. Après un peu de repos, ils nous reviennent avec deux titres neufs sur leur bandcamp. On espère vivement voir fleurir ces titres sur vynil un jour, dans un split ou autre.

De l’autre, More Dangerous Than a Thousand Rioters (MDT1000R pour les pressés), qui utilise son hardcore violent, tourné screamo, à des fins peut-être un peu plus politisées, comme l’indiquent leur nom et le concept autour de leur groupe.


 Pareil, un premier EP de bon augure, deux tournées Européennes pour se roder à la scène. Et puis c’est assez, fini de jouer petit bras. Ils Préparent un album, enregistré chez Amaury Sauvé, le nouveau parrain du « Finest Hardcore Made In France », qui va sortir bientôt. Oui, tu peux déjà écouter gratuitement 4 titres sur leur bandcamp. Vivement la suite.

            Mais revenons à ce qui nous amène ici. Geoffrey, chanteur de MDT1000R, et Seb, Batteur de ATM, ont bien voulu répondre à quelques questions sur leurs copains. Vous ne pourrez plus dire que vous ne savez plus qui est qui.


- C'est quoi ce groupe (vous en connaissez quoi)?
Geoff. (MDT1000R) : Alors Another Five Minutes c’est un groupe d’emo hardcore de Strasbourg avec pleins de potes dedans. J’étais déjà copain-copain avec Florian au lycée, on avait un groupe qui s’appelait BGdu57, et on joue aujourd’hui dans CONTWIG.  Seb fait partie de The Boring, un des premiers groupes de hardcore que j’ai vu et écouté vers mes 15/16 ans, j’étais fan d’eux (et je le suis toujours). C’est dire s’il est vieux. J’ai rencontré Blondi et Math grâce au groupe parce qu’on répète le même jour dans les mêmes locaux et qu’on a tournée ensemble en février 2013.Ils ont sorti sur leur premier EP en même temps que nous sur pleins de labels, dont celui que je cogère avec Florian, BG records. Ils viennent de sortir 2 morceaux sur bandcamp, qui sortira sûrement un jour sur un split. On fait aussi pratiquement tous parti de l’asso PUNKROUTINE qui organise pas mal de concerts de hardcore à Strasbourg.
Seb (AFM) : Voilà More Dangerous Than A Thousand Rioters, un groupe de mecs dangereux. Ils font du hardcore politisé et chaotique à tendance emo/screamo depuis 2012 je dirais. Ils ont tous joués dans des groupes cools avant ça du style BGdu57 ou The Boring. On retrouve Geoff au chant, Tak et Maqs aux guitares, Eddy le bassiste et Simon à la battoche. Une belle bande de beaux gosses en somme.


- Première écoute: (contexte, émotions, à quoi ça vous à fait penser):

Seb (AFM) : J'ai assez de bol vu que Geoff viens de m'envoyer les nouveaux morceaux tout justes mixés. Ils reviennent de chez Amaury Sauvé où ils ont enregistré 11 titres en février. Première impression: waaaa le son! La prod est assez énorme et ça sert parfaitement les nouveaux morceaux. Certains titres sont beaucoup plus emo/screamo que sur leur EP, c'est assez cool, on sent bien l'influence Another Five Minutes (on répète le même soir, je pense qu'ils ont dû voler deux ou trois riffs chez nous). Ah et surprise, deux titres sont chantés en français. Surprenant au début mais ça déchire, la voix de Geoff rends vraiment bien.

Geoff. (MDT1000R) : Je les ai entendus tous les lundis soir en répète à travers une grosse porte blindée pendant un moment, mais je les ait vu la première fois à la release party du 2ème album de The Boring. C’était une soirée ultra cool, avec pleins de potes, Geraniüm, plein de monde.. J’en garde vraiment un souvenir ultra cool. Je partais en tournée avec The Boring comme merchdude le jour d’après.
Je les ait vu tellement de fois par la suite que je me rappelle plus tellement du concert d’AFM, mais je me rappelle d’avoir bien accroché cash et qu’on a bien fait les débiles.


- Le son du (nouveau) disque :

Geoff. (MDT1000R) : Je vais parler du son du dernier EP digital 2 titres qu’ils viennent de sortir du coup. J’ai pas eu encore l’occasion de l’écouter au casque ou sur un bon système audio, mais il me semble que le son est plus brut que sur le s/t. La prise live rajoute un côté énergique vraiment sympa, et ça le fait vraiment pour ce genre de musique.
Seb (AFM) : Je le redis, grosse claque sur la prod’ du disque. On sent bien que le choix du studio a beaucoup apporté au groupe. Mais faut aussi avouer qu'il y'a eu un gros gros taff sur la compo et l'arrangement. J'aime beaucoup ces morceaux, je trouve que c'est plus "mature" (haha) que l'EP, on capte direct où les gars veulent aller, c'est efficace à fond! Le fait de jouer live apporte une bonne énergie à l'ensemble et ça garde ce côté vivant. Seul bémol, ça manque de blast-beat. Personne n'est parfait hein.  


- L'ambiance générale du disque

Seb (AFM) : C'est assez sombre au final. Vraiment plus emo/screamo, je pense que c'est ce qui est le plus marquant.
Y'a des titres plus dark comme Tears Won't Fill, Wackelkontackt, May 1st 1955 ou Tyke. D'autres chansons sont plus "classiques" pour MDTATR, genre A Quack Nostrum, Perpetual War, With Spades and Hoes and Plows, on retrouve plus ce côté hardcore déstructuré. Je trouve que ça s'équilibre bien sur l'ensemble de l'album. C'est agréable de pas avoir la même chose du début à la fin et en même temps on s'égare pas. C'est cohérent, bien pensé, très mature quoi.
Geoff. (MDT1000R) : L’ambiance du disque est .. emo. C’est triste, ça fait passer pleins de trucs, et ça donne envie de faire la bagarre desfois. Souvent on les compare à La Dispute, mais ça va plus loin que ça, y’a pas mal d’influences de Loma Prieta, Pianos Become The Teeth (si vous voyez Seb avec des écouteurs, il écoute TOUJOURS pianos), Suis La Lune, etc etc. L’artwork est toujours très soigné sur leurs prods, on les traite souvent à tort d’hipster pour ça, alors qu’on fond, ce sont juste des hommes comme nous, avec un cœur, leurs joies, leurs peines et leurs moustaches.


- Une chanson favorite? Pourquoi?
Geoff. (MDT1000R) : J’aime vraiment beaucoup Maria sur le premier EP, surtout parce qu’elle me rappelle pleins de souvenir de tournée avec eux. Ils finissaient les concerts avec ce morceau et on chantait tous ensemble, on était plein de sueur et c’était beau.
Seb (AFM) : J'aime beaucoup Tears Won't Fill. Uniquement parce que ça parle de frisbee. Et aussi un peu parce que cette chanson bute.


- Une dernière chose à dire? Un truc "croustillant"?

Seb (AFM) : On part bientôt en tournée The Boring - More Dangerous, je pense que j'aurais un peu plus de dossier après ça. Sinon More Dangerous c'est un peu le Spinal Tap de Strasbourg, 3ème tournée avec un lineup différent à chaque fois. Assez ouf!
Geoff. (MDT1000R) : Le seul truc croustillant qui est racontable (Blondi lui-même il sait) c’est qu’on a crée More Dangerous Than a Thousand Rioters genre 6 mois avant AFM, et que le premier nom sur lequel on est resté quelques mois c’était .. Another Five Minutes. Finalement on a trouvé un truc bien plus cool et je l’ai proposé à Flo quand ils étaient en galère de nom. 

A la prochaine !

mardi 25 mars 2014

Daylight - Jar (2013)




Run For Cover Records - April 2013

http://www.runforcoverrecords.com/daylight.php

http://daylightpa.bandcamp.com/album/jar


A la base, il y a d'abord ce titre, « Sponge ». Ma toute première introduction au monde de Daylight. Oui, je suis certainement un peu inculte mais tant pis. Jar est donc le premier LP de Daylight, déjà précédé d'un paquet d'EPs et de 7 pouces. L'album fait parler sur les internets spécialisés, en bien, et c'est déjà bon signe.

Pour le coup, avec ce tout début d'écoute, je reviens à l'époque boutonneuse qui m'a fait découvrir le Grunge, à la fin de l'époque Nirvana. Mon entrée dans la vaste caste « rock et dériv(é)s ». Maintenant autant le dire le Grunge ça a pas super bien vieilli, du moins dans mes pensées primaires. Alors en écoutant ce plan de batterie lourdeau sur les toms couplé avec cette guitare grave et froide, les souvenirs reviennent. Bon souvenirs quand même c'est certain, mais dans le contexte d'aujourd'hui, c'est plus discutable. Entre grunge et sludge, assez sombre et sans étincelles. Pas très convaincant quoi. Et puis tout devient plus riche dès la fin de cette intro, avec cette guitare dans les aigus aux accents Emo tendance. Le genre de truc qui te fait comprendre que c'est plus complexe qu'il n'y paraît au final. Le sourire revient.
Ces 10 premières secondes résument bien cet album de Daylight, mais bien évidemment allons plus loin. Retour dans LES années 90 certes, mais le pluriel reste important. Du grunge ? Oui, ça saute au oreilles sur les premiers titres. Mais de l'emo 90's, ça se laisse un peu plus découvrir. C'est un peu comme si d'un coup Silverchair s'éclaircissait, s'enivrait d'une passion émotionnelle que nous aimons tant. Daylight, je comprends mieux.
Après cette magnifique entrée en matière, je trouve toujours un côté Grunge prononcé dans les 3 premiers titres, au niveau du son aussi. Étrange mais intéressant. Et puis au fil de l'album, une tendance nouvelle commence à poindre pour devenir évidente à partir de « Crawl ». Tant mieux, je commençais à penser qu'on allait vite tourner en rond. Second souffle, c'est reparti. On commence à revoir ce que l'on avait écouté précédemment chez Daylight (oui entre temps j'ai écouté les disques précédents quand même). On est donc plutôt dans le hardcore ou post-hardcore « moderne », et ça me fait vraiment penser à Ivy League tx (« Last October ») ou Title Fight, avec peut-être un côté plus sombre tout de même. On est bien plus fidèle aux précédentes sorties du groupe. Un peu moins original mais toujours bien sympathique.
Au niveau du son également, on tente de replonger 15 ou 20 ans en arrière. Une batterie au son lourd, assez sourd avec cette caisse claire sèche et ces toms d'outre-tombe. Les guitares aussi ont un peu oublié les fréquences hautes pour rester dans l'esprit 1995. Je ne sais pas si le son a été aussi travaillé dans cette optique mais si oui c'est du bon boulot (Sinon c'est le fruit du budget et/ou du hasard et je vais bien trop loin dans l'analyse).
Une interlude bienvenue avec « Hole in the ground », pour faire voir que la mélodie mélancolique fait aussi partie du répertoire fourni du groupe, et l'on repart pour une dernière ligne droite plus lourde qui finira de satisfaire les plus septiques.
Au final, l'originalité de cette album tient peut-être du mélange entre grunge-sludge ringardo-plein de souvenirs (qui nous rappelle ci et ça) du début et la teinte hardcore-emo si tendance qui nous tient accroché quand on écoute plus attentivement. C'est finalement ce qu'il manquait dans les Eps précédents, avec un musique peut-être un peu trop copiée-collée qui a su grandir et trouver un accent plus singulier. Tout cela peut nous faire penser que la lumière du jour va briller encore longtemps.

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Sponge
Life In a Jar
Last October