vendredi 8 août 2014
More Dangerous Than A Thousand Rioters -S/T
Ca y est. C'est fait. Comme annoncé dans les split chroniques #1, voici le premier LP des Alsaciens de More Dangerous Than A Thousand Rioters et c'est pas faute de vous avoir prévenu. Autant l'annoncer d'entrée, la guerre est déclarée. On a beau être plus ou moins pacifistes, à un moment il faut que ça pète et là, on ne peut que constater les dégâts.
Tout comme les Inglourious Basteards, les membre de l'unité d'élite More Dangerous Than A Thousand Rioters ont été savamment choisis dans la crème des bataillons Strasbourgeois. On compte ainsi des soldats de différentes unités respectées comme The Boring, BG du 57, et quelques autres. Une unité d'élite Alsacienne donc.
Avant l'assaut, il faut s'atteler à un entraînement intensif. Pour cela, il faut suer des heures et jours durant dans les sous-sol de la Maison Bleue aux alentours de Srasbourg, et je peux vous dire que cela forge une expérience de taille. Ensuite, pour prouver que vous êtes capable d'aller au combat, il faut enregistrer un premier EP et partir en mission aux 4 coins de l'Europe. En particulier, vous irez en camping-car vintage dans les rudes conditions de l'Europe de l'Est chaque été, où vous serez soumis à une batterie de tests intenses en émotion. Votre capacité à enchaîner les dates sera aussi mise à rude épreuve. Et poussez plus fort pour démarrer cette bagnole !
Dans le cas de notre unité, tous ces tests ont été passés avec succès. Mais le vrai combat, c'est autre chose. Pour preuve, il faut endurer la moulinette ultime d'Amaury Sauvé, qui a entraîné des unités d'élites Françaises prestigieuses comme Birds In Row ou Nine Eleven, pour en faire des machines de guerre.
Alors enfin, avec cet album enregistré, vous êtes prêts. Fin prêts.
A Strasbourg donc, on aime la violence. Et ça ne date pas d'hier. On aime le screamo, le hardcore, et cet album auto titré le fait savoir. On perpétue la tradition de bon nombre de groupes qui sillonnent ou ont sillonnés les routes de notre pays avec un hardcore chaotique, crié, tendu, qui prends aux tripes.
J'avais déjà salivé avec leur premier EP, un savant mélange entre hardcore "moderne" et screamo. Le début de cet album est de la même trempe, le son en plus. Pour le coup, ça sonne vraiment bien mieux, vraiment bien tout court d'ailleurs. Batterie "hardcore moderne" ( je veux dire: grosse caisse profonde et précise, caisse claire cinglante et cymbales en retrait), grosses guitares bien en place, et basse lourde qui vient parfaitement compléter le chant aigu, agressif mais sans sur-couche. Comme quoi on peut prendre de l'envergure avec un son à la hauteur. Et surtout, enregistré live. Il faut avoir les cou***es et la compétence pour le faire, mais tout est tellement plus cohérent. Bien vu.
Au fil de l'album, j'ai l'impression qu'on s'oriente aussi vers un screamo vif, arraché et violent, à la Comadre, Raein et consorts. Ca me plaît, sans aucun doute, même si j'aurais peut-être aimé un peu plus de finesse par instants. Mais bon0, je sais que j'ai parfois tendance à être un peu vite rassasié, et à trouver le temps long un peu vite. Dans tous les cas, la maîtrise est vraiment présente, et l'évolution flagrante.
Surprise, il y a même du chant en Français, dans la tradition de Daïtro ou plus vraisemblablement Amanda Woodward et confrères. Deux chansons, deux points de ruptures, qui contrastent dans le chant mais pas dans la musique, toujours aussi tendue et violente.
En vitrine par ailleurs, "May 1st 1955" nous renvoie au hardcore moderne de Defater ou Modern life is War, et j'apprécie la référence. L'alternance entre ce type de morceau ("Wackelkontact"), d'autres clairement orientés plus screamo violence ("With Spades and Hoes and Plows"), ou encore certains à la frontière des deux ("A Quack Nostrum", "Perpetual War") donne à cet album une cohérence intéressante, qui montre d'une façon globale une richesse supplémentaire dans la musique de More Dangerous Than a Thousand Rioters. Et je vous conseille vivement d'aller y jeter une oreille.
De toute façon, si vous ne le faites pas, j'espère qu'ils passeront par chez vous, et si c'est le cas je ferai attention à votre crâne. Cet album, c'est la guerre maîtrisée, avec des armes aussi lourdes que les paroles sont engagées. C'est une guerre de professionnels, prêts à venir en découdre sur les champs de bataille du monde entier.
Ecoutez-moi ça de suite, que je retrouve pas votre scalp accroché au mur de leur Maison bleue.
mercredi 30 juillet 2014
Violent Sons - Nothing As It Seems
Bridge 9 records - Juillet 2014
Verse. Un nom parmi d'autres qui
résonne dans la tête de beaucoup. Mosh pits, sueur et postillons de
chant crachés à s'en râper la gorge. Pour moi, ça évoque des
premiers contacts avec le punk-hardcore, il y a longtemps.
Celui qui reflète cette culture, cette façon de vivre, ces idées.
Donc quand j'entends que le chanteur de Verse à un nouveau projet,
je m'empresse d'aller écouter ça.
A l'époque du hardcore « moderne »,
un peu de tradition n'est peut-être pas mal venue. Revenir un peu à
la base. En quelques sortes, c'est ce que nous propose Violent Sons,
avec ce premier album.
Vous allez me dire : « c'est
quoi, la base ? ». Ben c'est ça. Du punk-hardcore
violent, parfois noir, mais toujours tendu. Des passages épiques
pour chahuter dans le pit, et pour que tout le monde s'égosille en
chantant ces choeurs fédérateurs. Lent mais pas trop. Rapide mais
pas trop. Très, engagé, c'est certain. C'est ça, la base du
punk-hardcore les amis. Ca te rentre dans le lard et t'en redemandes.
Mais des fois, les retours ou les
nouveaux groupes avec des membres reconnus, c'est pas si bien que ça.
Alors tu le penses pas trop fort mais avant d'écouter t'espères
quand même que ça sera à la hauteur. Et c'est bien mon cas
maintenant. Go !
Et ça part dur. Intro sombre, puis
grosse batterie lente sur les toms, avec une ligne de basse de
l'enfer, et un chant rageur, qui t'attaques sans préavis. Letter
from the future :
« They came down from the skies,
absolute with power and beady in the eyes.
we were all destroyed or forced into submission.
Your wealth, slavery and genocide in our names didn't do shit.
but we still live through it.
There will be no sides to take. the ones with the most will lose the most.
the ones at the bottom will survive on the scraps.
The apocalypse was justified.
They came for names, they came for justice.
They came for revenge and destruction. »
we were all destroyed or forced into submission.
Your wealth, slavery and genocide in our names didn't do shit.
but we still live through it.
There will be no sides to take. the ones with the most will lose the most.
the ones at the bottom will survive on the scraps.
The apocalypse was justified.
They came for names, they came for justice.
They came for revenge and destruction. »
Le changement prôné ici est plus que
radical c'est certain, et on en attendait pas moins. Ceux d'en haut
vont périr, ceux d'en bas survivront. Caricatural ? Pas si sur.
En tout cas pour revenir au présent, pas de doute, ça va bastonner
sec dans vos tympans pendant les 20 prochaines minutes.
On passe déjà à la suite, sans avoir
eu le temps de comprendre. Les guitares arrivent, acérées,
profondes. Le chant est tellement hargneux que t'as l'impression
d'avoir affaire à un gars qu'on a empêché de parler pendant dans
années, et qui a tant de chose à dire, si vite, si violemment. Les
codes punk-hardcore sont tellement bien maitrisés, les morceaux
s'enchaînent parfaitement sans presque aucune pause. Sans presque
aucun répit. Aucune pitié même.
Il ressort une musique qui n'est pas
simplement l'héritage du punk-hardcore que verse a largement
contribuer à inventer et populariser. Il y a des touches de hardcore
plus lent, un son plus gros, moins de grandes sessions de roulette à
perdre la tête. Je pense au dernier album de Gallows par
exemple, pour le côté lourd, mais en (bien) mieux. Cependant avec Violent Sons,
il y a aussi toujours une référence bien présente aux inventeurs de styles
que sont Verse, Anither Breath et autres.
Mais en avançant, tout se modifie un peu. Faith Pushers a des faux airs de Converge avec une limitation de vitesse, ça sonne plutôt mieux pour moi. Les chansons se dévoilent d'avantages, et effectivement il y a une pointe de guitare presque heavy qui se distingue du lot. Converge, oui, c'est certain maintenant, Late Bloom est là pour le confirmer avec ce petit tapping qui ressort de la masse punk-hardcore traditionnelle (roulette et guitare linéaire). C'est plutôt cool en fait, et ça apporte une touche un poil plus originale qui n'est pas pour me déplaire.
Mais en avançant, tout se modifie un peu. Faith Pushers a des faux airs de Converge avec une limitation de vitesse, ça sonne plutôt mieux pour moi. Les chansons se dévoilent d'avantages, et effectivement il y a une pointe de guitare presque heavy qui se distingue du lot. Converge, oui, c'est certain maintenant, Late Bloom est là pour le confirmer avec ce petit tapping qui ressort de la masse punk-hardcore traditionnelle (roulette et guitare linéaire). C'est plutôt cool en fait, et ça apporte une touche un poil plus originale qui n'est pas pour me déplaire.
Au final, une moitié d'album plutôt
dans les classiques du hardcore-punk, et une autre un peu différente,
avec des références plus larges, tout en conservant la violence du
chant et l'esprit qu'on aime. Mention spéciale pour la seconde
moitié de mon côté. Si vous êtes plutôt hardcore ultra engagé,
tendu, toujours sur la corde raide, allez-y sans crainte. Vous y
trouverez tout ce que vous aimez, et peut-être plus encore.
Convaincant en somme.
dimanche 20 juillet 2014
La Playlist de... #1 - Votre Eté 2014
Bon cet été vous allez me faire le plaisir de remplir votre lecteur MP3 avec de la musique digne de ce nom. Que vous partiez en vacances ou pas, il va bien falloir s'occuper les oreilles et ça se passe ici. Et qui dit soleil dit, Emo, Indie, Punk Rock à fond dans le casque et je vous propose ma petite sélection. Si vous avez déjà tous ces disques, tant mieux pour vous car ils sont super méga ultra cools. Sinon, peut-être que vous découvrirez ou redécouvrirez des trucs que vous aimez (ou pas...).
Ah oui, ils sont nombreux à surfer sur la vague Indie Emo-Punk en cet été 2014. Pour la plupart, ils nous viennent de l'autre côté de l'atlantique, RVIVR en tête, mais nos représentant Français n'ont pas (toujours) à rougir, preuve en est avec Sport notamment, qui a sorti l'album le plus meilleur de 2014, Bon Voyage (en plus). Des nouveaux venus arrivent, profitant de la Hype, comme Valley avec des membres Parisiens bien connus (merci Le Dico de l'Emo pour la découverte). C'est tant mieux je pense, car j'aime profondément ce style de musique et qu'il correspond bien a l'été qui démarre. Armez-vous donc.
Pourtant des vagues, dans le nord de la France, il n'y en a pas beaucoup. Ca n'empêche pas Slice of Life de nous faire rêver avec son premier EP qui tarde un peu à sortir en vinyle (c'est pour bientôt t'en fais pas). Par contre, tu peux toujours le mettre dans ta playlist soleil car tu aura besoin d'Emo pour te faire apprécier une sieste sur la plage ou un cocktail de bienvenue au bord de la piscine du club med sans entendre tous ces bobos venus avec leurs gamins qui crient tout le temps.
Ce premier EP est une véritable bonne surprise, avec notamment "Wasted" qui est un parfait exemple de réutilisation des standards Emo-punk pour faire un sacré tube totalement tubesque. Oui on pense de suite à Sport, ou RVIVR quelque part, mais avec dans quasiment chaque morceau un côté punk-rock US sorti de Floride par exemple, qui contraste bien et s'intègre magnifiquement dans l'ensemble.
7 titres, c'est un bon format pour apprécier Slice Of Life, qui a brillamment su donner un coup de fraîcheur sur le punk-rock Français, en mélangeant tradition de riffs punk-rawk typiques, de chant raillé et de choeurs enthousiastes, avec une vague plus Emo, qui casse la monotonie souvent trop présente dans ce genre de musique. Un peu comme des vacances qui cassent notre quotidien parfois incipide. Sauf que là les vacances s'écoutent sur commande, et peuvent durer aussi longtemps qu'on veut.
Sortons un peu de la hype. Retournons aux sources, en Californie, près des surfeurs et de la coolitude. Dégainez vos vieux claviers, et montrez-nous votre amour pour l'indie-punk à tendance vintage. C'est parti !
"The See Inside" est le premier EP de Everybody Row, pourtant on est loin de voir arriver des petits bébés . En l'occurrence, et pour vous calmer d'entrée, il y a là dedans moitié de Comadre, avec un peu de No Babies et de Known Secrets aussi. Je sais pas si c'est le fait de le savoir, mais ces lignes basse-batterie tendues, stressées, et si travaillées à m'en faire perdre mes baguettes en m'arrachant les cheveux, ça me fait grave penser aux derniers sons qu'on a pu entendre de Comadre justement ( ici là, je vous conseille Cold Rain si je peux me permettre). Sauf que là on arrête les riffs de guitare hardcore et les hurlements, c'est pas assez "Summer spirit". A la place, on a qu'à mettre une guitare Indie-punk, un clavier 60's et une fille au chant. Oui, ça rend tout de suite autrement et c'est ce mélange qui donne à Everybody Row toute sa saveur. C'est super, on retourne dans le punk garage vintage, en ayant ce pu**in de basse batterie qui t'hypnotise, te rend fou, te vole ton âme en fond. Attention, c'est un coup à écouter ça en boucle tout l'été.
Ces 4 titres passent à une vitesse folle, et il y a vraiment quelque chose de neuf dans ce groupe. Ca consolera peut-être (un peu) les fans de ce groupe nommé Comadre qui n'a plus bien l'air de vouloir nous proposer des trucs nouveaux lui.
Une Playlist, c'est aussi pour se la péter. Genre tu connaissait des groupes avant que ça soit la mode tout ça. Chasing Paperboy, c'est un peu ça. La mode avant l'heure. Ils sont arrivée un poil trop tôt, pourtant la musique se prête tellement bien aux ballades de coucher de soleil sur la côte d'azur. Leur EP, sorti en 2012, est donc une petite merveille d'indie-Emo-punk qu'il convient d'écouter en détails.
C'est vrai que le groupe est assez discret, raison de plus pour entrer dans la playlist. Je les ai découvert en 2007, lors d'un concert à Nice et ce premier EP, « Always troubles but different stories ». Du punk-rock gentil, sincère. Pas le groupe du siècle bien entendu, mais un peu différent des autres, à l'époque de l'apogée de Ravi, The Twisted Minds et autres groupes Français sont le nom nous évoque bien des souvenirs. Chasing Paperboy, c'est cette trempe-là, la scène punk-rock Française sans fioritures, celle des concerts, des bières et des copains. Presque à dire que c'était sans plus, même si ça suffisait largement pour avoir bonne réputation. Mais, il y a un mais. Un second souffle. Celui qui relance tout, qui fait esquisser un sourire en coin de bouche quand on écoute, en hochant la tête en signe d'approbation. Une nouvelle sortie en 2012, sobrement nommée « EP », et l'histoire devient différente. C'est beau, bien fait et ça fait toujours plaisir à écouter. "Drag That Place", magnifique introduction au monde de Chasing Paperboy, avec une voix presque enfantine porté par des mélodies de guitare à tomber. Vous êtes de suite envoûtés, et dans le vif du sujet. Vous ne quitterez plus les oreilles du poste. Tantôt mélancolique, tantôt joyeux, parfois pop, quelque fois punk, cet EP reste une superbe réalisation, et une valeur sure dans votre playlist.
Depuis malheureusement le groupe est un peu en standby, mais j'espère secrètement des nouvelles, siouplait. Et mettez-moi cet EP a fond dans la bagnole si vous êtes dans les bouchons.
Non Guitar Method ce n'est pas un tutoriel à deux balles pour vous apprendre à jouer Jeff Buckley à la guitare sèche dans le but de chopper des petit(e)s goupi(e)s sur la plage. Mais pas si loin.
Car dans une playlist, il faut aussi des trucs un peu anciens qui peuvent revenir à la mode et qui ont une belle histoire à raconter. Kid Kilowatt par exemple. Une groupe éphémère, comme il en existe certains. Sauf que là, il s'agit d'un genre de All Star Band avec des musiciens d'un certain groupe nommé Cave In, et surtout MONSIEUR Kurt Ballou de Converge. Mais pas de métal ou de hardcore au programme, rassurez-vous, plutôt de l'indie-rock, avec un peu de math-rock d'un côté, et presque un peu d'Emo de l'autre.
"Red Carpet" par exemple, ou comment faire en sorte d'être dans un bain d'un indie-rock parfait, qui coule comme un martini en terrasse. Ici les binouzes chaudes, vous me laisserez ça de côté.
Quoi qu'on dise, Guitar Method un album génial qu'il faut avoir absolument, et c'est surtout le seul que le groupe ait produit. Si vous l'avez déjà écouté, remettez le donc dans votre lecteur, ainsi qu'au goût du jour par la même occasion. En résumé, c'est donc plutôt Kurt Ballou qui va vous apprendre comment faire de l'indie-rock de grande classe dans cet album tutoriel. Et qui sait, vous chopperez peut-être quelqu'un grâce à ça. Mais ce qui est certain, c'est que vous éviterez surtout tout mauvais goût musical. Et c'est déjà pas mal.
Je pense d'ailleurs qu'on devrait reparler de Kid Kilowatt d'ici peu sur ce blog... Affaire à suivre
Vous êtes fin prêts pour affronter le soleil, la plage ou alors la lampe de votre bureau si vous êtes scotchés au boulot. En tout cas cette petite playlist devrait vous apporter le soleil dans vos oreilles !
Ah oui, ils sont nombreux à surfer sur la vague Indie Emo-Punk en cet été 2014. Pour la plupart, ils nous viennent de l'autre côté de l'atlantique, RVIVR en tête, mais nos représentant Français n'ont pas (toujours) à rougir, preuve en est avec Sport notamment, qui a sorti l'album le plus meilleur de 2014, Bon Voyage (en plus). Des nouveaux venus arrivent, profitant de la Hype, comme Valley avec des membres Parisiens bien connus (merci Le Dico de l'Emo pour la découverte). C'est tant mieux je pense, car j'aime profondément ce style de musique et qu'il correspond bien a l'été qui démarre. Armez-vous donc.
Slice of Life - S/T [2014]
Pourtant des vagues, dans le nord de la France, il n'y en a pas beaucoup. Ca n'empêche pas Slice of Life de nous faire rêver avec son premier EP qui tarde un peu à sortir en vinyle (c'est pour bientôt t'en fais pas). Par contre, tu peux toujours le mettre dans ta playlist soleil car tu aura besoin d'Emo pour te faire apprécier une sieste sur la plage ou un cocktail de bienvenue au bord de la piscine du club med sans entendre tous ces bobos venus avec leurs gamins qui crient tout le temps.
Ce premier EP est une véritable bonne surprise, avec notamment "Wasted" qui est un parfait exemple de réutilisation des standards Emo-punk pour faire un sacré tube totalement tubesque. Oui on pense de suite à Sport, ou RVIVR quelque part, mais avec dans quasiment chaque morceau un côté punk-rock US sorti de Floride par exemple, qui contraste bien et s'intègre magnifiquement dans l'ensemble.
7 titres, c'est un bon format pour apprécier Slice Of Life, qui a brillamment su donner un coup de fraîcheur sur le punk-rock Français, en mélangeant tradition de riffs punk-rawk typiques, de chant raillé et de choeurs enthousiastes, avec une vague plus Emo, qui casse la monotonie souvent trop présente dans ce genre de musique. Un peu comme des vacances qui cassent notre quotidien parfois incipide. Sauf que là les vacances s'écoutent sur commande, et peuvent durer aussi longtemps qu'on veut.
Everybody Row - The Sea Inside [2014]
Sortons un peu de la hype. Retournons aux sources, en Californie, près des surfeurs et de la coolitude. Dégainez vos vieux claviers, et montrez-nous votre amour pour l'indie-punk à tendance vintage. C'est parti !
"The See Inside" est le premier EP de Everybody Row, pourtant on est loin de voir arriver des petits bébés . En l'occurrence, et pour vous calmer d'entrée, il y a là dedans moitié de Comadre, avec un peu de No Babies et de Known Secrets aussi. Je sais pas si c'est le fait de le savoir, mais ces lignes basse-batterie tendues, stressées, et si travaillées à m'en faire perdre mes baguettes en m'arrachant les cheveux, ça me fait grave penser aux derniers sons qu'on a pu entendre de Comadre justement ( ici là, je vous conseille Cold Rain si je peux me permettre). Sauf que là on arrête les riffs de guitare hardcore et les hurlements, c'est pas assez "Summer spirit". A la place, on a qu'à mettre une guitare Indie-punk, un clavier 60's et une fille au chant. Oui, ça rend tout de suite autrement et c'est ce mélange qui donne à Everybody Row toute sa saveur. C'est super, on retourne dans le punk garage vintage, en ayant ce pu**in de basse batterie qui t'hypnotise, te rend fou, te vole ton âme en fond. Attention, c'est un coup à écouter ça en boucle tout l'été.
Ces 4 titres passent à une vitesse folle, et il y a vraiment quelque chose de neuf dans ce groupe. Ca consolera peut-être (un peu) les fans de ce groupe nommé Comadre qui n'a plus bien l'air de vouloir nous proposer des trucs nouveaux lui.
Chasing Paperboy - EP [2012]
Une Playlist, c'est aussi pour se la péter. Genre tu connaissait des groupes avant que ça soit la mode tout ça. Chasing Paperboy, c'est un peu ça. La mode avant l'heure. Ils sont arrivée un poil trop tôt, pourtant la musique se prête tellement bien aux ballades de coucher de soleil sur la côte d'azur. Leur EP, sorti en 2012, est donc une petite merveille d'indie-Emo-punk qu'il convient d'écouter en détails.
C'est vrai que le groupe est assez discret, raison de plus pour entrer dans la playlist. Je les ai découvert en 2007, lors d'un concert à Nice et ce premier EP, « Always troubles but different stories ». Du punk-rock gentil, sincère. Pas le groupe du siècle bien entendu, mais un peu différent des autres, à l'époque de l'apogée de Ravi, The Twisted Minds et autres groupes Français sont le nom nous évoque bien des souvenirs. Chasing Paperboy, c'est cette trempe-là, la scène punk-rock Française sans fioritures, celle des concerts, des bières et des copains. Presque à dire que c'était sans plus, même si ça suffisait largement pour avoir bonne réputation. Mais, il y a un mais. Un second souffle. Celui qui relance tout, qui fait esquisser un sourire en coin de bouche quand on écoute, en hochant la tête en signe d'approbation. Une nouvelle sortie en 2012, sobrement nommée « EP », et l'histoire devient différente. C'est beau, bien fait et ça fait toujours plaisir à écouter. "Drag That Place", magnifique introduction au monde de Chasing Paperboy, avec une voix presque enfantine porté par des mélodies de guitare à tomber. Vous êtes de suite envoûtés, et dans le vif du sujet. Vous ne quitterez plus les oreilles du poste. Tantôt mélancolique, tantôt joyeux, parfois pop, quelque fois punk, cet EP reste une superbe réalisation, et une valeur sure dans votre playlist.
Depuis malheureusement le groupe est un peu en standby, mais j'espère secrètement des nouvelles, siouplait. Et mettez-moi cet EP a fond dans la bagnole si vous êtes dans les bouchons.
Kid Kilowatt -Guitar method [2004]
Non Guitar Method ce n'est pas un tutoriel à deux balles pour vous apprendre à jouer Jeff Buckley à la guitare sèche dans le but de chopper des petit(e)s goupi(e)s sur la plage. Mais pas si loin.
Car dans une playlist, il faut aussi des trucs un peu anciens qui peuvent revenir à la mode et qui ont une belle histoire à raconter. Kid Kilowatt par exemple. Une groupe éphémère, comme il en existe certains. Sauf que là, il s'agit d'un genre de All Star Band avec des musiciens d'un certain groupe nommé Cave In, et surtout MONSIEUR Kurt Ballou de Converge. Mais pas de métal ou de hardcore au programme, rassurez-vous, plutôt de l'indie-rock, avec un peu de math-rock d'un côté, et presque un peu d'Emo de l'autre.
"Red Carpet" par exemple, ou comment faire en sorte d'être dans un bain d'un indie-rock parfait, qui coule comme un martini en terrasse. Ici les binouzes chaudes, vous me laisserez ça de côté.
Quoi qu'on dise, Guitar Method un album génial qu'il faut avoir absolument, et c'est surtout le seul que le groupe ait produit. Si vous l'avez déjà écouté, remettez le donc dans votre lecteur, ainsi qu'au goût du jour par la même occasion. En résumé, c'est donc plutôt Kurt Ballou qui va vous apprendre comment faire de l'indie-rock de grande classe dans cet album tutoriel. Et qui sait, vous chopperez peut-être quelqu'un grâce à ça. Mais ce qui est certain, c'est que vous éviterez surtout tout mauvais goût musical. Et c'est déjà pas mal.
Je pense d'ailleurs qu'on devrait reparler de Kid Kilowatt d'ici peu sur ce blog... Affaire à suivre
Vous êtes fin prêts pour affronter le soleil, la plage ou alors la lampe de votre bureau si vous êtes scotchés au boulot. En tout cas cette petite playlist devrait vous apporter le soleil dans vos oreilles !
mercredi 16 juillet 2014
The Traders - Too Young... So Old
The Traders… Ca sonne un peu trop capitaliste pour un groupe
de punk-rock mais ça me donne l’occasion de [RE]faire une chronique économique
toute neuve ! C’est [RE]parti pour un [autre] tour !
EDIT : Cette chronique est en fait une seconde version,
après une première censurée par les lobbys ultra capitalistes concurrents de
The Traders (j’en suis sur !). Elle a été certainement effacée par un
employé de Blogger mécontent qu’on fasse de la pub pour un groupe Français qui
marche si bien sur les plates-bandes des groupes de l’oncle Sam. Tant pis, vous
ne me découragerez pas de faire ce post une seconde fois. Si vous préfériez la
première version, sachez qu’elle est quelque part dans l’espace. Merci.
[En vrai, il y a eu un gros problème de synchronisation
entre mon application mobile blogger qui a supprimé l’article et j’avais pas
vraiment de backup entière, ça m’apprendra]
The Traders donc, et n’en déplaise à vous qui ne savez pas
synchroniser l’application mobile et le site web de votre blog (moi), c’est une
petite entreprise Lyonnaise donc les activités n’avaient jamais été portées à
ma connaissance :
- Pourtant, elle connaît une croissance exponentielle avec une exportation en Europe, et même plus loin comme en Russie, au Canada et tout bientôt au Royaume Uni.
- Pourtant, elle se place directement dans mon secteur d’activité, le punk-rock. C’est mon rayon quand même, mais j’étais passé à côté j’avoue.
Préparons-nous donc à une analyse
approfondie, pour voir si la concurrence
est bien sérieuse.
Les employés de The Traders ont donc sorti cet album,
« Too Young… So Old » en 2013, sur un paquet de labels présents en
France, et Europe mais aussi en Russie et au Canada. En tête, il y a la Guerrilla Asso, qui tel un incubateur
nous sort toujours des start-ups de qualité. Cela incite directement à prendre
la concurrence au sérieux, ce que je fais de ce pas.
« Too Young… So Old », ce titre sonne déjà bien.
La pochette est assez intéressante aussi, avec ce gamin, qui peut représenter
la nouvelle génération punk qui entrera en jeu bientôt, surtout que la
génération actuelle est déjà avachie dans ce canapé. Mais j’ai à peine le temps
de regarder et de me dire que je vais peut-être m’ennuyer que PAM ! Ca
démarre super fort, un gros riff punk-rock, roulette bien lourde, bien FAT ;
un changement de rythme radical, on est prévenu, ça va barder ! Il faut
déjà bien se remettre de ce premier titre, « Dead End » et reprendre
une analyse plus objective.
En tout cas, ici on est dans le punk-rock couillu, tantôt
mélodique, tantôt hardcore ou fleuretant avec le stoner. La voix est aiguisée,
arrachée, assez caractéristique du genre et ce n’est pas pour me déplaire (tout
comme les mecs qui fabriquent du thé, du miel et des pastilles pour la gorge d’ailleurs).
On comprend bien pourquoi le groupe a joué avec
Flatliners ou Dead To Me, et les influences punk-rock de Floride
transpirent si bien dans leur gouttes de sueur.
Ca joue vite, ça joue bien, et on n’a pas le temps de s’ennuyer.
Plus on avance, et plus ça me fait penser à ce groupe-là, ou tu sais des
Anglais ou Gallois là, merde tant pis. Gnarwolves ?
Un peu oui mais c’est pas ça. Plus proche de nous, ça m’évoques bien sûr No Guts No Glory entre autres.
« Looking For Brittany », on se rapproche du
punk-rock made in UK, plus direct comme The
Steal mélangé avec l’Amérique façon Banner Pilot et consorts. Et j’aime.
Par contre j’ai pas le temps de vraiment reprendre mon souffle, ça part dans
tous les sens et je m’y perds un peu. En même temps je crois que c’est le but,
il y a vraiment une grosse débauche d’énergie et ça s’arrête rarement. Si les
concerts sont aussi fous que l’album, je ferai attention à vos épaules et vos
tympans !
OUI, c’est ça ! The
Arteries bien sur ! Merci le featuring sur Spare Time, c’est vraiment
dans la même veine et je suis tellement amoureux de ce groupe. Il faut s’appuyer
sur des collaboration avec des grands acteurs du marché pour survivre et se
faire connaître.
Notre analyse reprend son cours, et il faut l’appuyer par
des éléments objectifs. Si l’on se fie aux critères des trophées PME
Bougeons-nous lancés par RMC, qui font office de référence du secteur, les
Petites et Moyennes Entreprises se classent en différentes
catégories. Normalement distinctes, elles peuvent se recouper dans notre
cas. Détails :
-
PME innovante : c’est peut-être le seul
vrai souci de the Traders. Il y a un bon mélange des styles, ce qui contribue
au fait que cet album s’écoute bien du début à la fin sans s’ennuyer, c’est le
moins que l’on puisse dire. Après il manque peut-être quelques pauses pour
respirer un peu et en faire une référence.
-
PME artisanale : Ah on sent de suite que
cet album a été fait à la sueur de fronts, à jouer et rejouer dans une cave
sombre et humide. Les chansons ont été rodées avec de milliers de km de route,
des copains et des bières. C’est bien une définition de l’artisanat
non ?
-
PME jeune pousse : Pas vraiment des
débutant ces Traders. On sent des musiciens aguerris, avec la musique, les
structures, mais aussi les intentions et le son. Pas vraiment « jeune
pousse » dans la musique donc, mais surement dans la tête.
-
PME Familiale : Si on parle de la grande
famille du punk-rock, l’examen de passage est passé haut la main. Rien à
dire !
-
PME à l’export : Au vu des concerts et des
labels sur lesquels l’album est sorti, aucun doute sur les capacités d’export
du groupe. Des vrai globe-trotteurs, c’est à me rendre jaloux !
En conclusion, et en allant vers la fin de cet album, il n’y
aura aucun arrêt, on file direct vers le punk-rock à l’énergie, mais celle qui
est maitrisée, amenée sur un plateau. Un plateau qui sue et qui et halète comme
moi en cet instant. The Traders arrivent vraiment à combiner toutes ces
variantes punk-rock-hardcore pourtant assez proches, mais bien distinctes ici,
que j’ai évoqué plus haut.ça nous rappelle tellement de bons souvenirs. Il
manque seulement quelques petites pauses qui nous permettraient de prendre un
tout petit peu de recul pour observer la maitrise. Si vous aimez le punk-rock sué, joué à 150%, mais en gardant la maitrise, et si vous voulez redécouvrir toutes vos références alors foncez! C'est vraiment varié et merci d'avoir pensé à ceux qui disent que les albums de punk-rock sont toujours trop monotones (moi). The Traders sont finalement
parfaitement capables de nous faire prendre pas mal de plaisir en écoutant attentivement
ce qu’ils sont capables de faire, et c'est tant mieux!
jeudi 3 juillet 2014
The Early Grave - Be Here Before You Disappear
Delete Your Favorite Records - AMT Music - Jose records - Blackout Prod - [Juin 2014]
Plus de 4 ans. Sans vouloir disserter longuement sur ma vie, je me rappelle bien ce jour de Juin où j'ai vu The Early Grave pour la première fois, dans ce bar à motards de la banlieue de Nancy. Des p'tits jeunes (comme moi en ce temps) bien sympas et leur musique entre pop-punk et punk-mélodique qui avait attiré mon attention. Un bon moment de passé, et leur premier EP dans la poche en repartant, bien entendu.
Dans la case souvenir de l'écoute de cet EP, néanmoins, l'impression était plus terne, sans faire le vieux rabat-joie. Les codes du genre sont bien là, grosses guitares et refrains rageurs, en nous rappelant nos groupes préférés, Hot Water Music en tête, et c'est bien le principal. Mais derrière ça, je reste quand même sur ma faim. Un manque de maturité peut-être, j'ai l'impression dans l'ensemble d'écouter des bons morceaux pop-punk, mais avec un peu de puissance et d'efficacité en moins. En même temps, la critique est facile, jouer de la bonne musique l'est beaucoup moins j'en convient. Il y a quand même matière se satisfaire, à croire au potentiel des gars, car les idées sont bien là. Il va falloir peaufiner les structures, les arrangements, le son aussi. Il va falloir faire travailler les tripes, le coeur et ses méninges. Avec ça, on attendra la suite avec une certaine envie.
Cette suite justement, c'est sur long format qu'elle arrive aujourd'hui. 4 ans et un split avec Woodson plus tard donc, voici le premier LP de The Early Grave, "Be Here Before You Disappear". A en juger par la vitesse de prolifération de ma barbe et l'apparition de mes premiers poils dans le dos, je crois que je commence à devenir un homme plus viril et plus rugueux. J'espère que eux aussi.
Ceci étant dit, un disque, avant de s'écouter, ça se regarde. J'irais presque jusqu'à dire que ça se touche, ça se sent avant de le poser délicatement sur sa platine, mais ça fait un peu fétichiste et j'ai oublié ma combinaison en latex. En tout cas là, l'artwork est magnifique. Un design soigné, c'est déjà gage de l'attention que le groupe porte pour attirer l'oeil de l'acharné des bacs qui va trouver ce disque. Ici, c'est sobre, avec cette photo fumante sortie d'un polaroïd. Bon nous, on veut quand même être là pour écouter ce disque avant qu'il ne disparaisse, comme cette photo qui brûle déjà à peine développée, il est donc temps de s'y mettre.
"The Early Grave". Décidément il est question de tombe assez souvent en écrivant les lignes de ce blog (là par exemple). Pourtant, les chroniques mortuaires, c'est pas spécialement mon truc. Je laisse ça aux anciens qui guettent ceux qui ont passé l'arme à gauche chaque jours dans le journal local. Ici c'est la vie, la sueur , les guitares et les copains.
C'est bien la musique qui nous intéresse dès lors, plus particulièrement de savoir quelle direction a pris le groupe, après des changements de membres, et une bonne dose de travail je suppose. Cet album sort d'ailleurs, entre autres, sur Delete Your Favorite Records, signe que le groupe a gagné en visibilité, et donc que leur musique a dû marquer des points. Dès l'entame, on sent que la scène punk-rock de Gainsesville n'est pas tombée dans des oreilles de sourds. Riffs punk-rock typiques, structure simples et plus efficaces, choeurs de circonstances, on se sent bien. Leur son a bien évolué, comme je pouvais l'espérer, et on y gagne déjà beaucoup je trouve. Ca me fait pas mal penser au dernier Banner Pilot (Good As You), entre autres, en particulier au niveau du chant, même si il va falloir enchaîner les clopes et les apéros anisés pour avoir la voie raillée caractéristique du genre. On retrouve néanmoins une certaine similitude dans le phrasé peut-être, mais je m'avance beaucoup.
En tout cas l'album se laisse vraiment écouter, tout est assez plaisant, même si il me manque encore une petite touche d'originalité pour être pleinement satisfait. La musique prends quelques airs tricolores au fil de l'album, on sent poindre des accents de Flying Donuts (Something New) ou Second Rate (Running Out of Time) qui ne sont pas les références les plus difficiles à supporter. On frôle sûrement le cliché parfois, mais c'est le lot de ce style de musique quelque part et on l'accepte bien volontiers. On peut éventuellement reprocher le manque de vrai "tube", toujours un plus qui aurait pu définitivement faire pencher la balance. Former Life et ses accents indie-punk vient refermer ces 9 titres, qui sont au final assez pour se faire plaisir sans tomber dans le surplus de morceaux sans intérêts.
Si le début de ce disque m'a paru peut-être un peu monotone, je me suis pas mal déridé au fil de l'album (enfin c'est moi ou c'est eux qui se sont déridés?), et d'ailleurs je préfère vraiment les derniers morceaux, plus variés, plus riches. Mention spéciale pour le clou de la visite, Former Life, qui pour le coup apporte du frais dans l'écoute, le genre de morceau un peu inattendu en fin d'album, qui te remets la pêche bien comme il faut.
Dans tous les cas, pour un groupe dont le nom évoque la fin prématurée et l'éternité entre 4 planches de bois, on a quand même un sacré sourire à la sortie. L'évolution du groupe est vraiment notable, et le meilleur moyen de s'en apercevoir sera d'aller les voir sur scène, si ils passent pas loin de chez vous, dans un bar à motard ou ailleurs. Si vous aimez le punk-rock sincère, joué à 100%, vous serez sûrement agréablement surpris par cet album, comme je l'ai été. Peut-être pas jusqu'à l'emporter dans votre tombe, mais ça, c'est une autre histoire.
samedi 28 juin 2014
Goodtime Boys - Rain
Bridge Nine records (US) Palm records (UK) - 2014
En rentrant de vacances, fin de rigoler. Place au hardcore qui crie, qui est (un peu) méchant, qui sent la BO d'un film avec des gens pas contents. Hardcore for life.
Bon, pour que le choc ne soit pas non plus trop violent, on peut commencer avec de la crème de hardcore, distillée à l'Anglaise, plutôt qu'une aigre rasade de whisky bon marché qui t'arrache le gosier dès les premières gouttes. Goodtime Boys sort son nouvel album, Rain, officiellement son premier LP, même si on connaît déjà quelques sorties précédentes (moi c'est sur mais je pense que vou-zaussi). Le moins qu'on puisse dire, c'est que je l'attendais. Impatience.
Pour la faire naître, il y a eu bien sur les sorties précédentes, la signature sur Bridge Nine records, même si je trouve qu'ils alternent le bon (Defeater, Iron Chic, etc) mais aussi le moins bon (t'as écouté Expire?). Bref, il y a eu surtout le pré-EP 7" qui précédait cet album, avec ce "Live Moves" qui m'a claqué bien comme il fallait. D'habitude j'aime pas trop ce concept, sortir des pré-EP qui ont plus ou moins les mêmes titres que les albums, même si ça peut faire un bel objet. Quand t'as l'album ça fait un peu réchauffé, je sais pas. Enfin quand les chansons sont bonnes on pardonne plus facilement, mais dans ce cas ça fait naître une grosse attente. Impatience.
Entrons dans le vif du sujet. Autant dire qu'on sait à quoi on va avoir droit. On est dans la lignée parfaite des groupes dont on définit le style par "Hardcore moderne". C'est à dire? Tu prends un base de hardcore "classique", avec des gros riffs, du chant crié, des tempos rapides (et un peu de gens qui dancent et s'entrechoquent poliment) mais tu ajoutes un peu de finesse, des passages plus lents, plus travaillés, moins bruts en somme. On va donc toucher du doigt l'évolution même du punk-hardcore, comme on la conçoit en 2014. Fini les mosh-parts qu'on voit venir à 3km, et les choeurs crachés comme du venin en brandissant l'esprit XStraight-EdgeX. On entre dans le détail, dans les mélodies, dans le son travaillé, mais on reste costaud quand même, c'est la tradition.
Je vais oublier la chronique détaillée de chaque morceau, en essayent de voir cette album de manière globale. J'aime cette musique, pas chaque partie ou chaque chanson en particulier, mais de manière plus globale. C'est efficace, costaud, mais aussi détaillé. Exactement ce que j'aime dans les références du genre comme Defeater. ça sonne, ça rentre dedans mais avec quand même un petit peu de retenue, comme il faut. Le son justement, parlons-en, car c'est presque ce qui m'a le plus frappé dans cet album. C'est précis, net, sans aucune bavure. On y arrive. C'est peut-être ça qui rend cet album bon mais pas fabuleux. J'ai envie de dire que c'est presque trop parfait, trop calculé, et du coup on perds vraiment de impact. C'est sur que le son est tellement gonflé que ça passe tout de suite au premier abord, tu te dis "Pfouah ça sonne trop! C'est trop la claque!". Mais trop de prod tue quelques espoirs au fil des écoutes.Ca claque dans le casque, pour sur, mais quand même. Bon c'est sur, je préfère ça à des prod pourries, c'est certain je vais pas faire mon blasé de la vie. Si il faut trouver un bémol, c'est bien ça, mais pour le reste, il y a des compos ultra travaillées et vraiment efficaces, avec quelques retours aux origines hardcore qui font du bien.
Vous vous ferez bien votre propre idée de la chose, c'est certain. la mienne, en résumé, c'est qu'on passe du bon temps avec ces garçons, et que la victoire est certaine!
samedi 21 juin 2014
Not Scientists - Leave Stickers On Our Grave - 2014
Not Scientists - Leave Stickers On Our Grave - 2014
Delete Your Favorite records - Février 2014
Si vous êtes comme moi un grand spécialiste du ballon rond, allez voir (un peu) plus bas, là-bas. c'est cadeau, choisissez la chronique que vous préférez !
Chronique #1 - La "classique"
Faisons aussi la promotion de la scène française qui marche. Not Scientists débarque, et pour un éminent scientifique comme moi, ça commence pas très bien, attention. Bon vous me direz pas besoin de trop de science pour faire du punk-rock, ça se joue plutôt dans les tripes et dans le coeur (oui oui), et vous avez bien raison! En tout cas, vu la composition de l'équipe, ça risque de devenir tout de suite bien plus intéressant. En gros, avec déjà la moitié de feu Uncommonmenfrommars, on a de quoi tendre l'oreille, et voir si ils nous proposent vraiment quelque chose de neuf. Non pas que je n'aime pas Unco, mais j'ai quand même trouvé que ça commençait à tirer sur la fin, j'avais un peu lâché l'affaire pour dire vrai. Avec ça, on ajoute les toms et cymbales de No Guts No Glory, un nouveau bassiste, et on commence à saliver.
Voici donc ce premier EP, "Leave Stickers on Our Grave". Le titre sonne un peu album posthume, bizarre pour un renouveau. En tout cas, ces 6 titres sont assez variés, et j'avais pu avoir une belle preview en écoutant quelques podcasts radios bien choisis (Joining The Circus !).
Dès la première écoute, le fil conducteur de cet EP nous rassure, nous emmène en terrain connu avec la voix de Ed, et la trame punk-rock maitrisée depuis belle lurette par les gars. Tout de suite, on est dans le pop-punk travaillé, simple, efficace, avec peut-être un accent un peu plus rock garage, voire rockabilly (à prendre avec des pincettes cette remarque). "Evil Seed" nous renvoie directement aux origines punk-rock mélo, mais avec un tempo un peu plus ralenti. On prend son temps. Calme et sérénité. On oubliera vite les interludes un peu trop ska-truc à mon gôut, mais par contre on gardera les choeurs, décalés avec le chant sur le refrain, ce que j'ai toujours adoré chez Unco notamment. C'est simple, je dirais même simpliste, mais ça rentre dans la tête dans la seconde. C'est aussi ça la force de ces compositions. D'un côté oui, c'est un style vu et revu, mais de l'autre j'ai quand même toujours de l'admiration pour les groupes qui arrivent à faire marcher si bien les piliers punk-rock pour faire des chansons qu'on a envie d'écouter, de chanter, d'aimer. Un tas de références punk-rock transpirent à l'écoute, chacun aura les siennes, et l'exécution des morceaux est digne de bon nombre de références US. En même temps on en attendait pas moins de ces gars-là !
On arrive doucement vers "Coughing Blood", pour moi LE tube de cet EP. La combinaison de riffs est parfaite, le refrain magnifique, et surtout couplé avec le son de cet EP, clair, précis, net. Je ne sais pas si c'est un parti pris, mais je trouve le son assez sage, ce qui ajoute de la clarté à l'ensemble, sans tomber dans la précision à outrance. Tout est donc réuni pour avoir le sourire.
Un EP, au final, est suffisant pour apprécier ce groupe. il n'y a pas vraiment le temps de s'ennuyer, ce qui est souvent mon cas sur des albums complets. Toutes les chansons ne sont certes pas parfaites, mais c'est largement suffisant pour me faire osciller la tête et essayer d'hurler les refrains dans mon Anglais approximatif. Et là est bien le but, je pense."No Third Chance" est d'ailleurs à elle seule la meilleure conclusion possible, avec un final un peu plus Indie-punk qui me ravit.
A la fin, il reste le plaisir toujours intact à écouter cet EP, cette musique rock pop-punk qu'on connaît tant (en bien et en mal d'ailleurs) mais qui nous enchante tellement quand elle est faite avec goût.
Chronique #2 - La "coupe du monde"
Not Scientists, c'est un club nouveau de la banlieue Lyonnaise. Nouveau certes, mais qui veut rapidement atteindre les sommets du championnat Français, et qui s'en donne les moyens. Pour cela, le recrutement est de taille avec 2 tauliers, qui ont fait plus que leurs preuves dans le gotha de la première division du punk-rock Français, avec leur ancienne équipe Uncommonmenfrommars. Ils ont écumé les terrains de France et du monde,pour aller jusqu'à la Ligue des Champions du punk-rock, l'enregistrement aux US et la reconnaissance de leur pairs. le punk-rock spectacle, à l'Américaine, on était conquis. Mais comme toutes les grandes équipes, il est difficile de rester au top tout le temps. Le jeu est devenu un peu stéréotypé, connu, sans surprises. Une fin de cycle pour ce groupe, même avec des joueurs si confirmés.
Il fallait donc rebondir. Du moins pour le meneur de jeu, Ed, avec sa classe et sa technique vocale encore intactes, et Jim, qui change de poste pour passer dans une position plus avancée en attaque à 6 cordes. Ce rebond se fait dans un nouveau club plein d'ambitions donc, et il faut du courage pour repartir dans des divisons inférieures, mais qui ont gardé ces valeurs du punk-rawk qu'on aime tant. Et les matchs sont toujours aussi beau à voir, la ferveur reste même si les foules sont plus éparses. Le challenge est donc excitant, alors qu'ils auraient pu rester tranquille à skater au soleil. Mais ils préfèrent sûrement la sueur et la chaleur des caves à rockers.
Pour cela, il faut donc compléter l'équipe, avec un gardien du rythme qui a aussi écumé les tournées sur des terrains plus ou moins favorable, avec les No guts No Glory. Il faut aussi un défenseur à 4 cordes, moins connu des non initiés mais non moins important.De là, on espère qu'ils vont mettre en place un jeu alléchant, technique, qui va nous faire vibrer façon Barça de Guardiola. Vu le passé des gars, on s'attends à du punk-rock chiadé, pour sur, mais on espère pas un 4-4-2 stéréotypé et fragile comme on a souvent droit. Plutôt un schéma plus audacieux avec de l'attaque et de l'originalité.
Dès les premières minutes de jeu, on sent la fluidité, la technique, et qu'on va avoir droit à du beau jeu. Les gestes sont répétés, maitrisés. Quelques fautes techniques viennent émailler la rencontre mais globalement on ne s'ennuie pas. A la mi-temps, on est assez conquis. 3 titres de belle facture, qui nous rappellent le punk-rock qu'on aime. Et puis au retour des vestiaires, le TUBE, la frappe en pleine lucarne, le retourné acrobatique qui renverse le stade; "Coughing blood" est jeté dans ta face, la bombe punk-rock! La fin du match sera plus calme, pour se remettre de tout ça, avec quelques actions à retenir mais sans autre éclat aussi remarquable. On espère donc les voir à l'oeuvre dans chaque petit stade des villes de France et d'ailleurs, pour voir si cette équipe peut s'inscrire dans la durée. Pour cela, il audra prendre les matchs les uns après les autres, et la 2ème saison est toujours la plus compliquée. Pas trop de changements au mercato, on espère, pour garder la fluidité et le beau jeu.
Bonne chance !
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