vendredi 25 mai 2018

Spanish Love Songs - Schmaltz


A-F Records / Uncle M - Mars 2018


Ah ça, je suis un mec prévisible. J'ai pas besoin de grand chose en même temps. Un rythme de punk-rock aux accents Hot Water Music, The Menzingers et consorts, des riffs bien efficaces, un son cool, une voix un peu athypique. Et ça tombe bien, c'est 100% ce qui compose le nouvel album de Spanish Love Songs, Schmaltz. Alors, chronique courte, aussi efficace que ces chansons? Allez, oui, t'en veux bien un peu plus, ca va.

Parce que 100% c'est un peu un raccourci. Oui, j'ai beau être prévisible, des groupes comme ça on en compte sans fin, et si je me suis laissé prendre c'est qu'il doit y avoir une autre raison. J'essaye de chercher un peu, parce que si avec 3 riffs, 2 breaks de batterie, une guitare qui fait la mélodie et une autre une petite rythmique aigue, j'ecris une chronique dythirambique, j'ai pas fini de chercher des explications.

La première s'appelle "Sequels, Remakes & Adaptations".  Une bonne vieille explosion après une premiere chanson calme, la recette fait souvent mouche. Le style est reconnaissable directement, surtout cette voix singulière à la limite de dérailler dans les aigus. Et puis la cavalcade pop-punk de rigueur, maitrisée, catchy, droite au but. Pourtant il y a bien autre chose. Cette autre chose, c'est d'éviter les pailettes, le surfait, et de lâcher ses chansons comme elles arrivent. C'est cela qui fait la sincérite d'un disque, le fait que l'on puisse s'y aggriper un peu, bouger la tête et se dire qu'on pourrait se reconnaître dans des paroles sincères.

Aussi, faut que je le dise, quand j'écoute un truc, je suis un peu chiant. Enfin en ce moment du moins. Tu vois, un nouveau disque, j'aime pas avoir l'impression de l'avoir entendu avant, mais j'aime bien pouvoir fredonner les chansons après juste quelques écoutes. Une feignasse en somme, génération Y. Voilà, là on est pile dedans. Spanish Love Songs, c'est cette touche de différence par rapport à la masse de trucs que je peux écouter, et pourtant je suis dans mes pantoufles dès les premières secondes. C'est pas une question d'originalité ou pas de déjà vu, mais juste d'émotions. En ce moment j'ai besoin de cela.

Ah puis si tu veux de la musique, "Joana in five acts" c'est quand même le tube des tubes aussi. Après tu peux me demander ce que ça vaut en concert? Oui, ils ont joué à Anvers la semaine dernière, mais le destin a décidé que je ne verrais que 3 chansons. Je pourrais d'ailleurs écrire une chronique sur comment se faire chier à aller voir un groupe alors que la vie vous en veut un peu. Alors voila, sur 3 chansons, oui, c'était bien. Et le vinyle il est beau? Je sais pas, il était sold out. 

Bref, même mes infos en bois ne doivent pas t'empêcher d'écouter Schmaltz, parce qu'il est bien. Très bien.






vendredi 27 avril 2018

Not Scientists - Golden Staples




Avril 2018

Des fois, t'as des groupes qui sont cools, qui te font danser, ou bouger la tête en concert. Que tu connais parce que ce sont plus ou moins des copains de la (fameuse) scène, ou simplement dont tu te sens proche par la musique. Beaucoup s'en vont, comme nous l'as rappelé la récente publication de Monwo, ciblant 250 groupes qui ont contribué selon eux à la scène plus ou moins souterraine de France. Subjectif certes, mais à noter.

Et puis t'en as, ils passent un cran au dessus. Parce qu'ils sortent un album qui fait parler, parce qu'ils listent tous ces critères impalpables qui font que beaucoup admettrons que ca vaut le coup, que ca sort du lot. Ou parce que pour une fois un critique d'un blog a la con aime bien et ne trouve pas grand chose à redire. Bref.

C'est en quelque sorte ce qu'il pourrait se passer avec ce nouvel album de Not Scientists, Golden Staples. Oui oui, tout le monde connait, sait qui c'est, écoute, dans notre microcosme punk-rock, en particulier en France. Deux EPs bien ficelés, et surtout une tonne de concerts partout en Europe (et plus loin). Et si on me dit que ces centaines de dates ne peuvent pas forger un groupe et lui donner une identité, alors je dis FAUX.

Ce qu'il faut dire pour commencer, c'est qu'ils avaient déjà une bonne recette: du punk-rock tout droit, des guitares à peine saturées, une grosse section rythmique, et des choeurs à te faire hurler les plus sceptiques. On peut ajouter à ça cette experience: celle qui fait que tu arrives à trouver les combinaisons de riffs qui marchent, les bonnes lignes de chants, les breaks de caisse claire qui font mouche. Illustration? Mise en application a la perfection (lol) sur "perfect World", que j'ai bien dû écouter 50 fois de suite sans cesser de remuer la tête. Et puis aussi le reseau: ah oui, ce disque est enregistré par Santi Garcia, Saint-felui de guixiols, et ca sent le B-core, No More Lies et Vistalegre. La je dis VRAI. 

Mais dans cet album, il y a autre chose que des riffs tout droits, aussi efficaces soient-ils, et un son qui sonne bon le soleil espagnol. Il y a sussi une touche plus posée, plus pop, mais avec un accent vintage qui lui donne cette singularite. Tu sais un petit goût de surf, de rockabilly ("Sky On Fire"), ou de post-punk vitaminé ("Orientation")? Mais celui qui reste en fond, pour donner une teinte, pas pour te pourrir la bouche. Comme on est loin d'un monde parfait, javoue que j'ai un tout petit peu de mal parfois, mais c'est que j'ai besoin de m'habituer. Heureusement on alternene avec des chansons bien plus pêchues ("Paper Crown", "Dark Tornado") alors je suis aux anges.

Ce Golden Staples, je l'attendais et il répond nickel à mes attentes. Je l'aurais pensé un peu plus rapide, un peu plus festif, mais la route qu'à décidé de prendre Not Scientists me convient presque tout autant. 















lundi 26 mars 2018

les Mauvais Jours - S/T



Co-prod - Mars 2018
https://lesmauvaisjours.bandcamp.com/album/s-t


Eh ben dis donc, soit la scène punk-rock Française se porte carrément bien ces temps-ci, soit alors je suis bien intégré dans influences du moment (soit les gens font des disques pour me faire plaisir personnellement, oui j'aime le penser). Dans tous les cas, ça me fait bien plaisir de chroniquer tous ces disques, que ce soit Guerilla Poubelle récemment, Quitters, Heavy Heart, Traverse et d'autres (j'allonge la liste au fur et a mesure).


Et aujourd'hui, je veux parler des Mauvais Jours. D'une manière assez certaine, je ne suis pas un grand spécialiste des mauvais jours, même si comme tout le monde j'en connais certains. Apparemment, ils sont nés à Strasbourg, et font partie de cette ville ou l'on passe juste Another Five Minutes, souvent un peu Boring d'ailleurs. A part si on y a des copains, bien entendu et c'est exactement la partie de l'histoire que j'aime.

En plus, comme tu le sais, les Mauvais Jours sont souvent la où les attend le moins. On pense que l'on va crier sur la société, maudire son sort ou pleurer un peu sur sa vie, alors que finalement on pourrait avoir le droit de rigoler avec des copains, en mangeant une glace et en portant un tee-shirt marinière. Ils sont vraiment excellents.

*****

Bref, après cette blague de Mauvais goût, entrons dans les détails de cet album de punk-rock aux accents indie, avec des arpèges de guitare à te faire sautiller sur la pointe des pieds, et des choeurs à te faire sourire le plus difficile de tes beaux-parents. Tout de suite tu penses à Algernon Cadwallader, Tiny Moving Parts, ou bien sur à Sport. Tu as bon, et c'est pas l'ouverture de l'album "Dig" qui te fera penser le contraire.

Cet album, c'est donc le dash 3 en 1 du printemps: la fraîcheur des mélodies indie-punk, le chant intentionnellement un peux faux, et les breaks avec de joyeux arpèges qui s'entrecroisent. La fraîcheur aussi de l'enregistrement live, qui pour ma plus grande joie revient franchement à la mode. En clair, rien n'est parfait, mais tout est plus vivant. Pour le reste, je ne vais pas me mettre à genou pour faire l'éloge de chaque chanson de cet album en détail, ce serait exagérer. Car ce n'en est pas un, album de details. C'est un ensemble, cohérent, intéressant, dans un style dont on connaît tous les contours. Prenons simplement le plaisir de l'écouter tranquille,de penser à ses copains, et le tour sera joué. Essaye.

Au final, pour en connaitre un peu les protagonistes, cet album reflète parfaitement leur état d'esprit: sympa, enjoué. Je crois que je ça me donne juste envie de les passer avec eux, Les Mauvais Jours.   


















vendredi 2 mars 2018

Traverse - S/T

EDITO: BAM je suis pret le jour officiel de la release ! Pour une fois.



Co-prod, Mars 2018


Eh ben dis donc, soit la scène punk-rock Française se porte carrément bien ces temps-ci, soit alors je suis bien intégré dans influences du moment (soit les gens font des disques pour me faire plaisir personnellement, oui j'aime le penser). Dans tous les cas, ça me fait bien plaisir de chroniquer tous ces disques, que ce soit Guerilla Poubelle récemment, Quitters, Heavy Heart et d'autres (pardon pour ceux que j'oublie).

Et ce plaisir reste, car voilà un album attendu. Attendu, parce qu'il sent bon les plages de Floride, le punk-rock et les moments passés avec les copains. Cet album, c'est celui de Traverse, qui vient à point nommé après un premier EP super convaincant. Mais maintenant, pour entrer cet album dans la cool list des albums de cette année, il me faut plus qu'un parfum Gainesville punk-rock. En particulier, il faut respecter un certains nombres de critères (oui, j'ai décidé d'être organisé cette année). Une liste non-exhaustive est donnée ici:
 - Un artwork aguicheur (ouais je suis pas un gars facile oh)
 - Un ensemble cohérent mais pas monotone (un gars difficile ouais)
 - L'efficacité globale sans être trop cliché (à part si on est un cador du secteur)
 - LE tube (La vraie chanson qui te fais basculer vers le J'AIME )
 - LA chanson surprenante ("Ah tiens ils peuvent faire ça? Trop bien")

Alors ensemble, point par point, voyons comment l'album de Traverse va rentrer dans les cool 2018.

Un artwork aguicheur: ah quand je vois une belle pochette, ça me donne plus envie d'écouter le disque. Je suis un soumis au marketing et a la consommation de masse. Critère à la con? Oui, mais je voulais noter que l'artwork de cet album est simplement magnifique. Chapeau. 

Un ensemble cohérent mais pas monotone: du punk-rock aux accents indie, j'en suis le plus souvent friand. Mais pour déceler le bon du moins bon, j'aime écouter un disque cohérent, qui me fait osciller la tête, mais ou je n'ai pas l'impression d'écouter 10 fois la même chanson. Et c'est exactement ce que j'aime dans cet album. Je m'y retrouve, les chansons résonnent, et je ne me demande pas quand ça finit. C'est simple, ca passe tout seul.

L'efficacité globale: on ne va pas toujours faire le même blabla, à propos de "si la musique est originale ou pas", la réponse est en générale négative. Donc pour moi, le critère se déplace vers l'efficacité, c'est à dire "comment on aime ces chansons, alors qu'on en connaît tous les rouages". Parce que tout simplement y'a des idées meilleures que d'autres, des enchaînements aussi, et tout l'un ensemble qui s'intègrent mieux que d'autres, c'est comme ça. Et sur l'échelle de l'efficacité, je trouve cet album bien placé, et surtout plaisant à écouter.  

LE Tube: ah oui, facile, c'est "Asymptotes". Le refrain est d'une simplicité et d'une fraîcheur à t'en faire perdre le souffle en chantant les "Oh Ohhhh", des riffs bien efficaces, un passage un peu plus costaud, rien à dire de plus c'est impeccable. (Allez, il concourt avec "Situations", c'est vrai). 

LA chanson surprenante: ça aussi, simple, c'est "La forme d'une ville", chantée en Français, qui apporte une vraie touche originale au disque. J'aime l'intention, j'aimerais que ça se fasse d'avantage, après tout passe notre temps à écouter des chansons en Américain, ils peuvent bien faire l'inverse. A quand "La Forme d'une ville" sue les plages de Californie?


Alors je vais t'épargner les autres points pour cette fois, je me doute que tu n'ai pas 3h30 pour lire cette chronique. Quoi qu'il en soit, je crois avoir fait passer mon message pour faire entrer Traverse dans les albums cools de 2018. J'ajouterai simplement une dernière chose: cet album, c'est du punk rock sans fioritures, sans j'me la pète, sans trop de prétention. Et finalement c'est ça que je veux écouter. Un truc bien fait, mais pas un truc surfait. Que d'éloges.






mardi 30 janvier 2018

Terrible Love - Doubt Minds




 Big Scary Monsters | Through Love records - Janvier 2018

Quitte à faire un premier article en 2018 (hors top de y'a 10 ans), autant parler de ce qui sera LE top 2018. Dès le mois de Janvier? Parfaitement monsieur/madame, mais la raison est la plus simple du monde: Terrible Love vient de sortir son second EP, Doubted Minds.

Si tu es mon ami(e) Facebook, tu le sais: statistiquement 70% de mes publications hors blog sont relatives à Terrible Love. Chaque nouvelle chanson, nouvel EP, je suis au taquet. Une vraie groupie. De quoi ruiner definitivement toute l'objectivité de cette chronique, s'il en restait un tantinet. (oui j'ai regardé dans le Larousse comment s'écrivait "tantinet"). Pourtant, je vais tenter de donner une explication plausible à tout cela, sans que tu te dises que tout n'est qu'une vulgaire mascarade.


Analyse de forme (si t'es plutot a admirer Neymar bien dribbler)

Avec Terrible Love, on parle aujourd'hui ce qui represente tout ce que j'aime dans le hardcore dit moderne, selon la terminologie sans fondements de ce blog. Ce style mis en avant par Modern Life Is War, Frameworks ou Goodtime Boys si tu veux. En gros ca veut dire que c'est rapide, urgent, mais aussi sans dégueuler partout. Son réfléchi, changements d'intensité, respiration entre deux gueulantes. Pour moi c'est tout bon.

Bon, c'est bien gentil, les images sont ce qu'elles sont, mais concretement ca veut dire quoi? Ecoutes cet EP pour t'en convaincre, c'est tout ce que je te demande. Maintenant qu'on a bien défini les critères, on peut y aller. "Doubt Mines", LE tube de cet EP, les a pratiquement tous. Intro rapide avec un chant éraillé, couplet urgent, refrain que tu peux hurler pour te calmer de cette vie parfois emmerdante, un grand oui. Le reste de cet EP n'est bien évidemment pas en reste, avec des chanons un peu plus contenue, comme le premier single "First Flowers". Mais toute l'intensité reste préservée, comme une explostion entre deux respirations.

Ensuite, pour la petite histoire, quand toi tu galères à trouver quelqu'un qui arrive à hurler 3 phrases justes dans un micro sans tomber dans le coma, Terrible Love a changé de chanteur entre deux EP sans vraiment qu'on y fasse attention. C'est fort. En plus maintenant, le mix entre le chant crié et parlé ("A Better Light") ajoute aussi un vrai plus, juste comme il faut.

Certes, la méthode est bien connue, on n'assiste pas comme par magie à l'émergence d'un hardcore tout neuf et tout beau. Mais la réalisation en elle-même, les idées, les enchaînements, c'est ce qui fait la différence, pour moi. Je suis d'accord, c'est très "produit", mais le son pour moi reste naturel. Rien n'est si orginial, mais tout est dans l'ordre.

Une révélation suivra dans la suite de cette chronique.

Analyse complementaire de fond (si t'es plutot a savoir le mieux entre 4-4-2 losange ou 4-4-2 a plat)


Allons un peu plus loin quand même. Comprendre pourquoi j'aime tant cet EP. Je vais essayer de faire vite.  

Le son est une vraie claque dans la gueule, a la fois ultra travaille mais sans tomber dans le surfait. La batterie me donne des frissons, et tu peux demander à qui est bien informé sur moi, c'est pas souvent. Cette caisse claire qui pop comme un paquet de Pringles, les toms bien graves, les cymbales un peu en retrait, c'est parfait. Désolé pour l'exposé, je vais envoyer ces quelques mots a Batterie magazine.

En fait, pour être totalement sincère, Terrible Love c'est le style de musique que j'ai envie de faire depuis des années. J'aurais aimé faire cet EP, et j'en aurais gardé 99%. Les paroles, le son, la musique, la production, tout.

Dans l'éternel debat, pragmatique contre romantique, les deux ont leurs vertues. Mais si, alors que l'on peut trouver des arguments objectifs pour dire que telle musiaue et comme si, comme cela (d'ailleurs je suis certain qu'il y a des codes qui nous entrent dans la mémoire), le romantisme reste le premier choix.  

Ah, Terrible Love, tu es le groupe que je n'aurais jamais eu. 








lundi 8 janvier 2018

Top 2007 !

Enfin on y est. L'aboutissement de ce blog, ou je peux enfin faire mon top de 10 ans avant sur des disques que j'ai vraiment écouté y'a 10 ans. Parce que 2007 oui, j'avais du punk-rock dans les oreilles. Alors ce coup-ci, je vais essayer de ne pas trop tricher, et de focaliser ce top sur des disques que j'écoute encore maintenant (même si je vais tricher un peu). En y regardant de près c'est vraiment, vraiment punk rock roulette (un poil démodé parfois) et un peu hardcore rock'n'roll comme on en fait plus (aussi pour des bonnes raisons). Mais faut bien refléter l'époque.

Bon y'a pas mal de choses, c'est un peu mélangé, mais ça f'ra. Allez on y va.

THE WORLD, 'MERICA

Young Livers - The New Drop Era

 

Il y a toujours des groupes plus ou moins connus, et des groupes plus ou moins respectés. Young Livers, sur ces deux échelles, sont plutot moyens pour la notoriété, mais plutôt haut pour le respect. Pour moi, ce groupe est l'un des meilleurs que j'ai écouté dans le fameux Gainesville Punk-rock, je peux pas dire mieux. Un des premiers, et c'est ce genre de disque qui te reste gravé pour longtemps. Deux excellents albums, dont ce premier, The New Drop Era, sorti chez No Idea. 21 minutes, du punk rock des familles et puis rideau. Vous appelez ça un album ? Oui, et c'est pas la longueur qui compte on t'as déjà dit. Propre, efficace, changements de rythme et mélodies impeccables. Non mais "Means Of Buogancy", ca te parles pas?  De toute facon, même pas le temps d'émettre le moindre doute sur le ''est ce que ce sont les nouveaux Hot Water Music?" On s'en fout. Tu veux qu'on parle de mes références, en voilà une. Je suis un garcon simple (parfois).  


A Wilhelm Scream - Career Suicide


En 2007, la roulette est toujours pas mal d'actualité. Une bonne tripotée d'albums dont on ne se souviens pas toujours, je te l'accorde, mais celui-là surement que si. Car 2007, c'est l'apogée de la carrière de A Wilhelm Scream, avec le très célèbre Career Suicide. Ce disque, c'est un sommet du punk-rock mélodique technique que d'habitude j'aime pas trop, à vrai dire. De la roulette et des solos de guitare à l'américaine, façon tee-shirt de basket et canette de red bull. Pourtant cet album m'a fait un sacré effet, parce qu'il est aussi fun et particulièrement efficace. S'il ne fallait en retenir qu'un, de ces disques repésentatifs des kékés ricains qui font des solos de basse, du tapping et de la roulette sans interruption dans les morceaux pop-punk, alors prenons celui-là. Je te mets au défi, tu vas te rappeler direct des premiers "Oh Oh" de These Dead Streets en un instant. Ouais, tu l'as dans la tête, me remercies pas c'est pour moi.   

The Gaslight Anthem  - Sink or Swim


Bizarrement, si j'avais eu à classer les album de The Gaslight Anthem, je ne suis même pas sur que j'aurais mis Sink or Swim sur le podium, sans y réfléchir trop. "The '59 Sound en 1, là c'est sur. American Slang en 2 ? allez go. Et en 3eme? Handwritten? Non, faut que je réécoute Sink or Swim. "
Heureusement que des fois je réfléchis, parce qu'en le réécoutant une fois je me suis rendu compte que je le connaissais presque à fond. Alors oui, il ne ravira pas la place de The '59 Sound (rdv l'année prochaine pour ça), mais il peut arriver juste derrière. Parce que c'est l'album qui les a fait connaitre, dans ce style indie rock vintage, dans la voix si spéciale de Brian Fallon, et dans le fait que ce groupe puisse éclore dans "la scène punk-rock" en priorité cer c'est là qu'on trouve les vraies influences (si,si). Un disque à réécouter avec grand plaisir en tout cas car il a tout du vrai Gaslight ANthem que j'aime, avec un son plus épuré, et surtout il fait partie de ces albums du début où tu peux reconnaitre les plans de batterie entre 1000. I Coul'da Been a Contender, Wooderson, 1930 les chansons s'enchaînent entre punk-rock et ballades, mais le plaisir reste. All right all right...

Mais aussi:
- Modern Life Is War - Midnight in America (BIEN ENTENDU)
- Comeback Kid - Broadcasting (Pas mieux que Wake The Dead, mais qui vaut le coup aussi)
- ...

FOLK - FOLK - FOLK (NEW CATEGORY 2017)


Bon Iver - For Emma Forever Ago




Ouuuuuu là tout de suite on sent de l'emotion. Il y a des disques qui touchent vraiment une corde sensible et celui-là en fait partie. Pour tout dire, je n'ai pas pu écouter cet album pendant longtemps parce qu'il me rappelait des souvenirs qui ont été parfaitements décrits dans la chanson The Brighter Shades of Times de Quitters cette année (ici), et dans 15000 autres chansons d'ailleurs. Mais bon, le temps passe et je peux à nouveau apprécier le premier album de Bon Iver, For Emma Forever Ago, qui contient des perles de folk intimiste, que j'associent encore à une ballade en bagnole sur une route Américaine qui ondule dans le désert, au petit matin. Tu viens de prendre un grand café à la station service, offert par la maison. Tu vas vers la découverte et puis il te faut une bande son. Elle est là. Peut pas dire mieux, ce disque me remémore tellement de choses, c'est pas facile à décrire. Un des plus beaux albums de folk que j'ai écouté dans ma vie.


Mais aussi:
Chuck Ragan - Feast or Famine: est ce que j'ai besoin de décrire cet album? NON. Surement le meilleur de Chuck Ragan, qui est presque l'équivalent de Dieu. Des chansons magnifiques et puis c'est tout.





Europe (well, UK)

Gallows - Orchestra of Wolves


Je sais, techniquement cet album est sorti en 2006. Mais, on l'as écouté (moi le premier) surtout en 2007. Gallows, Orchestra of Wolves. Et puis, si tu suis ce blog, t'as bien dû remarquer que je l'avais oublié l'année dernière dans mon top (merci de me l'avoir dit hein). Et comme c'est vraiment un des albums fondateurs de ce qui m'as fait aimer la musique que j'aime aujourd'hui, il est là. L'affront est lavé. Et pour tout dire, aujourd'hui encore cet album est une sacré rouste, voici quelques exemples. Le son, qui fait à la fois un peu cheap mais qui donne une vraie identité à cette musique. La violence des riffs, le côté tellement direct qui te mets un coud'poing à travers la gueule ("Just Because You Sleep Next to Me Doesn't Mean You're Safe"). Cette rage qui sort de la voix de Frank Carter, qui te donne l'impression qu'il veut tuer tout le monde. La liste des chansons dont on se rappelle encore les moindres détails, avec un enchainement sans temps morts ("Abandon Ship, In the Belly of a Shark, Orchestra of Wolves "). J'en aurais d'autres à raconter, mais je suis déjà K.O.

The Ghost of a Thousand - This is Where the Fight Begins


Tu t'en rappelles de cette vague hardcore aux accents parfois rock'n'roll venue d'Angleterre, qui a déferlé sur toi dans la fin des années 2000? Gallows, Blackhole, The Plight, et bien sur The Ghost of a Thousand. Je sais pas bien si faut en être fier mais bon j'ai écouté pas mal ce genre à ce moment-là et il fallait le refléter ici. This is Where the Fight Begins est donc le premier des deux albums du groupe. Niveau musique on est dans le hardcore bien direct, qui tourne un peu vers le rock'n'roll mais aussi et surtout vers Refused. Cet album sonne plus rugueux que le suivant, et c'est ce qui fait sa force. Il reste ce vrai côté hardcore de papa, efficace et bien lourd avec le chant crié. Et puis cet aspect r'n'r au milleu, avec du chant parlé, des riffs ultra basiques et des petits solos de guitare. Ca donne un aspect plutôt singluier à l'ensemble au final. Mais autour, pas trop de chichis, ou de son surfait (comme c'est un peu le cas sur leur album d'après, rétrospectivement). C'est plutôt cash et ça va au bout, même si j'ai l'impression de le survendre un peu. En tout cas, ce que j'écoutais en 2007, c'était bien à peu près ça.




FRANCE

RAVI - Wreck The Compass



(Spoiler: je ne parlerai pas du disque) Si vous vous demandez comment j'ai atteri dans le groupe Stetson! de Clermont-Ferrand (je sais que tu t'ai jamais posé la question mais tant pis), la raison tient en une phrase: le concert de RAVI, au Raymond Bar, avec Stetson! qui jouait en premier. Pourtant, les éléments n'ont pas été vraiment favorables. D'abord, le concert de Stetson! avait été marqué par l'irruption d'un chanteur-punk-a-chien qui savait pas trop les paroles mais qui voulait bien faire chier, kické impeccablement de la scène après quelques couplets. Ensuite, des cordes de guitares pêtées qui auront eu raison des dernières chansons du set. Bizarrement, ca m'as pas empêché de rentrer dans le groupe et de rencontrer des meilleurs copains. Enfin surtout, ce jour-là, y'avais RAVI qui jouait, et c'est la première révélation de punk-rock Française que j'ai pris dans la gueule. Voilà en partie pourquoi j'écoute ce que j'écoute aujourd'hui. Parce que RAVI m'as marqué, parce que Stetson m'as impregné. Wreck The Compass, l'album de RAVI sorti en 2007, est d'ailleurs un des premiers disques de groupe Français que j'ai eu (après LUKE et DEPORTIVO, si tu veux tout savoir). Du vrai punk-rock à la sauce Gainesville, avec ses choeurs toujours parfaits, ses mélodies incisives, et ses bons souvenirs qui remontent quand je l'écoute. Merci RAVI.


The Twisted Minds - Neo Dogmas



Puisqu'on est dans les souvenirs, restons-y. Je ne sais pas si cet album a été marquant pour vous, mais pour moi oui, un peu. Un des premiers concerts punk-rock que j'ai vu hors de mes bases Clermontoises, et qui a engendré une amitie depuis sans failles avec mes presques grands freres à chapeau, c'est un concert de The Twisted Minds à Nice. Un week-end génial, une soirée sur les hauteurs, parfait. Réecouter cet album aujourd'hui reste un vrai plaisir, il est même dans la voiture de ma maman comme ça je peux l'écouter quand je rentre. Alors oui c'est très Propagandhi dans l'âme mais j'ai l'impression que c'était assumé (d'après les conversations qu'on a eu à l'époque). 10 ans après, ça reste quand même pas mal d'actualité, le son a été bien travaillé, les paroles pas niaises pour un sou, et le reste à la hauteur.



Mais aussi: 

 - M-sixteen - ST: hahaaaaaaaaaaa je suis sur que tu t'en rappelles de cet album. Un des plus beaux one-shot qu'on ai vu, avec un son tellement soigné, tellement gros, tellement parfait pour un groupe qui au final n'a pas duré tant que ça. Mais ces sessions de roulettes restent mémorables.

 - Down To Earth: Room for the Three of us: ca aussi je l'ai écouté pas mal. Un mélange de rock, d'un peu d'Emo nineties, de punk-rock et vous avez le tout. Ca s'écoute toujours bien d'ailleurs   








mardi 12 décembre 2017

Julien Baker - Turn Out the Lights




Edito: je préfère te prévenir, cette chronique va sonner comme une déclaration d'amour. Comme celle de Nadine par exemple, une groupie de Patrick Bruel, qui lui a envoyé une lettre avec sa culotte dedans après la sortie de l'album Alors Regarde en 1989. Et bien sur qu'elle était à son concert en 1990 à Paris. Bien sur. Nadine, aujourd'hui je peux te le dire, je te comprends.


Matador - Octobre 2017



Alors non, ne me faites pas faire ce que je n'ai pas fait. Non, je n'ai pas encore envoyé de lettre (encore moins avec ma culotte dedans) à Julien Baker, mais je suis devenu un genre de groupie, je veux bien l'avouer. Et bien sur que j'étais à son concert il y a quelques semaines à Bruxelles. Bien sur. Pour faire court, j'ai été transporté.

Je veux dire, c'est d'autant plus fou que je m'y attendais, j'avais même prévu d'y aller tout seul exprès pour verser une larme et tout. Même si en vrai c'était une excuse bidon parce que j'avais pas d'amis pour y aller avec moi (du moins il y a 6 mois quand les places de concert se sont arrachées). Mais les émotions, c'est inexplicable, même si c'est souvent prévisible. Je n'ai pas versé de larmes mais j'ai quand même été carrement embué. Un moment rare à un concert.

Alors comme une évidence, j'ai acheté son nouvel album, Turn out the lights, et c'est bien l'une des premières fois dans une chronique où je peux mettre un 10/10. FA-CILE.

Pour tout dire, j'avais un peu peur de cet album avant de l'écouter. Parce qu'il est la suite d'un premier album à couper le souffle, avec une voix magique et une instrumentation qui est la définition même du minimalisme. Une athmosphère vraiment particulière qui pour moi avait été une veritable claque. J'avais peur qu'avec l'évolution, avec plus de moyens, avec aussi un peu plus de notoriété, même si c'est assez relatif, la donne allait changer. Heureusement non, et ''Appointments'', le premier single, en est l'exemple parfait.

Certes, l'instrumentation est plus travaillée, il y a maintenant du piano, plusieurs voix, mais l'esprit reste identique. Extrêmement fragile, mais simplement beau. Je ne vais pas faire un listing de toutes les chansons et les encenser une par une, mais je vais m'attarder sur les plus simples. Celles sur lesquelles une guitare suffit, en plus de cette voix tellement envoutante. "Happy to Be Here" mais surtout "Even". Ces suites d'accord, on les a entendu des centaines de fois, dans un ordre ou dans un autre, dans un style ou dans un autre. Mais là, ils prennent en moi une résonnance particulière, sans que je puisse vraiment l'exprimer.

Alors si tu écoutes les paroles, c'est triste, difficile de dire le contraire. C'est même incroyablement triste. Pourtant cette voix est lumineuse, et le contraste est saisissant.

Voila Julien. Je ne vais pas t'envoyer d'autre lettre, et je ne sais pas ce qu'ils se passerait si on se rencontrait pour de vrai. Pourtant si c'etait le cas je n'aurais qu'une chose à te dire: Bravo. 








jeudi 30 novembre 2017

Guerilla Poubelle - la nausee




Novembre 2017


Alors je l'ai déjà dit un peu (pas trop fort quand même), je n'avais pas un intérêt fou pour Guerilla Poubelle jusqu’à leur album précédent, parce que ça ressemblait peut être pas trop au punk-rock que j'aime/j'aimais a ce moment la, ou que j'avais envie d’écouter. C'est pas une histoire que c’était bien ou pas bien, mais simplement je ne m'y reconnaissais pas trop. Et puis bon, je suis un gars un peu têtu dans la vie aussi, ça joue.

Mais vous me voyez venir, si j’écris un truc sur le nouvel album de GxP, c'est que les choses changent. Non pas que j'ai lu l'un des 500 articles  journaliers de blogs "bien-être" sur les bienfaits de la gentillesse et que je pense faire amende honorable, non non. Pas non plus de mea-culpa alambiqué. Simplement, les choses évoluent, j'ai leurs deux derniers EPs et je les trouve vraiment bons. La raison est on ne peut plus simple: ils font du punk-rock comme j'aime maintenant, et ce nouvel album la nausée le confirme presque a chaque titre. Autant le dire franchement, même si je me doute que t'es pas encore bien convaincu. Bon. 

Pourquoi vraiment, alors? C'est une autre histoire mais j'y arrive. Déjà, je pense qu'ils ont su acquérir cette expérience qui fait que tu sais faire sonner des chansons simples d'une manière efficace. Tu peux te permettre d'avoir des mélodies plus simples sans qu'on dise direct que c'est pompé sur truc ou machin. Encore plus difficile à dire si tu le combine au chant éraillé et aux paroles acides qui font ressortir l'ensemble. Et puis les grands chœurs faciles a chanter avec les copains ça me fait toujours de l'effet. "En Marche!" en est l'expression parfaite si tu veux écouter ce que je veux dire. Ensuite parce que certaines chansons prennent des accents presque power pop, moins rapides et urgents ("Une bouteille a la mer", tube), facon Worriers ou Great Cynics. Et ça leur va comme un gant en touchant ma fibre sensible.

Mais si t'as peur, il reste surtout le vrai punk-rock, avec de la roulette, avec de la vitesse, et avec des revendications. Tantôt punk-rauque ("Les fils et le filles des sorcières que vous n'avez pas brule", "Golgotha"), tantôt plus mélo ("L'aventure de l'ordinaire"). Mais ça c'est plutôt du classique, encore que faut-il bien le faire.

Bref, c'est tout ce mélange que j'aime. Est-ce que c'est nouveau chez Guerilla Poubelle? Je sais pas trop dire, mais j'ai l'impression que oui. Le spectre est plus large, plus varie mais paradoxalement cohérent. Et franchement y'a pas a dire, je trouve cet album vraiment au niveau. Et quand la musique est efficace comme ça, c'est une combinaison parfaite avec le chant ou on n'a pas besoin de faire une fac d'Anglais pour savoir ce que çà veut dire. Le sens est là aussi, dans les paroles, dans les thèmes abordés, et ça fait une grande différence. 

Donc je vais arrêter de dire que Guerilla Poubelle ça m’intéresse pas trop. J'ai bien l'impression qu'ils sont devenus des leaders de la scène punk-rock Française, aussi à mes yeux. Oui je sais que c’était le cas pour toi déjà surement, mais je suis têtu dans la vie aussi, ça joue. 







 


mardi 17 octobre 2017

Punk-rock stars battle: Propagandhi - "Victory Lap" VS Hot Water Music - "Light it up"


Avant-avant-propos: attention, si tu veux éviter du blabla et que tu attends impatiemment que je mette une note pour ces disques, fermes la page tout de suite et ne reviens plus. Si tu veux savoir ce que j'en pense lis juste la fin (après la mention "et ces disques?"). Si tu aimes les gens qui trouvent des prétextes pour écrire des chroniques sans trop parler du disque, tu es au bon endroit alors lis bien attentivement.






Propagandhi: Epitaph, Septembre 2017:


Avant-propos: Après avoir lu les contributions du dernier People Are Better Than Records, dont certaines ont vraiment retenu mon attention, (la mienne en particulier lol), je me suis senti compris quand Vincent du blog survivre la nuit a parlé du fait que parfois, quand tu veux faire la chronique d'un disque, t'aurais juste envie de dire que c'est trop cool et puis rideau. Pour le citer, '' Il y a une limite au nombre de fois où un être humain peut taper les mots « un disque sincère et viscéral, qui tournera un bon moment sur vos platines » dans sa vie''. De mon expérience plutôt limitée, je ne peux qu'être d'accord. Parce que oui, moi aussi j'ai peur de dire 50 fois les mêmes choses et d'utiliser des comparaisons similaires en boucle. Parce oui j'ai l'impression d'avoir atteint cette limite que alors que j'ai surement écrit beaucoup moins de chroniques que lui dans ma vie. C'est ce qu'il s'est passé récemment.

Propos: je viens d'écouter (en boucle et en boucle) le dernier Propagandhi, Victory Lap, et aussi d'autres disques de ces groupes confirmés dont, déjà, je ne sais pas vraiment si ca intéresse quelqu'un de savoir ce que j'en pense (encore moins que les autres). Comme le dernier Hot Water Music, Light it up par exemple, groupe pour lequel mon admiration est presque sans bornes. Bon, j'avoue que j'ai quand même envie d'en parler de ces disques (sinon je n'écrirais pas cet article). Mais j'avais aussi envie d'illustrer deux cas qui se recoupent et qui pourtant sont très différents.

D'un coté, Victory Lap me mets une branlée, mais sans que je trouve des lignes et des lignes à écrire. De l'autre, le nouveau HWM me semble assez plat, sans que je le déteste quoi, mais avec le même manque de mots pour en faire une description. Est-ce que j'ai perdu quelque chose? Peut-être pas.

Tu sais, j'ai parlé récemment du fait que parfois, bien que l'on attende avec impatience la sortie d'un nouvel album d'un de ces "groupes phares", comme Propagandhi, Hot Water Music, ou Against Me! en l'occurrence dans cet article, on se doute que le pic est passé. Que l'épicentre musical est plutôt loin derrière nous. Mais quand même, on aimerait bien ressentir encore une grosse secousse. On les aime et on veut vibrer.

Alors bon, toute cette histoire pour dire que, c'est pas toujours simple. Alors voici deux petites chroniques. Le pic est-il passé?

Et ces disques?

Hot Water Music: a vrai dire je le trouve dans la fourchette basse de mes espérances. En clair, pour un album de HWM c'est pas génial, mais ca aurait pu etre pire. J'espérais mieux mais c'est comme ca. J'espérais que "Never Going Back", le premier single qu'on a pu écouter bien avant la sortie, ne soit pas la meilleure chanson, mais si. Elle est bien, c'est pas le problème. Le problème c'est la comparaison avec les autres. Mais bon au final, tu sais, c'est ce genre de disque qu'il faut écouter plusieurs fois pour faire passer la déception est se dire que c'était pas si mal au final. Reviens dans 2 mois, j'espère que j'aurais change d'avis. Mais j'en suis pas sur, j'ai l'impression que cet album passe un peu trop inaperçu. Le pic est un peu loin, mais on s'en doutait déjà. 

Propagandhi: pas loin d'une bonne branlée, donc dans la fourchette haute de mes espérances.  Deja j'avais écouté "Failed Imagineer"  en boucle, mais quand tu rajoutes le reste, comme en particulier "Comply/Resist" et "Letter to a Young Anus", tu as le son Propagandhi, les textes, les riffs. Et je ne trouve pas cela essoufflé du tout. Eux, pour reprendre l'exemple des groupes qui déclinent, ils y sont pas encore. Bien au niveau du précédent disque, Supporting Caste. Encore plein de choses à dire, j'aime ca.

Un disque sincère et viscéral, qui tournera un bon moment sur vos platines, en quelque sorte. 





















jeudi 5 octobre 2017

Jamie 4 President - The Heartbreak Campaign


Bcore - Septembre 2017


Alors ca mon pote, c'est une sacré surprise. Il en faut bien des bonnes après des décevantes, qu'elles soient un peu attendues (QOTSA?) ou pas trop (HWM?), ou même prévues très mauvaises à l'avance (FF?). Bref, l'année dernière c'était The Hotelier et cette année ca pourrait bien passer par Jamie 4 president. Une bouffée d'air frais, de l'indie rock ensoleillé qui tend vers les bonnes années 90, comme on sait si bien le faire chez Bcore. 

Et au final, quand on a dit cela, on a tout dit. Parce que si, comme moi, Bcore reflète ce gout prononcé pour les mélodies qui évoquent la plage, les souvenirs de vacances mais sans jamais trop sombrer dans la mélancolie dépressive, alors cet album va tomber à pic.  Et c'est peut-être pour cela que j'étais passé à coté des deux premiers albums du groupe.  

Car cet indie-rock, aussi banal soit-il si on y réfléchit un peu, a pris une teinte spéciale. Mais ne viens pas te méprendre. Je te dis pas que c'est un nouveau No More Lies, ou Vistalegre, parce qu'on en est assez loin. Non, là on est dans la finesse. Pas du genre à s'enchainer de la villageoise pour se mettre la cuite sur la plage. Ici c'est plutôt un petit apéro entre copains, où l'on a sélectionné un bon vin, accessible mais fin, qui ne conduira a aucun vomissement ou gueule de bois le lendemain. On va juste en profiter un peu.

Et dans les mélodies, dans les riffs, j'ai cette impression du "truc en plus", que j'ai aussi en écoutant Brazen ou Pinegrove, sans savoir comment le décrire exactement. Alors te fais pas une idée en écoutant une chanson une fois, quoi que "The Day I fell for a Gipsy Girl" soit tout à fait appropriée.  Mais s'il te plait, laisses toi un peu embarquer par ces chansons. Oublies le fait qu'elles soient simples comme bonjour et qu'elles semblent un peu niaises. Tu vas voir, quand tu vas écouter un peu plus tu vas te sentir mieux.

Bon, j'exagère peut-être un peu. Jusqu'à m'en faire douter, presque, parce que j'ai peur de me lasser assez vite. Je pense pas à l'écouter, alors que quand je le mets dans mes oreilles je le trouve super. Je vais acheter le disque mais je ne sais pas combien de temps je vais l'écouter. Trop de questions, je rembobine.

Mais quand même, ca mon pote, c'est une sacré surprise pour l'apéro. Il en faut bien des bonnes après des décevantes, qu'elles soient un peu attendues, comme un rosé bien fade (QOTSA?), plus surprenantes comme un vin qu'on apprécie toujours mais qui a des moins bonnes années (HWM?), ou même dégueulasses comme une biere chaude en plein soleil (FF?). Jamie 4 President, c'est un bon verre peinard qui se déguste entre copains.Et il sera parfait pour animer des soirées ternes avec un peu de soleil.








lundi 25 septembre 2017

Aviator- Loneliness Leaves The Light Out For Me




No Sleep records - Juin 2017



Aviator. On en a déjà parlé dans ce blog, il me semble. Un premier album très intéressant, qui tourne dans une sorte de post-hardcore moderne, à l'intersection de Terrible Love, Touche Amore et These Arms Are Snakes, du moins c'est ce que j'avais dit à l'époque (sans Terrible Love j'avoue). Je suis toujours d'accord avec moi-même presque 3 ans après, ce qui relève déjà de l'exploit.

Et ce nouvel album, "Loneliness Leaves the Light Out for Me" de déroge pas à cette description. On le sent tout de suite avec la chanson qui ouvre le bal, "I wanna make movies, Heather". Hardcore sombre, mais avec des éclaircies. Violent, mais de manière contenue. Crié, mais pas hurlé. Un mélange que j'apprécie tout particulièrement parce qu'il me rappelle plein de trucs différents.

Pourtant, cela ne m'empêche pas d'avoir une réaction paradoxale en écoutant ce disque. J'aimerais bien que ca envoie plus, que ca fracasse de la basse et de la batterie, que ca s'écorche les tibias en sautant a pieds joints sur les retours, mais je ne suis pas sur d'en avoir envie. Parfois tout doit resté contenu, parfois c'est suffisant. Pas besoin de tout extérioriser, on le comprend aussi comme cela. 

Alors y'a bien un peu de déchet, si on peut dire. Les ambiances sont parfois un peu longues, et certaines chansons sonnent un peu trop comme un revival de Sparta en moins énergique. Je reconnais. Mais, en tout cas, l'ambiance est plus calme que pour son prédécesseur, et il me revient des souvenirs de ce post-hardcore qu'on a tendance à appeler Emo parce qu'il faut le mettre dans une catégorie. il me reviens surtout des groupes des années 2000, Cave In en tête, mais il y a des différences. Alors, ajoutons les qualificatifs: du post-hardcore moderne, avec des mélodies, avec de la réflexion, mais qui sait rester le plus souvent avec un coté simple et épuré. Ça a l'air d'être ca qui fait dire que le groupe a "grandi". Quand tu peux faire plus simple et que ca sonne mieux.

Et perpétuer cette tradition, c'est déjà un bel effort.C'est pour cela que j'ai du mal à comprendre pourquoi Aviator reste assez confidentiel, même sur No Sleep leur label. T'as l'impression qu'ils veulent pas trop les mettre en avant, que même eux y croient pas trop. Et ben moi j'y crois. 



   


jeudi 6 juillet 2017

La Playlist de: ce bon gros road trip de l'été.


A l'heure où vous lirez ces lignes, je serais surement parti (ou pas loin) pour faire de la route et voir des paysages avec un local de l'étape dans un pays qui sait faire du punk-rock, en tout cas je l'espère. Et si je peux concilier ma passion de voyager et ma passion de faire des playlist dénuées de sens, alors je suis content. J'ai donc préparé une playlist pour ça, bien entendu, et elle peut être vue comme ma playlist de l'été si vous voulez.

Bon pour partir j'ai tout préparé:
- J'ai un lecteur MP3 avec 30Go de musique. Et un bon paquet est celle que j'écoutais y'a 8 ou 10 ans, autant te dire qu'on devrait avoir quelques surprises (tu te rappelles de 64 dollar question?)
- J'ai acheté 2 ou 3 trucs pour avoir l'air d'un vrai baroudeur, parce que ca compte. (http://www.gqmagazine.fr/mode/serie-mode/diaporama/comment-avoir-lair-dun-baroudeur-/43980). Bon, dans les faits j'ai que le mousqueton, mais ca fait parti du look hein. J'ai hésité mais le sac Givenchy était un peu too much.
- J'ai deux sacs quechua (un gros et un petit), et une gourde isotherme en métal comme 95% des gens qui partent en vacances. Mais j'ai essayé de customiser le sac avec un patch Against Me et la gourde avec un autocollant Throw Me Of The Brigde. J'aurais bien voulu acheter un pantalon avec un zip qui se transforme en short, mais je vais attendre encore 30 ans.
- J'ai mes vaccins à jour, mais je crois pas qu'il y en ai un contre l'excès de gras, et pourtant c'est bien la maladie la plus dégueulasse qui me guette. Tant pis je prends le risque.
- Si vous avez des conseils pour ne pas se faire haïr par son compagnon de voyage, merci mais c'est trop tard. Au pire j'attendrai mon vol 10 jours à l'aéroport si on m'y dépose avant.
- Mais le plus important, c'est la playlist.

Revue d'effectif. Une chanson par jour.

Preambule: The Gaslight Anthem feat. Bruce Springsteen - The '59 Sound [live Hard Rock Calling 2009]
https://www.youtube.com/watch?v=uPz3GwSqpxs
Avant de commencer, je voudrais évacuer le cliché tout de suite, comme ca c'est clair. Et quoi de mieux qu'un mélange assez improbable (pour 2009) entre le cliché punk-rock cool et l'Amérique cliché santiags et r'n'r? Bon Bruce il connait pas toutes les paroles, il fait un peu un riff en carton sur le couplet, un solo "NIVEAU DE GUITARE DEBUTANT 2", mais c'est l'Amérique.

I - The Flatliners - The Calming Collection [Cavalcade - 2010]

https://www.youtube.com/watch?v=l5X3c22par0
Parce qu'une une playlist commence avec un truc dont on peut pas se lasser. Comme The Calming Collection de Flatliners, A.K.A " l’intro la plus simple et la plus efficace pour entamer 5h de route sous le cagnard ".


II - Gnarwolves - StraitJacket [Outsiders - 2017]
https://www.youtube.com/watch?v=TRefZ6UX1b8
Un des albums marquant de 2017 jusqu'ici qui mérite de voir l'Amérique. C'est tout.

III - The Story so Far - Quicksand [Under Soil and Dirt - 2011]
https://www.youtube.com/watch?v=h3L-xm7bs34
Parce qu'il fallait mettre un morceau de l'un des meilleurs albums de pop-punk mélo du monde. Si des fois t’es fatigué, ca va te remettre d’aplomb direct. Et avec le refrain tubesque qui te fais lever les bras, tes épaules rouges, ton marcel, et tes lunettes de soleil en plastique, t'as l'air trop classe dans le rétro.

IV- Hot Water Music - State of Grace - [Exister - 2013]
https://www.youtube.com/watch?v=mUbX8OXo74c
Parce que si tu fais un road-trip avec un bon copain, faut aussi mettre des chansons qui vont vous rappeler des trucs cools. Comme musique d'eau chaude, featuring Jacques Raganne et Christophe Wollard. Private Joke bonjour. Mais c'est Hot Water Music donc ca va, c'est inlassable aussi.

V- Daft Punk - Da Funk [Homework - 1997]

https://www.youtube.com/watch?v=IewQqGpdmh8
Parce qu’il faut ambiancer la bagnole putain! Ca nous servira dans les rues de n’importe quelle grande ville le soir venu. Même la ville du lac salé? On va voir, mais en tout cas ça va mettre l'ambiance si on peut descendre les fenêtres sans cuire sur place.

VI - The Menzingers - Casey [On The Impossible Past - 2012]
https://www.youtube.com/watch?v=ntY0Qf1j3FY
Parce que The Menzingers c’est tellement la classe mais que dans une playlist on a droit qu’a une chanson. Si je rentre dans un diner je vais penser à cette chanson, peut-être que moi aussi je vais y trouver Casey, et qu'on se mettra la cuite avant de faire la vaisselle.

VII - The 101’s - Pieces [Counterbalance - 2017]
https://www.youtube.com/watch?v=DN8qWPgRnPI&index=1&list=PLOOyEe22hViZmwEivsX-EXEMIK7iMHg9g
Parce qu’il faut bien saluer le travail accompli pour sonner exactement comme l'un des meilleurs albums de pop-punk mélo du monde.Et parce qu'il me faut une chanson dans la playlist dont je me rappelle rien dans quelques années. C'est une raison comme une autre.

VIII - Quitters - The Brighter Shades of Time [Good Night Memories - 2017]
https://quittersmusic.bandcamp.com/track/the-brighter-shades-of-time
Parce que c'est un de mes gros coups de cœurs Français de 2017. Une chanson qui démarre un poil mou, mais qui a le riff le plus copain du monde a 2min37. Et puis parce que voyager c'est oublier que dans la vraie vie, je suis mélancolique. C'est à ça que sert le punk-rock non?

IX - Chuck Ragan - In The Eddy [the Flame In The Flood - 2016]

https://www.youtube.com/watch?v=jEcb0hoRf-Q
Parce qu'on devrait voir des lacs, et que Lac = poisson = pêche = Chuck ragan. Facile.Mais aussi parce que cette chanson instrumentale est parfaite pour un soir à camper, t'as l'impression de l'avoir avec toi, le Chuck.

X - Kavinsky - Nightcall [Out Run - 2013]
https://www.youtube.com/watch?v=MV_3Dpw-BRY
Parce que: quoi de mieux pour rouler la nuit dans LA? Rien, mais j'y vais pas. Alors, quoi de mieux pour rouler la nuit dans la ville du dernier dinosaure? On verra. Je vous dirai en revenant.En tout cas on va baisser la vitre et sortir les gants.

XI - Traverse - The More Miles The Less Troubles [Winter songs for summer bruises - 2016]
https://www.youtube.com/watch?v=3qo3q29PW-o
Parce que un road trip loin, c'est comme une tournée entre potes loin. Cette chanson en est le meilleur exemple. * INSERES LA CITATION DE BLOG DE VOYAGE SUR LES BIENFAITS DE VOYAGER QUE TU VEUX JE M'EN SERVIRAI EN RENTRANT POUR FAIRE LE MALIN MERCI. *

XII - Fargo OST - Wreck & Numbers [2015]

https://www.youtube.com/watch?v=icOD6Lm08lg
Parce qu’à un moment donné, sur la route, tu vas avoir le paysage qui te fais penser à la série. Et parce que ce thème, ce son de batterie, mon pauvre, j'en ai des frissons.

XIII - The Bronx - History Stranglers [The Bronx II - 2006]
https://www.youtube.com/watch?v=3GKxIsCkOSQ
Parce que j'ai pris une branlée en les voyant y'a pas longtemps, que j'ai acheté le tee-shirt et que le jour où je vais le mettre, dans la bagnole, je veux écouter ça. 2006 Pfouah, je suis vieux. JE VEUX HURLEEEEEEEEEEEEER.

XIV - Dude York - Black Jack [Sincerely - 2017]
https://www.youtube.com/watch?v=pYHjjNEyj38
Parce que ça me donne l'impression d'être dans l'Amérique de y'a 30 ans, me demandes pas pourquoi. Cet accent vintage? Cette simplicité des riffs? Y'a de cela, en effet. Une des bonnes surprises du début 2017 aussi ! Merci Cora.

XV - Young Livers - Finger To The Pulse [Of Misery And Toil - 2010]
https://www.youtube.com/watch?v=LG5Rmo49ZTc
Parce que ce qu'on se disait à l'époque, c'est qu'il faudrait faire un groupe de punk-rock aussi efficace que cette chanson de Young Livers. On se disait que c'était pas si compliqué. On y est toujours pas arrivé. Ca nous fera l'occasion de voir si c'est toujours possible, tiens.

Allez Tchao !



lundi 19 juin 2017

The 101's - Counterbalance


Edito: même si j'y ai passé un an, j'ai pas trop eu le temps de faire un inventaire de la scène punk-rock de Eindhoven. Bon de un parce qu'on peut pas dire qu'il y ai un nombre de groupes fou, de deux parce que c'est bien orienté pop-punk mélodique que j'ai parfois du mal à assumer écouter ça. Mais comme c'est l'été et que j'ai envie de roulette, de refrains auto-tunés et de ne plus cacher mon goût prononcé pour le mélo, le moment est venu. Au blues passager répond le punk mélo des vacances.




 Autoproduit (si si) - Juin 2017


En hommage à ce fameux club Clermontois, The 101's sort Counterbalance, son deuxième album, enregistré aux US (comme pour tout bon groupe Européen de mélo qui a un premier album qui a bien marché, le rêve Américain quoi). Jusque là rien de spécial. Sauf que c'est enregistré par Sam Pura, qui a fait la crème de la crème du mélo que j'adore dans son Panda studio. Voilà pour l'histoire jusque là (celle-là pour l'avoir il faut suivre de près).

Pour la musique, en fait, rien de bien spécial non plus, mais des forces implacables font que j'adore cet album. J'essaye de comprendre. 1er élément, on est dans la définition même du pop-punk mélodique, et on peut citer environ 150 groupes qui ressemblent à ça. Mais, car il y en a un, pour moi la musique de The 101's me fait surtout penser à The Story So Far ou Trash Boat, et je me demande si cela ne me suffirait pour trouver ça cool. Super cool même. Désolant? Bon, aussi parce que c'est (presque) aussi bien fait et que c'est pas encore trop cliché (Quoi, discutable? Vous dites? Tant pis). Et puis le son est là, familier.

"Pieces" ouvre impeccablement le disque et OUI, un album de pop-punk mélo DOIT commencer par une grande session de roulette. C'est dans le cahier des charges. Refrain à groupie, reprise avec la petite guitare aiguë, re-roulette, l'exécution est parfaite. En plus des chansons comme ça on en a écouté à la pelle, alors on peut commencer à savoir. Ca me parait tellement familier, comme si je l'avais déjà entendu.

Avant de continuer, je sais que ça sonne cliché. Je sais que c'est ni mieux ni moins bien que les autres surement. C'est a la fois a l'extrême limite d'être mega cliché, et pourtant si loin. Des paroles inexplicables je sais. Mais ça me file un smile ce truc, c'est automatique, j'assume. Et je commence à comprendre pourquoi.

Parce que je me dis que la production est en mode blockbuster, ce qui pour ce genre de musique spécialement est parfait. Faut que ça nous mette des guitares dans tous les sens, des chants beaucoup trop justes pour être vrais, et des parties rythmiques calées à la microseconde près, sinon c'est moins intéressant. Pourquoi je m'y retrouve autant? Rah, peut-être parce que ce bon Sam Pura a enregistré tous les albums de The Story So Far et que le son est... Le même. Mais genre, le MEME. Solution clé en main, on veut le son et rideau. Criticable dans 99,9% des cas mais ici pas tant. Ca me remémore des souvenirs, c'est cool et puis voila. Mets "No Rest" à fond et danse un peu la, allez !

Et puis, tu peux quand même concéder que, pour un album issu du financement participatif le résultat est plus que convaincant. Si tous les produits dont on te vend les bienfaits avec une vidéo cringe, une musique de piano façon l'amour est dans le pré et des gens qui parlent avec la chemise de Steve Jobs et/ou un accent Anglais au rabais étaient aussi efficaces, Kickstarter s'en porterait bien mieux.

J'aurais aimé que le dernier The Story So Far sonne aussi bien tiens. Un sacré compliment. 











 

lundi 5 juin 2017

Grand-Pop - Eight Nights



Specialist Subject - Avril 2016
https://grandpop.bandcamp.com/album/eight-nights



Eight Nights, c'est largement 8 fois suffisant pour me détester, mais c'est aussi beaucoup trop pour être totalement séduit par ce premier album de Grand-Pop. Un candidat au podium des albums les plus cool de 2017, rien que cela.

Et il a mis longtemps à venir, donc si j'en fais une chronique ça veut dire que ça valait le coup (du moins à mon humble avis). Attends, ce truc à tout pour plaire, je te dis. Un nom de groupe super, des membres reconnus dans la scène de Bristol, UK, et un style de punk-rock indie a rassasier les plus gros mangeurs. Après, je pas spécialement obligé de refaire tout l'historique, tous les groupes dans lesquels les membres Grand-Pop ont joué, leur expérience, quand tu dis Caves, Personal Best ou Attika State, tout parle pour eux. OK, le CV est méga alléchant, mais on va juger sur pièce.

Et y'a pas photo.

De toute façon, tu sais quasiment à quoi t'attendre avant d'écouter et force est de constater que les promesses sont tenues. Méga catchy, sincère, sympa, c'est pratiquement ce qu'on pouvait espérer de mieux. "Drop Throw" te mets dans l'ambiance, avec cet indie-punk façon trio power-pop, typique de plein de ces groupes que tu écoutes sur Specialist Subject. Tu vas l'écouter et tu vas me dire si c'est pas vrai. Des exemples?
 - L'intro de "High Hopes" te file le feu aux gambettes d'entrée de jeu, tu sais qu'ils savent faire des bons morceaux.
 - Les Get up Get Up sur "Nervous Nelly" qui te donnent envie de lever le poing
 - Les râles vocaux et le refrain plein de Ohh Ohhh sur "On and On"
Et j'ai pas fini.

De l'autre côté c'est sur qu'on est dans le connu, je vais pas le nier. Mais cette voix quand même, à la fois puissante, maîtrisée et à deux doigts de partir en couille, couplée avec les chœurs quand il faut, les intros qui te font sautiller, les riffs tout droit efficaces, ça te pose une grosse valeur ajoutée non?

Bref, on sent que c'est fait avec passion, sans trop de prétention, et qu'il y a rien d'autre à en tirer que d'écouter le disque et de se remplir d'émotions plutôt positives. Des trucs qui te touchent, c'est l'essence de la musique, j'applaudis.

De l'indie-punk des familles, et puis c'est tout. Sans déconner ça fait du bien, et je vois pas comment le dire autrement: merci Grand-pop.

vendredi 26 mai 2017

1 minute chronique # 12 : Gnarwolves - Outsiders





Big Scary Monsters - Mai 2017

Atatiaaaaaaaa, c'est l'été ! Et quoi de mieux que le nouvel album de Gnarwolves pour le démarrer? J'en sais strictement rien, mais on va voir cela ensemble.

Cette fois, je ne vais pas dire tout et son contraire. J'ai toujours bien aimé Gnarwolves et ce nouvel album Outsiders, qui vient de sortir sur Big Scary Monsters notamment, ne me fera pas changer d'avis. Oui, Adolescence leur dernier EP était quand même un peu décevant, mais ca arrive à tout le monde de rater un match, le tout étant d'etre meilleur la prochaine fois. Pour te convaincre du bien fondé de Outsiders, écoutes le triptyque "StraightJacket" - "Car Crash Cinema" - "Wires" qui est presque parfait, assez semblable à ce qu'on a pu écouté sur Chronicles of Gnarnia d'ailleurs.

C'est des fois pas assez punk comme  j'aimerais, oui mais la musique retrouve ce coté skateboard et copains qui a fait ce groupe ("Paint Me A Marytr" genre, non?). Comme quoi on peut (ré)évoluer dans le bon sens sans trop renier ses traditions. On y trouves des accents un peu plus pop, Emo, power pop presque, mais j'ai pas grand chose à redire au final.

Si, en fait si, la fin est un peu plus ennuyeuse ("Argument", Taking to Your Ghosts). Bizarre d'ailleurs, c'est presque toutes celles qui ont un coté Emo grunge un peu. Fallait bien dire un truc négatif, oui oui.

Il n'en reste pas moins que  la face toujours punk de Gnarwolves est bien là, et cet album me parait un bon argument pour mettre quelques titres dans une playlist de l'été, non? 



mardi 9 mai 2017

Le syndrome RR, illustré par The Flatliners - Inviting Light





Ce blog se veut dorénavant aussi de santé publique. Plus particulièrement, en tentant de vous éclairer sur des pathologies communes, leurs causes mais parfois aussi leurs remèdes. Si on peut vous aider... Ce premier numéro est donc consacré à l'étude d'une pathologie ma foi heureusement pas encore trop répandue dans le punk-rock, mais qui pourrait vite devenir un souci, à savoir le syndrome RR. Explications.

Le syndrome RR, qu'est ce que c'est? 

Le syndrome "1er album chez Rise Records", plus connu sous le nom de syndrome RR, est une maladie qui à touché un certain nombre de groupes "punk-rock" majeurs ces dernières années. Il se traduit par la production d'un album sur le label Rise Records, par un groupe ou un artiste déjà vu comme "confirmé" sur la scène punk-rock. La plupart du temps, ce syndrome se traduit par une musique plus molle, plus épurée et beaucoup plus fade que dans les albums précédents de des groupes en question. Elle peut conduire à des résultats souvent très mauvais, allant d'un simple album à jeter, jusqu'au décès du groupe (Make Do And Mend, vous vous en souvenez?). Cette pathologie doit donc être prise très au sérieux, et c'est l'objet de cet article. Pour cela, illustrons notre discussion d'un cas d'étude.

Introduction du cas d'étude



Un des cas en date les plus récents concerne les canadiens de The Flatliners. Bien qu'en parfait santé avec son album référence Calvalcade, sorti sur Fat Wreck Chords en 2010, et une bonne suite Dead Language en 2013, le groupe a contracté le syndrome RR en Avril 2017 pour son nouvel album, Inviting Light. En cette date, le groupe est toujours actif, et son album en écoute, ce qui semble un signe positif. Néanmoins, une question mérite d'être posée avant d'aller plus loin.

Est-il possible de ne pas trop en souffrir?

Heureusement, la réponse est oui. Les statistiques montrent clairement qu'un groupe peut s'en sortir, même si le taux de rémission reste très faible. La manifestation la plus frappante de cet espoir se nomme Hot Water Music, qui a contracté le syndrome RR pour son dernier album, Exister en 2012, sans avoir aucune séquelle notable. Certes, il n'était pas au summum du groupe, mais ils sont restés les patrons. Nous pouvons également citer Bouncing Souls, qui sans impressionner, gardent une constance appréciable. 

 C'est grave docteur? 

Dans le cas de The Flatliners, le diagnostique est plutôt difficile à poser. D'une part, il fallait plutôt d'attendre à quelque chose de différent pour cet album, plus posé, plus travaillé, moins punk-rock finalement. La part due au syndrome RR est donc difficile à cerner. Ce que l'on peut dire, c'est que certains morceaux sont vraiment sympas, surtout au début en fait ("Mammals", "Human Party Tricks") même si on oublie complètement le punk mélo, ce qui reste un des signes mauvais du syndrome RR. C'est parfois ultra simple, rock, mais les refrains façon Foo Fighters (Indoors par exemple) me refroidissent un peu. Pour appuyer là où ça fait mal, plus on avance dans cet album, moins je suis convaincu. Ses accents de guitares sèches ne sont pas toujours les bienvenus,  et ça pèse un peu sur l'ensemble. Vous avez remarqué que c'est l'un des signes d'albums plus '' produits'', ces guitares sèches sur les refrains ? Ca doit donner un accent plus radio, je sais pas.

Bref, J'aurais apprécié un peu plus de folie. A peine plus hein, pas faire un plongeon de 25m dans un canyon, mais juste celui de 5m à la piscine de La Bourboule m'aurait suffit. Mais je m'égare, car c'est bien un autre point important du syndrome RR : le manque de prise de risque. Tout est quand même calibré, renté au chausse-pied, pour que rien ne dépasse. 

Bon, j'ai pas envie d'être trop catégorique non plus, je vais l'écouter encore.

Verdict

Il fallait s'attendre à une baisse de régime de la part de The Flatliners, qui peut s'expliquer par différents facteurs que j'ai tenté de décrire plus haut. Leur musique n'as pas perdu d'intérêt pour autant, à mon avis, car il reste une bonne partie de cet album que j'écoute avec plaisir. Mais bon, si réduire les tempos de 20 points, mettre de la guitare sèche sur tous les refrains et éviter soigneusement toute roulette est tout ce que le syndrome RR a apporté à The Flatliners, alors je crois qu'ils sont affectés. 










lundi 1 mai 2017

Quitters - Good Night Memories


Coprod' - Avril 2017


Quitters - punk-rock indie - Gainesville VS Montpellier -  sourire - soleil et copains. 

Comme quoi faut pas se casser la tête des fois. Avec ces simples qualificatifs vous devriez déjà comprendre où je veux en venir. Et si tu te poses la question, la réponse est OUI.

OUI, on a encore le droit à un autre groupe Français qui sait faire du bon punk-rock pour aborder l'été sereinement (si c'est encore possible, on verra cela bientôt). Ça commence à faire pas mal, et ce n'est surtout pas moi qui vais m'en plaindre. Parce que ce premier album, c'est un truc qui mélange de l'indie, de la roulette, un peu de rock'n'roll mais c'est surtout du punk-rock des familles. En fait, Quitters, si Phillipe Etchebest était punk-rocker et pas cuisinier, il en dirait surement que c'est ce qu'on attend d'un groupe de punk-rock de la vie de tous les jours. Du fait maison, du fait avec amour avec des produits frais et de qualité, mais surtout sans chichis. Alors ça ne joue pas dans la catégorie palace 5 étoiles, si on veut pousser un peu, je l'accorde. Les menus sont parfois goûtés maintes fois, mais on s'en fout, car pour cette fois on ne fera pas la fine bouche.C'est décidé, mais pourquoi?

Parce que simplement, les conditions pour nous faire passer un bon moment sont réunies. Le son est au rendez-vous, les chœurs faciles à apprendre, et les riffs de guitare bien jolis. Je lui donnerais presque une étoile au guide Chuck Ragan du punk-rock, pour les efforts fournis, et l'évolution par rapport au premier EP. Dans les faits on a de l'indie punk comme les cadors Français, genre Not Scientists, mais avec des accents instrumentaux comme Cold Heart Days ("Sweet Memories"), des accents indie comme Heavy Heart ou Water Mane ("Promises to Myself") une dose d'Emo-soleil à la Sport ("The Brighter Shades of Time"), d'Emo-punk à la RAVI ("Life Inside"), de punk à roulette sauce r'n'r à la The Reaction ("Misery", "Burn Burn"), mais surtout une bonne dose de punk-rock Ricain dont on a tous écouté et réécouté les disques en boucle ("Why Should We Burn Our Lives?" qui est LE tube si il fallait en choisir un). Tout ça se mélange, et c'est ce qui m'as attiré l'attention directement je pense.

Du coup, il pourrait évidemment découler un petit manque de cohérence avec tous ces noms les uns à la suite des autres, mais c'est pinailler pour rien. Au contraire, c'est vraiment intéressant d'entendre comment le mélange s'opère, et qu'avec tout ça Quitters garde son identité. Une nouvelle identité. Ces chansons, elles me font repenser à plein de groupes, mais sans forcément les revivre entièrement. Il est là le bon point, il est LA. Les émotions, mais bien dosées.

Car, tout comme certains chefs en devenir, Quitters tire parti de certains groupes qui l'ont précédé, pour nous remettre dans le bon chemin avant l'été. Impeccable. 















mercredi 26 avril 2017

The Menzingers - After the party


Février 2017 - Epitaph Records


Celui-la, on peut dire que je l'attendais. Pre-commandé et compagnie, une vraie groupie. J'étais sur que ça allait être l'album de l'année (enfin a part si HWM sort un album en 2017 bien entendu, mais c'est une autre histoire). Pour peu, j'aurais pu écrire cette chronique en avance en disant qu'il ne fallait presque rien en dire de plus tellement c'était génial. Il me manquait juste a insérer le nom des chansons que je préférais, et pour faire genre critiquer un peu celles que j'aimais moins. Alors il faudrait surement dire que c'était un peu plus gentil, comme prévu, et que ça pouvait en déranger certains, je comprenais. Mais bon, l'autoroute quoi, cette chronique.

Celui-la, pour vous en dire plus, c'est After The Party, le 4ème album de The Menzingers. Et mes arguments pour l'encenser sont nombreux. Un groupe qui a fait deux albums précédents fabuleux, que j'ai sérieusement écouté des dizaines et dizaines de fois, même si paradoxalement je ne m'y suis intéressé que très récemment. Un groupe qui est aussi rentré dans un top de mes groupes de punk-rock préféré, il faut bien le dire. Je peux m'identifier aux paroles, à la musique, c'est parfait.

Mais comme bien souvent, ce n'est pas ce qui est prévu qu'il se passe. Refaisons l'histoire.


Vendredi 3 Février 2017

C'est le jour de la sortie, et je reçois les mp3. Première écoute, joie, branlée j'aime pratiquement tout. Même "After The Party" qui pourtant ne m'avais pas emballé quand ils l'avaient mise en écoute. Je salive d'avance d'avoir le temps de l'écouter. Louer une bagnole pour aller chercher des affaires et faire de la route, ca aide et j'écoute l'album genre 4 fois de suite. A l'aller et au retour. Ces chansons ultra simples, comme "Charlie's Army", mélancoliques comme ''Lookers'' ou ''Your Wild Years'', efficaces au possible comme ''Telling Lies'', je suis sous le charme. C'est 10/10.  


Lundi 5 Février 2017

J'écoute encore et encore. J'écris la chronique dithyrambique, elle est presque prête. mais quand même, j'aimerais pas faire un jugement trop biaisé (remarques ca m'est arrivé quelques fois déjà). Attendons un peu.


Lundi 13 Février 2017

Franchement je commence à douter.  Au final y'a des chansons un peu cliché non? Je saurais pas trop dire. C'est vrai que j'aime moins "Midwestern States" par exemple, et "Charly's Army" même cool, fait un peu Foo Fighters discount. Non, non, c'est pas encore le moment.


Jeudi 23 Mars 2017

Bon, ca fait pas loin d'un mois que j'ai pas écouté le disque en entier. Oui j'ai mis "Lookers" dans mes nouvelles enceintes car celle là impossible de m'en lasser, mais c'était juste pour m'auto-satisfaire d'avoir enfin du bon son dans mon salon. Faut quand même que je remette le vinyle. 


Mardi 24 Avril 2017

Ouah, je viens de me rappeler que j'avais un blog. Cet article était écrit depuis un moment d'ailleurs. Mais tiens, cela va me permettre de faire le bilan. Après presque 3 mois, j'avoue, je connais cet album par cœur. Je l'écoute encore, et je l'écouterai encore. Pourtant il a des défauts, c'est évident, mais je dois m'avouer vaincu. Parce que, quand j'ai envie d'écouter un truc cool apres une bonne journée, j'écoute ce disque. Parce que quand je vois le premiers soleils Bruxellois du printemps qui me donnent la peche, j'écoute ce disque. C'est fait sans vraiment y réf'echir d'ailleurs, et c'est pour cela que j'y crois.

Donc, difficile de cacher le contraire, The Menzingers reste un de mes groupes préférés, et After The Party un vrai super disque. 








mercredi 15 mars 2017

Les histoires #1 - Les concerts punk-rock tout seul. [Partie 1]



EDITO:  

Je viens de passer une bonne année aux Pays-Bas, et j'ai eu l'occasion d'expérimenter les concerts tout seul. Oui, peu de gens aiment le punk-hardcore, surtout dans mon équipe de recherche. C'est pas toujours cool, mais ça m'a donné envie d'écrire sur ça. On va voir. 

Ce texte est techniquement de la fiction, au sens où tout ce que je raconte n'est pas vraiment ce que j'ai vécu, même si ça part de faits réels parce que l'idée m'est venue en me faisant un peu chier à des concerts j'avoue. Pour ce qui est vrai et ce qui est inventé, je passerai les détails (mais pour ma défense j'ai jamais eu de tee-shirt Madball par exemple hein, ni instagram d'ailleurs). Allez!  


 Les concerts punk-rock tout seul. Partie I




Un des trucs les plus cools qui peut arriver dans la vraie vie, c'est d'aller à des concerts. Je pense qu'on sera d'accord. Partager des moments forts, hurler les chœurs de "Trusty Chords" avec Chuck Ragan et Chris Wollard en personne, ou faire un slam au-dessus de la foule sur "Wake The Dead" à un concert de Comeback Kid. Bref, tu peux remplacer ces noms de groupe par d'autres que tu préfères, je parie que ces sensations resteront identiques. Le genre de choses qui reste gravé dans ta mémoire pourtant bien sélective pour un bon moment. Alors pour résumer rapidement, tout commence pour le mieux. D'abord, tu regardes négligemment sur les internets, et tu tombes sur un concert de folie prochainement ("Ouah, un mini-festival avec  Gorilla Biscuits, Modern Life Is War et Touche Amore!!!"). Le sang te monte directement au cerveau, et tu sens une excitation soudaine. Tu demandes à tes copains qui va y aller, tu achètes tes billets, et surtout tu te prépares à passer du bon temps (par exemple en apprenant quelques chansons de Fever Hunting, le dernier Modern Life Is War, pour pouvoir les hurler avec le chanteur quand il va te tendre le micro). En plus, pour des gens qui aiment le punk-rock/hardcore comme nous, y'a des chances que ça soit dans une petite salle, ce qui ajoute tout de suite de l'intérêt. Bref, on devrait encore une fois être d'accord (sinon remplace Gorilla Biscuits, Modern Life Is War et Touche Amore par qui tu veux du moment que tu les aimes bien). Mais tout n’est pas si simple. 

Particulièrement parce que l’un des trucs les moins cools qui peut arriver dans la vraie vie, c'est d'aller à des concerts. Allez, je t’entends penser que j'exagère, tout de suite, comme bien souvent. Ah, pas si sûr, car tout change si, en l'occurrence, t'y vas tout seul, dans une ville où tu connais pas un chat, et dans un pays où la langue que les gens parlent ressemble plutôt au son de la toux grasse de ton grand père quand il a attrapé mal à cause des premiers froids. C’est vrai, tu sens aussi le sang soudainement circuler plus vite dans ton corps, mais cette fois, pas certain que ça soit de l’excitation. Pas d’amis, pas d’activité sociale, pas d’excitation de groupe. En effet, ça ressemble plutôt à de l’appréhension. Mais tu ne t’en rends pas compte tout de suite car souvent tu confonds les deux sentiments. Je te comprends, c’est un peu pareil pour moi. Bref, quoi faire dans ce cas ? Bon, je vais te dire ce qu’il va se passer, si ça peut servir à quelque chose. 

Le jour J, naïvement, tu es toujours hyper content, tu marches vers la salle de concert, il fait beau, et tu as précautionneusement sélectionné le tee-shirt de groupe que tu portes pour l’occasion. Pas un tee-shirt d'un des groupes qui joue ce soir, ça ferait groupie à la con. Plutôt un tee shirt d'un groupe un peu relié, mais pas trop cliché non plus. Si l'on reprend notre exemple, un tee shirt Youth of Today est particulièrement approprié si tu veux voir Gorilla Biscuits. Si par ailleurs tu as plus de 35 ans, ça imposera encore plus le respect - si tant est que tu sois encore Straight Edge - ("je les ai vus en 1988 à Amsterdam mec. C'était la bonne époque"). Sinon, si comme moi tu es venu presque en particulier pour Modern Life Is War, c'est un peu moins évident, il te faut un truc plus subtil. Madball? Non, trop typé bermuda avec les chaussettes de sport à bandes rouges montées sur les tibias (mais surtout : pourquoi t’as un tee shirt Madball ? Bref). Defeater? Un peu controversé. C’est là où tu te mets presque à regretter ce tee shirt noir de Have Heart que tu as oublié chez ta mère l’autre fois, bref. Heureusement pour toi, il te reste celui de Birds in Row. En effet, il en jettera auprès des plus avertis, c'est un choix judicieux. Certains ne connaissent pas trop, donc tu suscites l'intérêt, et tu sauras quoi leur dire. Par exemple, que ce sont des potes à toi (ce qui est pratiquement faux) et que tu viens d’enregistrer un disque avec ton groupe dans le même studio qu’eux (ce qui est factuellement vrai). Je sens que la confiance est encore là, t'as tout préparé. Pourtant, aller tout seul à un concert, au risque de me répéter, ça change tout.

Déjà, vu que personne ne t’attend, pas besoin d'arriver trop tôt. En plus, aller à un concert, c'est pas comme aller voir un match de rugby où tu peux entrer tôt dans le stade, t'imprégner de l'ambiance, sentir les odeurs du stade, même tout seul (à condition d'être un amoureux de ce sport). Non non là, si ça t'es déjà arrivé, tu sais que tu vas te faire chier un bon moment avant que le premier groupe ne commence. Tu pourras peut-être profiter du batteur qui tape pendant 15 minutes sur sa caisse claire lors des balances. Au Stade, tu peux prendre le temps de regarder les gens être heureux. A un concert, dans cette salle sans lumières, tu ressembles juste à un mec bizarre qui mates les gens. Mais, tu m’as l’air un peu trop inexpérimenté pour le savoir ; Alors ça se passe comme ça :

1 - Tu entres dans la salle, où il y a des groupes de gens éparpillés un peu partout, en mini-cercles à discuter et tu te dis que t’es pas invité (en plus tu ne vois pas spécialement comment l’être). Tous ces groupes ont l’air si cool pourtant. 

2 - Tu te mets quelque part, sachant qu'il y a pas mal d'espace libre partout. Mais où? Alors là, le choix est difficile. Je dirais qu'au début, tu peux te caler contre un mur sur le côté, ça f'ra.

3 - A cet instant, tu le sens. Tu le vois. Le blues t'envahit d’un seul coup. Tes chances d’avoir une conversation non forcée avec quelqu'un dans les 3 prochaines heures sont proches de zéro. Tu le sais maintenant.

Alors que faire? La réponse est évidente. Evidente. Tu sors ton portable de la poche et tu essayes de te convaincre que ta vie n'est pas si naze. Tu scrolles frénétiquement ton facebook, ton instagram ou les deux. Tu envoies quelques messages aux connaissances que tu penses les plus solidaires, mais le coeur n'y es pas. Tu textes quand même. Réponses lapidaires, ou pas de réponses du tout. Merci pour le soutien, et en plus seulement 10 minutes se sont écoulées. Et cette conversation ne reprendra pas avant la fin de Modern Life is War sinon tu vas montrer à tes potes que tu te fais chier. Pas bon pour ton image. En plus, on est Dimanche, 17h, le moment où personne ne fout rien, mais surtout le moment où personne n'as envie de foutre quelque chose. Tu essayes de sourire à quelques memes sur 9gag, mais tu as vite fait le tour. Sauf que, heureusement pour toi il te reste encore plusieurs jokers dans ce genre de situation.

#3: aller boire un coup. Peut-être quelque chose ressemblant à un contact social pourrait s'établir au bar, qui sait, ou au moins tu auras eu un semblant de conversation avec la serveuse (qui en a vu d'autres, des comme-toi). Mouais, pas très efficace donc.

#2: aller regarder dans le merch et les éventuelles distros. Bonne idée, surtout si t'as prévu d'aller acheter un tee shirt et/ou des disques. Surtout, n'achètes pas quelque chose tout de suite, ça te resterait sur les bras tout le concert et tu aurais l'air encore plus freak (oui, encore plus que ça), et crois moi, t'en as pas besoin. Par contre, rien ne t'empêches de regarder, et de discuter avec le mec qui tient le merch. Bon vous êtes pas des grands amis, la discussion sera très basique mais au moins quelqu'un va te parler (surement parce qu'il n'aura pas le choix, certes, mais c'est quand même bon à prendre). C'est sur, "The tour is great so far", "We are so stocked to be here" et "Man, thanks a lot for your interest, I am glad that a lot of people came here on a Sunday night" ne sera jamais élu comme la conversation de l’année, mais quand même. Tu n'auras pas appris tant que ça, mais c'est à toi de poser les bonnes questions aussi, merde. J’essaye de sauver ta soirée hein. 

#1: Parler à des gens? Facile hein? Non, pas tant, tu es bien trop timide pour faire ça. 


Portable sorti de la poche, facebook, instagram, 9gag, blues. 


Après qu'une quantité impalpable de temps ne soit passée, entre regards dans le vague, un sirotage d'une bière pleine de mousse et de très nombreux checks sur ton smartphone parce que "dans la poche, tu as senti que ça vibrait" mais non, les lumières s'éteignent et le concert commence. Enfin.