jeudi 16 octobre 2014

Valley - EP




 Autoproduit - Septembre 2014


Des fois la vie, c'est pas si simple. Mais il reste toujours trois choses pour redonner le sourire: la famille, les copains et surtout le punk-rock. Et autant dire qu'à ce dernier niveau, j'ai été plutôt servi il y a quelque jours en découvrant le premier EP d'un nouveau groupe Parisien, que j'attendais avec une certaine impatience, après des premiers extraits plus que convaincants. Oui, j'en ai mentionné quelques mots dans ma playlist de cet été, je veux parler de Valley.

Valley, c'est nouveau. Mais pour la recette, faisons les choses simplement.

- Etape 1: La base. Prenez deux mecs habitués aux riffs aérés, un peu mathématiques, mais surtout bien mélodiques. Pour voir le genre, vous avez déjà sûrement entendu Man Is Not A Bird et Lost In Kiev, même si comme moi vous n'êtes peut-être pas tombé à la renverse (ou pas). Bref, "du post-rock? Tout ça pour ça?". Non, pas vraiment. Parce que les gars, en l'occurrence Julian et Phillipe, ils veulent ajouter de l'intensité à tout ça. Des mélodies plus rapides, plus simples, plus punk en somme. Et avec de l'émotion s'il vous plaît. Il faut donc passer à l'etape suivante.

- Etape 2: L'originalité. Bon, les mélodies c'est bien mais il faut quand même recruter fort. En premier lieu, un groupe de punk-rock ne se fera pas sans un bon batteur. Et oui, messieurs-dames, c'est lui qui va donner du punch, et surtout vos oscillations de tête caractéristiques quand vous allez écouter (parole d'homme à baguettes). Arrive donc Julien, qui m'a déjà impressionné par son jeu carré et efficace dans Nine Eleven. Oui effectivement l'écart semble grand mais je répondrais "qui peut le plus peut le moins". Il faudra jouer plus simple et efficace.
Et puis, il faut aussi fédérer, faire lever les bras dans les concerts, faire crier des refrains épiques et hurler des sing-along rageurs, avec un chanteur à la hauteur, j'ai nommé Rémy. Parce que même si j'aime le post-rock, j'ai tendance à préférer des musiques avec chanteur. Ce sera donc le cas.

Bravo, vous avez fabriqué Valley. Merci pour votre attention.

Le résultat est alors incertain. Post-rock? Hardcore? En fait, aucun des deux. Plutôt de l'Emo-punk d'une qualité rare, qui allie un basse-batterie profond et puissant, des mélodies de guitare ultra-travaillées, et un chant raillé mais surtout pas trop gueulard.
Cette musique existe depuis longtemps, c'est sur,  mais elle a été sérieusement remise au goût du jour, notamment en France avec l'émergence de Sport. Depuis, d'autres ont suivi, comme Slice Of Life, avec un côté plus punk, ou Totorro dans un style plus mathématique. On peut tout aussi bien citer Chasing Paperboy, Bâton Rouge ou d'autres que j'oublie sûrement. Au final, les frontières sont minces, mais les sourires et la passion restent.

Je vais pas tourner autour du pot, cet EP, c'est un véritable bonheur à écouter. D'entrée, "Brownie" nous plonge dans le vif du sujet, avec un son clair, de l'efficacité, et de la vivacité. Emo-Punk-Indie complet cette affaire. Je ne peux qu'applaudir des deux mains. Patiemment j'attends ensuite "Jungle Kids", que j'ai écouté des dizaines de fois sans chant sur cette plateforme de vidéos bien connue. Le son est superbe, j'ai juste un peu l'impression que le chant est parfois déphasé avec le reste, même si ce n'est pas si choquant au final. Comme une rencontre sur internet tu vois, tu te fais une idée en voyant les photos et en "chattant" par écran interposé, tu te fais tes films, qui collent à tes propres perceptions. Et puis, l'impression est différente quand tu vois la personne "en vrai", que tu discute en face à face. Il faut passer ce cap, mais dans ce cas précis tu restera quand même séduit. Tout n'est pas parfait, mais c'est bien suffisant.
La fin sera de la même tenue, dans le même esprit, mais peut-être un peu plus instrumental. Tu pourras quand même t'égosiller la voix sur quelques refrains bien pensés, ne t'inquiètes pas.

En clair, 7 titres qui nous font donc passer un moment vraiment agréable. C'est quand la sortie en vinyl? Pas pour tout de suite en tout cas, ça a l'air. Dommage. A défaut, vous y gagnerez quand même un peu de fraîcheur et joie de vivre, quelques trucs qui se font de plus en plus rares. Un grand grand bravo.  











lundi 29 septembre 2014

Split Chroniques #2 - Bâton Rouge VS Torino

      J'avoue, j'ai un faible pour la scène Lyonnaise, vous avez dû vous en apercevoir si vous lisez ce blog, et vous êtes un peu plus nombreux à chaque fois, ce que j'apprécie beaucoup.
      Voici pour vous un nouvel épisode des Split Chroniques, qui cette fois se déroule à Lyon avec deux groupes qui se connaissent bien, j'ai nommé Bâton Rouge à ma gauche et Torino à ma droite.


Peut-être est-il nécessaire de rappeler le principe des split chroniques pour ceux qui débarquent:
  • On choisit deux groupes proches musicalement et/ou amicalement parlant. Ici donc les deux pépites Lyonnaises.
  • Je distribue la liste des questions pour lesquelles les membres de chaque groupe doit disserter et le but est donc que chacun parle... de l'autre groupe, et surtout pas du sien. Bâton Rouge parle de Torino et vive versa. Une idée comme une autre après tout.
Pour ne pas vous laisser dans l'inconnu le plus total, voici une introduction qui va répondre à vos premières interrogations. Ensuite place aux artistes.

Tout d'abord, délocalisons-nous un peu. Je sais pas pourquoi Torino s'appelle Torino, mais cela va nous permettre d'aller faire un petit voyage jusqu'à cette ville d'Italie, bien jolie si ma foi vous avez l'occasion d'y faire un tour (Aperitivo !). On parlera de foot aussi car c'est le thème que nous avons choisi ensemble (hé oui.)

Il y a deux clubs de foot à Turin. D'un côté, la Vieille Dame, la célèbre Juvintus de Turin. Maintes fois championne d'Italie, et d'ailleurs tenante du titre en ce début de saison. Et puis il y a aussi le Torino FC (dites Le Torino, ça suffit). Plus petit club en effet, mais qui progresse vite ces dernières saisons. Avec des joueurs de qualité ils ont terminé 7ème de l'exercice précédent, ce qui est pas si mal au final. Un club qui va monter encore, on l'espère. 

Nos deux groupes du jour, c'est un peu ça.

Bâton Rouge d'une part, c'est la grande "Juve", qui est très performante ces derniers temps et recueille un maximum de supporters à travers le monde. La recette commence à être connue des aficionados de match dans les bars et squats glauques que vous êtes, car vous les avez sûrement vu jouer en direct près de chez vous. Les joueurs sont confirmés, transférés de clubs de renom. Il y a là des membres de Daïtro et 12XU, la crème des club hardcore-screamo Made in France, même si ils étaient ces derniers temps un poil plus en retrait. Mais ils sont pas cramés les gars, et en effet, ça devrait fonctionner. Par contre, dites leur que le jeu hardcore torturé c'est fini, et que la tactique powerpop a atteint ses limites pour l'instant. Parlez leur des nouveaux schémas en 4-4-Emo, de technique punk-rock, et surtout dites-leur de conserver ce si singulier chant en Français, comme on garde toujours sous le coude ce bon vieux jeu à la Nantaise. Vous avez créé Bâton Rouge, une sorte de quintessence d'Emo-punk façon 90's, le chant en Français en plus. Chapeau bas. Néanmoins, face à sa comparaison footbalistique, il manque encore une reconnaissance internationale, qui devrait arriver on espère. Il faudra pour cela continuer à briller sur les scènes Européennes, ce qui ne m'étonnerait pas vraiment.  

Torino d'autre part, c'est le club qui monte, adossé à son "grand frère". le terme est choisi du fait d'une certaines consanguinité (aucun rapport avec une quelconque banderole) qui existe entre les deux groupes. Bref, on peut dire qu'il y a matière à nous procurer un jeu alléchant, qui repose sur des bases punk-rock bien solides. On mise sur des joueurs plus jeunes, qui ont les crocs pour nous montrer tout leur potentiel au plus haut niveau. Mais aussi le gros transfert du mercato, et l'arrivée d'un gros calibre du championnat, qui a vécu, on le pensait en tout cas, ces plus belles années sous les couleurs de, vous l'aurez compris, Daïtro et 12XU. Un joli coup, c'est certain, pour atteindre une nouvelle dimension. Et au niveau du jeu, c'est un plus physique, mais on sent l'agilité et l'aisance technique transpirer à chaque mesure. En plus, on rentre dans la meule, avec des gros riffs punk calibrés pour nous entrer directement dans le cerveau. Luis Fernandez, consultant émérite de BinSport Punk-Rock (ça va arriver vous inquiétez pas) dit d'ailleurs d'eux "T'as deux mecs devant la défense, deux sentinelles, deux 6, et tu sens qu'il va être difficile de rivaliser dans la dimension physique. Du coup le jeu est peut-être un poil plus stéréotypé aussi, plus frileux, mais c'est normal, il faut trouver son équilibre et son identité de jeu. Techniquement par contre, tout est déjà bien mature, et l'efficacité n'a pas été oubliée dans la causerie technique". Un bien bel hommage. Par ailleurs, ils possèdent aussi dans leur jeu cette originalité du chant en Français, qui revient petit à petit à la mode dans les club punk-hardcore à travers la France. La formation évolue, doucement mais sûrement. Et quand on sait écrire des paroles, c'est toujours mieux. La musique et les victoires, oui, mais le l'intelligence des textes du jeu, également.


Quoi que vous puissez penser, la comparaison s'arrête là. Pas d'animosité entre les supporters, et surtout oubliez les simulations inutiles dans la surface scénique de réparation. Ils ont fait une tournée commune, l'occasion de faire leurs preuves, mais aussi pour moi de leur demander un petit effort pour répondre à mes questions un peu décalées en conférence de presse. Certains sont plus bavards que d'autres, comme les entraîneurs de Série A, mais le résultat est concluant. Et sans langue de bois.


1a. Vous en connaissez quoi de ce groupe? c'est qui? Ils supportent quel(s) club(s) de foot au fait?

BR: Torino se compose donc de Rog à la guitare, Féfé à la batterie et donc Gwen à la basse. Gwen joue aussi dans Baton Rouge et on a aussi joué dans Daïtro ensemble... il a aussi joué dans 12XU et Simfela il y a longtemps. On connait Rog depuis pas mal de temps car à l'époque on se croisait et on faisait jouer ses anciens groupes (HK, Pavlov, WhoNeedsMaps?) assez régulièrement. Féfé, idem, vu qu'il est de St Etienne, on se croisait souvent. Féfé a joué dans des tonnes de groupes comme Protex Blue, Ken Park ou encore Take Warning et plein d'autres... Pour les mêmes raisons, Féfé et Rog se connaissent depuis longtemps. Torino a commencé quand Rog et Féfé se sont installés à Lyon.

TO: Bâton Rouge c'est gwen, julien, bol et louib ex daitro et pour des lyonnais chose assez rare fan de toujours de l'ASSE. En vert et contre tous.


BR: Niveau foot, on est plutôt branché OL et Féfé St Etienne. On donne à Féfé l'occase d'entretenir sa haine farouche pour l'OL tandis que nous, en bons gentlemen, avons toujours une pensée sympathique et respectueuse pour l'ASSE. Rog s'est jamais prononcé par contre... coincé entre Gwen et Féfé il se la joue à la suisse... mais son coeur doit en pincer pour le club de sa Saone et Loire natale, le Louhans Cuisaux FC.



2. Première écoute: quelles émotions? A quoi vous avez pensé?
BR:
Julien : Bin ça m'a fait bizarre de voir Gwen jouer sans être à côté de lui héhé ! 10 ans qu'on fait tout ensemble... vu la musique qu'ils aiment, je savais que j'allais être fan dès le premier accord. J'ai été assez impressionné par le côté singulier qu'il y a dans leurs morceaux... c'est humble, sensible et catchy à la fois... c'est un côté que j'adore chez eux.
Samuel: C’était pour un de leur premier concert, dans un bar minus (le bar des capucins à Lyon). J’ai trouvé ça cool, hyper catchy et ça m’a fait super plaisir de les voir jouer. Par contre à la fin Gwen avait sa tête des grand jours, quand il est pas content d’un concert ! mais moi j’avais trouvé ça cool.

TO: Pour la première ecoute indéniablement un mélange entre sonic youth/noir désir /stephane eicher.


3. Ca sonne comment (leur dernier disque - EP) ?

BR: Du punk rock mélodique humble, sensible et catchy à la fois. Supers paroles aussi, faut le souligner. Quelque part entre Naked Raygun / Pegboy et les bons vieux trucs sur No Idea...  Et le prochain disque qui se prépare est un split avec Zero Gain et ça, c'est une excellente nouvelle.

TO: Comme a chaque fois avec bâton rouge autant sur disque que sur scène ça sonne grave.

4. Et en concert/tournée ça donne quoi?

BR: ça parle plus de foot que de musique dans le van, ça ne fait aucun doute. Sinon, comme d'hab, un classique, les batteurs parlent de batterie, les guitaristes parlent d'amplis et gwen parle tout seul du coup. Féfé regarde fixement chaque élément qu'il va frapper, une cymbale ou un tom, c'est assez fascinant à voir. Rog, c'est la force tranquille... et Gwen il est à peu près normal sauf s'il estime que le concert est pas bien où là vaut mieux pas croiser son regard. Ils sont plutôt rigolos et faciles à vivre sinon... ils se sont bien trouvés avec Gwen, ils aiment bien s'arrêter souvent sur des aires pour fumer des clopes et prendre des cafés, ça c'est relou par contre.
BUT: Vous êtes partis ensemble, racontez-nous un peu!

TO: pour les quelques concert fait ensemble ça se passe toujours très bien heureusement qu'il y a torino car nous on est pas très drôle .emo style oblige.

5. Une chanson favorite chez les autres? Pourquoi?
BR:
Samuel : moi c’est « Des zeros et des uns ». La première fois que je l’avais entendue en concert la mélodie m’était restée en tête un bon moment. C’est pas ça le signe d’un bon tube FM ?
Julien : moi c'est "vingt pouclons fumés" ou "Rue de la Ré en controle V"... j'hésite entre les deux...

TO: "Assis sur un banc", en plus gwen et louib trip a fond de la jouer.


6. A votre avis qu'écoutent les mecs de l'autre groupe pour:

- a. Se motiver dans le camion entre deux dates?  
BR: Rien, le van fait trop de bruit.
TO: On ecoute rien pour bien rester concentré.
- b. Faire un dernier câlin à leur être cher avant de partir en tournée?  
BR: Rien, y a pas que la musique dans la vie...
TO: Nos propres disques, ça rend dingue leurs meufs.

- c. Fêter la victoire de leur club de foot favori?  
BR:
Féfé c'est facile : Allez Les Verts
Gwen : "Keeper of the seven keys" de Helloween, parce-que pour lui toutes les circonstances sont bonnes pour nous mettre ce merveilleux morceau. Rog : "Ramada Inn" de Neil Young... il dure 16 minutes, tranquille quoi, grosse teuf, ça met direct tout le monde dans l'ambiance de déglingo mega délire

TO: Forcément un groupe stéphanois!


- d. Fêter la défaite de leur groupe favori? 
BR:
Féfé : Allez Les Verts... 
Rog et Gwen sont compatissants, pas du genre à chambrer...



6. Un dernier truc à balancer ?

BR: Gwen aime pas répondre aux interviews et celle là c'est la meilleure qu'il a jamais reçue




Un GRAND merci à eux!

lundi 15 septembre 2014

La playlist de... #2 - Votre rentrée 2014


L'été se termine. Pas de baratin sur les vacances tout ça, on en a bien trop entendu partout. Par contre, on peut laisser l'été dans notre coeur tout l'hiver avec une petite playlist chaude pour attaquer sereinement l'automne. En plus, elle va mettre en valeur ma spécialité, à savoir découvrir des albums ou des groupes au moins 6 mois après qu'ils n'aient fait le buzz. Merci bien.

Not Scientists - Leave stickers to our grave 7"


Delete Your Favorite Records - Septembre 2014


Not Scientists, on en a déjà parlé ici lors de la coupe du Monde non? C'est bien possible. Mais là, ils ont eu l'idée saugrenue de sortir un 7" avec le même titre que le 12" qui a précédé (vous suivez?), dont au passage je pensais beaucoup de bien. Autrement dit, il y a du neuf.
Voici donc 3 nouveaux titres, toujours dans un punk-rock enjoué, mélodique et avec un accent vintage un peu plus marqué cette fois (en particulier "I wanna be a Spaceship" non?). Il fallait néanmoins un tube, ce qui est fait d'entrée avec "Leave Stickers on Our Graves" (la chanson cette fois). Parfait exemple de pop-punk dans la parfaite lignée du 12" précédent, que j'applaudis des 2 mains. Tout est toujours bien agréable à écouter en fait, en 7 minutes environ chrono en main, même si je dois dire que je suis un poil moins convaincu par le 7" que par le 12". Peut-être que je les préfères plus longues au final. Les productions discographiques de Not Scientists (rhoo).
En attendant donc, allez les voir vu qu'ils vont passer près de chez vous bientôt avec The Copyrights, dont (magie) je parle 3 lignes plus bas. 


The Copyrights - Report


Red Scare Industries - Août 2014


Justement, passons à un mastodonte de la scène pop-punk mélo, j'ai nommé The Copyrights. Alors là, on change de registre tout de suite Mesdames et Messieurs. on parles des USA, donc on mets un gros braquet.
Voici leur nouvel album, le 6ème du nom, à savoir Report. Hé oui, c'est les USA, on va se mettre encore à genoux et faire bouger notre langue entre leurs deux fesses. Ben oui. Mais bon, force est de constater qu'en matière de pop-punk mélodique, c'est eux qui gagnent. Tu vas l'écouter, t'en fais pas.
Tu vas aimer? Peut-être, peut-être pas, mais t'es obligé de reconnaître que la qualité est là, dans tes oreilles. 
Quoi dire d'autre? Pas grand chose, car dès les premiers morceaux c'est comme si tu avait déjà écouté cet album des dizaines de fois. Pop-punk, punk-mélo, c'est toi qui voit, mais j'ai envie de dire que ça marche toujours aussi bien ("Telescope" = alerte au tube), pour te donner la pêche dans un automne morose. Des tubes, de l'efficacité, du catchy, c'est fait, refait, surfait, mais ça fait toujours du bien à entendre! D'ailleurs, je comprends pas comment ces gars peuvent arriver à empiler les chansons comme ça, sachant tout ce qui a déjà été martelé dans ce style, sans que fi nalement tu trouves quelque chose à redire. Réfléchissons-y sérieux quand même. Bref, si tu veux apprendre comment faire des tubes pop-punk de qualité supérieure, tu trouveras donc ici un des meilleurs cours qui soit. Et le mieux, c'est encore d'aller mettre tout ça en pratique la semaine prochaine quand ils passeront près de chez toi à Lyon, Morthomiers, Clermont ou Toulouse (oui Besançon et Sélestat tu les as déjà vus la semaine dernière, chacun son tour) ! 



Prawn - Kingfisher




A vrai dire, l'automne, c'était un peu déjà ça cet été chez moi, au vu du mois d'Août le plus pluvieux depuis que Greenday a pas sorti un bon album (autant dire depuis l'invention du punk-rock sûrement). Il a fallu donc se tourner vers les chansons qu'on peut écouter calmement dans son canapé, regardant ce magnifique brouillard qui englobe les montagnes pour la 5ème journée consécutive. Ce que j'ai fait.
Je vais parler ici d'un groupe que je ne connaissais que trop vaguement pour m'y intéresser plus avant, à savoir Prawn. Pourtant j'étais (et je suis presque encore) dans ma mouvence Indie-Emo-Pop-Punk-plein-de-joie-de-vivre, mais j'avais raté le coche. Raison suffisante pour se rattraper.
Je tombe donc, presque par hasard, sur Kingfisher, le nouveau disque de Prawn, et j'ai été quasi-instantanément emporté. Un Emo pop vraiment riche, autant au niveau des mélodies, que de la qualité instrumentale. C'est superbe, et vraiment j'en redemande. Calme sans être niais, mélodique sans être cliché, émotionnel dans le bon sens du terme. Il ne reste plus qu'à dire bravo, et que ce disque risque de plaire à beaucoup de gens.  Moi le premier.

PS: A noter qu'ils seront en tournée pour quelques dates en France (Paris au moins) avec les skate-punkers anglo-saxons de Gnarwolves (affiche un peu bizarre, il est vrai), dont on devrait reparler bientôt.


Buried Option - Downward



Co-production (Slow Death, PP&M, Say Cheese, Never Heard Of It, Frisbee Records et Temple Garden Records) - Avril 2014

Buried Option, c'est Français, c'est du punk-rock et ça commence à faire parler d'eux. Des concerts, un Pouzza Fest à Montréal, le CV tend à se remplir. Un EP 12" sorti en coproduction avec différents bons labels Français, sérigraphié et tout, je vois que les choses ont été bien faites.  J'ai donc écouté avec attention.
Au niveau de la musique, on est dans le punk-rock, efficace, et sans fioritures, à l'image de leur compères The Early Grave avec qui ils ont partagé quelques dates récemment. Après un début sans réelle étincelle, je suis interpellé par "Mandrake Falls" autrement dit un bien bel exemple de leurs capacités punk-rauques, avec un riff de début aguicheur, un refrain qui tache et une interlude plus calme, qui tend vers l'Emo, et qui j'avoue m'a ravi. Je sens un héritage fort de la scène Française des années 90-2000, Second Rate en tête (notamment sur "Where the Sun Gores Down Part II") et je pense qu'ils sont sur la bonne voie.
En somme, même si je ne suis pas complètement convaincu, je ne peux pas faire de vrai reproche à ces 6 titres, si ce n'est peut-être un peu de maturité qui va se gagner en avalant les kilomètres et les gouttes de sueurs frontales en salle de répétition. Ce que je peux dire par contre, c'est que sans faire battre mon coeur à la chamade, j'ai pris plaisir à voir que la flamme punk-rock continue de briller du côté d'Orléans. Et qu'elle risque bien de prendre de l'épaisseur au fil des années avec l'évolution future de Buried Option.


I am The Avalanche - Wolverines



I Surrender Records - Mars 2014
 http://www.iamtheavalanchenyc.com/

Fidèle à mes 6 mois de retard pour découvrir des groupes, je me suis attaché à écouter le nouvel album de I am The Avalanche il y a peu, sachant qu'il date de Mars 2014. Si j'avais pu le faire avant je l'aurais fait hein, mais ça me donne une bonne occasion de vous remettre un peu de soleil dans la tête avant d'attaquer les jours où quand tu travailles pas il fait nuit. 
Au niveau de la musique, I am The Avalanche, c'est un peu du rock de stade, mais qui ce joue pas dans les stades. Vous suivez? Bon. Il y a rock de stade ET rock de stade. Le "vrai" rock de stade, au sens premier du terme ( celui qu'on aime bien entendu) c'est Foo Fighters, et là pour le coup même dans un stade c'est trop petit pour accueillir tout le monde. Là, on parle de rock de stade beaucoup plus abordable. Beaucoup plus abordable que The Gaslight Anthem aussi d'ailleurs, qui a succombé à une vague (ultra-)populaire (le dernier album là, tu l'as écouté?). Du hard discout un peux vous dites? Pas vraiment quand même, car la qualité est au rendez-vous.I am The Avalanche donc, c'est plutôt de l'artisanat local abordable, direct du producteur au consommateur. On oubliera vite l'intro méchamment pompée sur "Start Me Up" des Rolling Stones (j'espère que c'est voulu, mais ça mérite presque une disqualification d'office), mais pour le reste c'est du rock à tendance punk navrant de simplicité, mais qui entre si bien dans ton cerveau. Il faut de la musique comme ça parfois, ça ravigotte. Mention spéciale pour "Where Were You?" qui sonne tellement foofighter-esque, qu'on en oublie l'originale.
En résumé, pas grand chose de neuf mais ça fait plaisir quand on a le mal du rock simpliste et efficace.


FAVEZ - Old and Strong in the Modern Times


Avril 2005

I am the Avalanche, ça m'a rappelé au bon souvenir d'un groupe Suisse que j'ai longuement écouté il y a quelques temps,qui pourtant n'a à pas tant de choses à voir, mais on est pas à une contradiction près. Du coup, je vais terminer cette playlist avec Favez, un groupe Suisse qui nous indique à merveille sa situation géographisue dans l'album qui les fait connaître, à savoir From Lausanne, Switzerland. J'aimerais aller un peu plus en arrière pour parler de Old and Strong in the Modern Times, que j'ai écouté une sacré bande de fois après sa sortie en 2005. Plutôt orienté post-punk à ses débuts, le groupe s'est mué en indie-rauque simpliste, lourd, qui prends son temps, un peu à l'image de groupes comme Sparta par exemple.
Old and Strong in the Modern Times, c'est parfait pour ta meuf qui n'aime pas "quand ça crie" et aussi pour toi qui apprécie quand "ca envoie (quand même) du bois".
Bref, une bonne raison de réécouter cet album, après quasiment 10 ans, surtout que les sorties qui ont suivies sont vraiment "foo-fighterseques" pour le coup, même si il y a un côté plus pop que je n'apprécie plus vraiment.


Allez A+ !

mercredi 10 septembre 2014

Water Mane - Greetings From The Basement

NOTE DE COMMENCEMENT: j'ai cru comprendre lors d'une émission de radio que les membres du groupes dont je m'apprête à faire la chronique n'aime pas vraiment les anglicismes, ou du moins les évitent car c'est rigolo. Ca tombe bien, le directeur de mon diplôme bac+5 de physique lors de ma soutenance de stage en 2012 était de la même trempe, même si il rigolait beaucoup moins. J'ai dû faire sans mots de langue Anglaise dans tout mon rapport, je vais donc essayer de faire pareil aujourd'hui. A chaque tentative de traduction douteuse je mettrai un lien si vous êtes perdus. Par contre je prendrai peut-être quelques libertés sur la traduction. Merci pour votre compréhension.






Ah la France qui bouge. Celle qui nous fait plaisir pour la rentrée (Excellent!) en sortant son premier vrai album. Même si il n'est pas encore totalement sorti (ce sera fait le 19 Septembre), il est déjà en écoute intégral sur le camp des groupes. Je parle ici de Water Mane, pardon Crinière d'eau (vous avez compris maintenant). Ce groupe, je l'ai découvert un peu parce qu'il semble qu'il soit le chouchou de Guillaume qui dirige l'émission Rejoindre Le Cirque à Montpellier. Mais surtout, parce que je leur voue une admiration sans bornes depuis que je les ai vus en concert à Grenoble. Mais pas n'importe quel concert, non Monsieur. Ils se sont produits au "Dock", cette minuscule salle réservée d'ordinaire aux métalleux plein de noir et de râles gras les deux doigts extrêmes de la main (si on enlève le pouce) tendus vers le ciel. J'aime pas trop. A vrai dire, voilà le seul et unique concert de punk-rock que le Dock ait jamais accueilli. La raison principale? le punk-rock, ça joue trop fort. Même en mettant du gaffer sur les cymbales et presque en chuchotant. Puis ça ramène pas trop de monde, même si la "salle" ne peut en contenir que 40 tous mouillés. Un groupe Grenoblois en première partie, des jeunes, puis un autre dont j'ai oublié le nom, désolé, qui pour faire quelques balances commencent a jouer un chanson paranoïde des célèbres Shabbat Noirs. Ca donne le ton. Par la suite, un concert particulièrement alcoolisé pour les gonzes de Crinière d'eau, où le fameux "jus de swagg" a coulé à flots, mais bon c'est pas si souvent qu'on se marre comme ça à Grenoble. Depuis ce concert et notre magnifique discussion sur les compilations du magazine "feu" Punk-Rawk (moi avec les chapeau de garçons à vaches et eux avec leur ancien groupe qui parlait d'objets volants non-identifiés) dans le van des montpellierains sur fond de vin dégueulasse, je les suis de près. 

Pourtant Crinière d'eau, ce n'est pas comme qui dirait de la pure violence. C'est plutôt du punk-rawk simple, efficace, et joué de mieux en mieux au fil de leurs années d'existence, il faut le dire. Après quelques sorties minimes en nombre de chansons, il fallait passer à plus grand, en l'occurrence un disque complet, une longue production (LP) sobrement nommée "Salutations du sous-sol".

Quand j'écoute, je pense de suite à "Faire avec ce qu'on a et Rafistoler", un groupe que j'adore, et à la scène punk-rock estampillées Floride que l'on connait tous. Du punk-rock somme toute basique, avec des jolis arpèges joyeux, soutenus pars des parties de guitare efficaces, un basse batterie qui tourne simplement et surtout 4 chants. Car c'est bien la particularité du groupe, 4 voix, toutes assez différentes, tantôt assez rauques, tantôt plus aigües. Les choeurs sont puissants, clé de voûte de ce style musical (le refrain de fin de "Comment pourrait-il être pire?"). C'est vraiment agréable, même si au fil de l'album j'ai l'impression qu'il manque de la spontanéité et un peu d'entrain. C'est un poil mou en fait, même si tout est parfaitement en place. Peut-être trop d'ailleurs, à la mode de l'enregistrement "live" où l'on veut garder ce qui se passe dans l'instant, quitte à perdre la mise en place parfaite. Ce dont je suis plutôt adepte il faut dire. 
Par exemple: qu'est ce qu'il s'est passé avec Midnight Thought, pardon Pensée de Minuit? Oui  car il se trouve que ce titre en particulier était déjà sur un EP/démo précédent et que je le trouve meilleur que sur l'album. Peut-être plus spontané, un peu plus rapide, avec plus de pep's au final. C'est un VRAI tube, avec tous les ingrédients nécessaires (simplicité, efficacité encore une fois). Ici on perd un peu cette âme et c'est dommage. Enfin, la structure, les chants, les parties de guitares restent les mêmes, et je maintiens cette chanson comme un tube, mais il demeure cette petite pointe de déception en fond.

Surtout que j'ai envie de m'emballer. J'aime cette musique choisie avec goût, la variété des chants, la puissance de certains passages, l'ensemble cohérent et sincère. En retrouvant une spontanéité perdue, et quelques BPM laissés en route, je peux tirer totalement mon chapeau. C'est une musique vraiment bien faite, pensée pour faire plaisir, sur son vélo avec son être cher le long d'un canal ensoleillé. Du punk-rock plaisir comme il en faut.

Et à la fin, un peu de fraîcheur acoustique, qui me fait vraiment penser à des sessions des Fils du Buddha, ou des mecspeucommunsvenusdemars. Une bien belle manière de refermer ce premier album. 

En résumé, ça me rentre dans la tête, ça me file le sourire, et je suis content d'écouter cet album à chaque fois. Pour le reste, on patientera encore un peu va.

Ils seront en tournée bientôt, allez les voir et achetez leur disque !


lundi 1 septembre 2014

Aviator - Head in the Couds, Hands in the Dirt



No Sleep Records - Août 2014


Naviguer de page bandcamp en page bandcamp sur les internets ça a du bon. Et là, je dois dire que je suis sur le cul.

Je ne suis d'ailleurs pas loin de penser que c'est un de mes albums de l'année. Pourquoi?  Pour un mélange assez étonnant qui donne un album vraiment varié, à la frontière du hardcore, du post-hardcore, de l'emo, de on sait pas trop quoi au final. En tout cas, je peux vous promettre un voyage intéressant, et avec des Aviator(s) de ce genre on ne peut s'attendre qu'à survoler les sommets. Revue de détails.

Tout d'abord, en prenant nos billets, on sait pas trop pour quel voyage on va partir. Ce qu'on sait, c'est que la compagnie est plutôt sure, No Sleep Records c'est quand même du sérieux. Un genre d'American Airlines du punk-rock, avec des liaisons connues comme La Dispute bien sur, mais aussi Touché Amoré, Balance and Composture ou No Trigger pour les plus punk. Des groupes que j'aime bien en fait. Dans leur historique, quelques vols désagréables (Into IT. Over IT. ou The Wonder Years ?) mais pas de vrai catastrophe industrielle (bon je connais pas tous les groupes non plus, si vous êtes pas d'accord tant pis pour vous). Une compagnie sure donc. On se doute bien qu'on va aller vers une destination hardcore moderne, avec peut-être du punk-rock, de l'Emo mais aussi des choses un peu plus variées, progressives diront certains. Un destination attirante, mais sans nous faire rêver plus que ça de prime abord.

Concernant la destination, à priori difficile de savoir. Alors comme tout le monde tu regardes sur internet, tu cherches un guide pour qu'il te montre les trucs ou t'es sûr d'avoir un maximum de monde quand t'y seras. Tu sais le genre "allez dans cette auberge ultra typique, minuscule ou l'on sert de la bouffe locale, et goûtez le fameux gâteau machin". T'arrives dans ce fameux truc c'est ultra blindé, car tout le monde a aussi lu le même guide et a fait comme toi. T'attends des heures, tout ça. Bien ouèj' mec. Tu manges, ça peut être super bon comme banal, ça dépends. Mais c'est sur, tu raconteras quand même à tes amis en rentrant ton expérience de la tipicité locale (si t'as pas posté une photo de me**e de toi en train de bouffer sur instagramme). Passons, je m'égare beaucoup trop. Juste pour dire que j'espère ne pas vous envoyer dans un de ces endroits. Head in the Clouds, Hands in the Dirt est le premier disque long format d'Aviator, et je souhaite que vous écoutiez cet album sans que tout le monde vous en ait parlé avant. Car, il est vrai que j'ai souvent du retard à l'allumage pour dénicher des "nouveaux" groupes. Mais comme qui dirait ce footeux célèbre, peut-être que la routourne va tourner.

Reprenons.

L'embarquement et l'arrivée dans l'appareil fait bonne impression. Design soigné avec un artwork simple mais vraiment beau. Pour la version LP il y a apparemment un vinyl blanc et rouge qui s'annonce de toute beauté. En clair, l'hôtesse de l'air à un joli petit cul, et même si au final on veut juste arriver à destination c'est quand même un plus (merci au passage pour cette remarque totalement matchiste, c'est cadeau).
    
Le décollage est splendide. "Pipe Dreams", une merveille d'introduction avec un riff qui te colle le tympan à l'enceinte en moins de deux. Oui, on va avoir droit à de l'émotion, en témoigne ce refrain que tu chanteras longtemps sous ta douche. C'est à la limite du déjà-vu mais personnellement j'ai adoré. Moins d'éloges pour la suite, ou on est plutôt dans le Emo-Harcdore comme on dit, mais moins transcendant toutefois. Il commence à y avoir quelques turbulences, pour le coup c'est assez vu et revu. Mais ne cédons pas à la panique et faisons confiance au pilote. 
Durant le vol arrive "There Was a Light". Et là, j'ai vraiment l'impression de retrouver des groupes que j'avais oublié, notamment These Arms Are Snakes, confirmé par la suite ("Head Noise" non?). Du presque post-hardcore efficace, tranquille, mais auquel on a ajouté un côté plus intime, plus La Dispute en somme ("There Was A Light" ou surtout "But I won't be there" ). Un mélange entre du post-hardcore bien efficace, et un côté plus mélancolique, plus humain. C'est sûrement ce rappel qui me fait aimer Aviator, car j'ai toujours été un grand fan de These Arms Are Snakes et je retrouve les mêmes codes ici, tout en cédant à la hype de l'émotion, ce que j'apprécie volontiers.

Ah on a même le droit à une intermède plus violente, aussi violente que les brulures d'estomac provoquées par ces pâtes à la sauce "je-sais-pas-trop-quoi" qu'on te sert pendant un vol long courrier (tu les a pas mangé parce que t'avais faim d'ailleurs, mais juste pasque t'avais rien d'autre à foutre entre ta pseudo-sieste assise dans ton siège et la diffusion de films déjà vus). Avec "Forms" mais surtout "I hold Myself in Contempt" le tempo augmente, pour friser le punk-hardcore et ça fait du bien de lâcher les chevaux. Ils en sont aussi capables et je pense que c'est une force, pour ajouter un gros contraste à cet album déjà très intéressant.

Au final, le vol se passe sans encombres. Quelques titres plus intimes pour terminer, ça change encore un peu, pour atterrir en douceur et finir le voyage de manière très agréable, avec ce titre "Fever Dreams" assez aérien et aéré.

Résultat des courses: Ce groupe est vraiment à suivre, et je ne sais pas si l'occasion nous sera donnée un jour de les voir en vrai direct, mais ça devrait être particulièrement savoureux.un de mes albums de l'année peut-être donc, à moins que je fasse encore de plus belles découvertes, sur terre ou dans les airs.






mardi 19 août 2014

Contradictoire - le sens de la vie






Auto-produit


Au début, j'étais un peu embêté. J'aime bien quand les groupes m'envoient des p'tits E-mails pour me demander de parler de leur disque. J'écoute volontiers, des fois j'aime bien, des fois j'aime pas. C'est un peu comme la vie en fait ( lolilol). Il m'arrive d'ailleurs de choisir de pas trop en parler, faire une chronique pour dire que c'est pas bon juste pour descendre le groupe c'est pas trop mon truc. Mais en même temps, il faut encourager les gens qui veulent se lancer, donc un peu de promo honnête n'est pas de trop.

Bref, j'ai donc reçu ce mail d'Arthur du groupe Contradictoire, un nouveau groupe de punk-rock qui est né du côté d'Angoulême. Et je dois dire que j'ai été un peu embêté, comme j'ai dit. D'un côté, après quelques écoutes, j'ai pas trouvé grand chose à dire. Du punk-rock mélo somme toute assez basique, sorti d'un groupe que je pense jeune, qui manque sûrement de maturité. En bref: un style de musique punk-mélo à roulette vu et revu duquel il est difficile de sortir du lot. En plus, ça chante en Français. Aïe. J'ai souvent eu du mal, surtout quand les paroles font un peu "Ado" comme ici, sans savoir si tout est vraiment voulu. 

Autant dire que c'était super mal parti. Mais bon, il m'est resté truc dans la tête pendant un moment. Et ce truc, c'est le refrain de la chanson "Papy Jacques" qui m'a fait un peu marrer, sans vraiment savoir si il fallait prendre ça comme une chanson ironique ou pas. Contradictoire vous avez dit? C'est ça. Du coup, je me lance dans ces quelques lignes, pour tenter une sorte de chronique contradictoire de contradictoire.


On commence avec "Physique ou mentale", une chanson qui parle des agressions que l'on peut subir de manière répétées, et qui nous touchent toujours un peu plus. Sujet louable s'il en est, mais écrire des paroles en français, c'est pas si facile que ça. 
Première contradiction: en Français, c'est facile de dire que les paroles sont pas terrible. Ca donne d'autant plus de mérite aux groupes qui y arrivent bien, comme par exemple Amanda Woodward en son temps, et Guerilla Poubelle en plus punk-rock, pour qui mon intérêt a grandi avec leur dernier album Amor Fati d'ailleurs ("Martin Luther (Burger) King"). Mais si ça avait chanté en Anglais on aurait dit quoi? Surement un truc bien différent. Donc concentrons-nous sur la musique en oubliant quelque peu la langue.

Pour ça, les grandes roulettes, le punk-rock mélodique, ça nous connaît. On a vu passer des kilomètres de bandes de groupes dans le genre. Ici, c'est pas mal, sans être transcendant. Le son est assez moyen, mais tout le monde ne peut pas enregistrer avec une production de fou. La batterie est bien triggée (bien trop pour moi, enfin c'est très personnel, c'est le style qui veut ça), la basse un peu râpeuse, mais le mixage tient la route. Les choeurs sont bien présents, et ma foi on a entendu bien pire.   
Deuxième contradiction: qu'est ce qu'on fait quand le son d'un disque nous plaît pas? Pas facile. D'un côté, pas facile de l'oublier, et c'est un truc auquel je fais vraiment attention. D'un autre, une fois qu'on a dit ça, il reste quand même de la musique. Les structures, les lignes de chant, les riffs. Ici, la chronique doit être différente de celle qui parlerait du dernier EP de Four Year Strong par exemple, où j'aurais aucun mal à dire que c'est nul. ZERO.  Ici, il faut plutôt  rester mesuré. les structures sont assez solides, les choeurs présents, la batterie en place. Et dans ce contexte, c'est pas mal.  La moyenne, en somme.  

La seule mention spéciale qu'on peut donner, c'est sur "Papy Jacques" une chanson assez rigolotte sur un pépé qui peut ressembler un peu au nôtre. je prends cette chanson avec ironie, et je dois avouer qu'elle m'est rentrée dans la tête assez facilement. Comme quoi il y a du potentiel, si on creuse un peu la surface.
Troisième contradiction: c'est beaucoup plus personnel. Dites moi si ça vous fait ça aussi, mais dès que j'ai un truc de punk-rock mélo dans le disque dur de mon téléphone intelligent, je peux pas m'empêcher de l'écouter souvent, même si je trouve ça bateau et réchauffé. Four Year Strong, The Story So Far, A Wilhelm Scream, ou Polar Bear Club. J'essaye de pas trop me dé-crédibiliser, mais ça me fait ça souvent. Je SAIS que je vais l'écouter 30 fois. Cette chanson, c'est un peu ça, je l'ai écouté plusieurs fois, chanté même un peu, même si j'y ait trouvé rien de spécial. Contradictoire j'ai dit.  

Ensuite, j'ai plus de mal à parler du reste. Du punk-rock sincère,mais sans plus, sans assez de contenu pour vraiment s'emballer. Mais bon, il y a quand même les encouragements du jury!

Ca va venir les gars, ça va venir !





   

vendredi 8 août 2014

More Dangerous Than A Thousand Rioters -S/T





Ca y est. C'est fait. Comme annoncé dans les split chroniques #1, voici le premier LP des Alsaciens de More Dangerous Than A Thousand Rioters et c'est pas faute de vous avoir prévenu. Autant l'annoncer d'entrée, la guerre est déclarée. On a beau être plus ou moins pacifistes, à un moment il faut que ça pète et là, on ne peut que constater les dégâts.

Tout comme les Inglourious Basteards, les membre de l'unité d'élite More Dangerous Than A Thousand Rioters ont été savamment choisis dans la crème des bataillons Strasbourgeois. On compte ainsi des soldats de différentes unités respectées comme The Boring, BG du 57, et quelques autres. Une unité d'élite Alsacienne donc.
Avant l'assaut, il faut s'atteler à un entraînement intensif. Pour cela, il faut suer des heures et jours durant dans les sous-sol de la Maison Bleue aux alentours de Srasbourg, et je peux vous dire que cela forge une expérience de taille. Ensuite, pour prouver que vous êtes capable d'aller au combat, il faut enregistrer un premier EP et partir en mission aux 4 coins de l'Europe. En particulier, vous irez en camping-car vintage dans les rudes conditions de l'Europe de l'Est chaque été, où vous serez soumis à une batterie de tests intenses en émotion. Votre capacité à enchaîner les dates sera aussi mise à rude épreuve. Et poussez plus fort pour démarrer cette bagnole !
Dans le cas de notre unité, tous ces tests ont été passés avec succès. Mais le vrai combat, c'est autre chose. Pour preuve, il faut endurer la moulinette ultime d'Amaury Sauvé, qui a entraîné des unités d'élites Françaises prestigieuses comme Birds In Row ou Nine Eleven, pour en faire des machines de guerre.
Alors enfin, avec cet album enregistré, vous êtes prêts. Fin prêts.


A Strasbourg donc, on aime la violence. Et ça ne date pas d'hier. On aime le screamo, le hardcore, et cet album auto titré le fait savoir. On perpétue la tradition de bon nombre de groupes qui sillonnent ou ont sillonnés les routes de notre pays avec un hardcore chaotique, crié, tendu, qui prends aux tripes.
J'avais déjà salivé avec leur premier EP, un savant mélange entre hardcore "moderne" et screamo. Le début de cet album est de la même trempe, le son en plus. Pour le coup, ça sonne vraiment bien mieux, vraiment bien tout court d'ailleurs. Batterie "hardcore moderne" ( je veux dire: grosse caisse profonde et précise, caisse claire cinglante et cymbales en retrait), grosses guitares bien en place, et basse lourde qui vient parfaitement compléter le chant aigu, agressif mais sans sur-couche. Comme quoi on peut prendre de l'envergure avec un son à la hauteur. Et surtout, enregistré live. Il faut avoir les cou***es et la compétence pour le faire, mais tout est tellement plus cohérent. Bien vu.
Au fil de l'album, j'ai l'impression qu'on s'oriente aussi vers un screamo vif, arraché et violent, à la Comadre, Raein et consorts. Ca me plaît, sans aucun doute, même si j'aurais peut-être aimé un peu plus de finesse par instants. Mais bon0, je sais que j'ai parfois tendance à être un peu vite rassasié, et à trouver le temps long un peu vite. Dans tous les cas, la maîtrise est vraiment présente, et l'évolution flagrante.
Surprise, il y a même du chant en Français, dans la tradition de Daïtro ou plus vraisemblablement Amanda Woodward et confrères. Deux chansons, deux points de ruptures, qui contrastent dans le chant mais pas dans la musique, toujours aussi tendue et violente.
En vitrine par ailleurs, "May 1st 1955" nous renvoie au hardcore moderne de Defater ou Modern life is War, et j'apprécie la référence. L'alternance entre ce type de morceau ("Wackelkontact"), d'autres clairement orientés plus screamo violence ("With Spades and Hoes and Plows"), ou encore certains à la frontière des deux ("A Quack Nostrum", "Perpetual War") donne à cet album une cohérence intéressante, qui montre d'une façon globale une richesse supplémentaire dans la musique de More Dangerous Than a Thousand Rioters. Et je vous conseille vivement d'aller y jeter une oreille.

De toute façon, si vous ne le faites pas, j'espère qu'ils passeront par chez vous, et si c'est le cas je ferai attention à votre crâne. Cet album, c'est la guerre maîtrisée, avec des armes aussi lourdes que les paroles sont engagées. C'est une guerre de professionnels, prêts à venir en découdre sur les champs de bataille du monde entier.

Ecoutez-moi ça de suite, que je retrouve pas votre scalp accroché au mur de leur Maison bleue.