vendredi 26 mai 2017

1 minute chronique # 12 : Gnarwolves - Outsiders





Big Scary Monsters - Mai 2017

Atatiaaaaaaaa, c'est l'été ! Et quoi de mieux que le nouvel album de Gnarwolves pour le démarrer? J'en sais strictement rien, mais on va voir cela ensemble.

Cette fois, je ne vais pas dire tout et son contraire. J'ai toujours bien aimé Gnarwolves et ce nouvel album Outsiders, qui vient de sortir sur Big Scary Monsters notamment, ne me fera pas changer d'avis. Oui, Adolescence leur dernier EP était quand même un peu décevant, mais ca arrive à tout le monde de rater un match, le tout étant d'etre meilleur la prochaine fois. Pour te convaincre du bien fondé de Outsiders, écoutes le triptyque "StraightJacket" - "Car Crash Cinema" - "Wires" qui est presque parfait, assez semblable à ce qu'on a pu écouté sur Chronicles of Gnarnia d'ailleurs.

C'est des fois pas assez punk comme  j'aimerais, oui mais la musique retrouve ce coté skateboard et copains qui a fait ce groupe ("Paint Me A Marytr" genre, non?). Comme quoi on peut (ré)évoluer dans le bon sens sans trop renier ses traditions. On y trouves des accents un peu plus pop, Emo, power pop presque, mais j'ai pas grand chose à redire au final.

Si, en fait si, la fin est un peu plus ennuyeuse ("Argument", Taking to Your Ghosts). Bizarre d'ailleurs, c'est presque toutes celles qui ont un coté Emo grunge un peu. Fallait bien dire un truc négatif, oui oui.

Il n'en reste pas moins que  la face toujours punk de Gnarwolves est bien là, et cet album me parait un bon argument pour mettre quelques titres dans une playlist de l'été, non? 



mardi 9 mai 2017

Le syndrome RR, illustré par The Flatliners - Inviting Light





Ce blog se veut dorénavant aussi de santé publique. Plus particulièrement, en tentant de vous éclairer sur des pathologies communes, leurs causes mais parfois aussi leurs remèdes. Si on peut vous aider... Ce premier numéro est donc consacré à l'étude d'une pathologie ma foi heureusement pas encore trop répandue dans le punk-rock, mais qui pourrait vite devenir un souci, à savoir le syndrome RR. Explications.

Le syndrome RR, qu'est ce que c'est? 

Le syndrome "1er album chez Rise Records", plus connu sous le nom de syndrome RR, est une maladie qui à touché un certain nombre de groupes "punk-rock" majeurs ces dernières années. Il se traduit par la production d'un album sur le label Rise Records, par un groupe ou un artiste déjà vu comme "confirmé" sur la scène punk-rock. La plupart du temps, ce syndrome se traduit par une musique plus molle, plus épurée et beaucoup plus fade que dans les albums précédents de des groupes en question. Elle peut conduire à des résultats souvent très mauvais, allant d'un simple album à jeter, jusqu'au décès du groupe (Make Do And Mend, vous vous en souvenez?). Cette pathologie doit donc être prise très au sérieux, et c'est l'objet de cet article. Pour cela, illustrons notre discussion d'un cas d'étude.

Introduction du cas d'étude



Un des cas en date les plus récents concerne les canadiens de The Flatliners. Bien qu'en parfait santé avec son album référence Calvalcade, sorti sur Fat Wreck Chords en 2010, et une bonne suite Dead Language en 2013, le groupe a contracté le syndrome RR en Avril 2017 pour son nouvel album, Inviting Light. En cette date, le groupe est toujours actif, et son album en écoute, ce qui semble un signe positif. Néanmoins, une question mérite d'être posée avant d'aller plus loin.

Est-il possible de ne pas trop en souffrir?

Heureusement, la réponse est oui. Les statistiques montrent clairement qu'un groupe peut s'en sortir, même si le taux de rémission reste très faible. La manifestation la plus frappante de cet espoir se nomme Hot Water Music, qui a contracté le syndrome RR pour son dernier album, Exister en 2012, sans avoir aucune séquelle notable. Certes, il n'était pas au summum du groupe, mais ils sont restés les patrons. Nous pouvons également citer Bouncing Souls, qui sans impressionner, gardent une constance appréciable. 

 C'est grave docteur? 

Dans le cas de The Flatliners, le diagnostique est plutôt difficile à poser. D'une part, il fallait plutôt d'attendre à quelque chose de différent pour cet album, plus posé, plus travaillé, moins punk-rock finalement. La part due au syndrome RR est donc difficile à cerner. Ce que l'on peut dire, c'est que certains morceaux sont vraiment sympas, surtout au début en fait ("Mammals", "Human Party Tricks") même si on oublie complètement le punk mélo, ce qui reste un des signes mauvais du syndrome RR. C'est parfois ultra simple, rock, mais les refrains façon Foo Fighters (Indoors par exemple) me refroidissent un peu. Pour appuyer là où ça fait mal, plus on avance dans cet album, moins je suis convaincu. Ses accents de guitares sèches ne sont pas toujours les bienvenus,  et ça pèse un peu sur l'ensemble. Vous avez remarqué que c'est l'un des signes d'albums plus '' produits'', ces guitares sèches sur les refrains ? Ca doit donner un accent plus radio, je sais pas.

Bref, J'aurais apprécié un peu plus de folie. A peine plus hein, pas faire un plongeon de 25m dans un canyon, mais juste celui de 5m à la piscine de La Bourboule m'aurait suffit. Mais je m'égare, car c'est bien un autre point important du syndrome RR : le manque de prise de risque. Tout est quand même calibré, renté au chausse-pied, pour que rien ne dépasse. 

Bon, j'ai pas envie d'être trop catégorique non plus, je vais l'écouter encore.

Verdict

Il fallait s'attendre à une baisse de régime de la part de The Flatliners, qui peut s'expliquer par différents facteurs que j'ai tenté de décrire plus haut. Leur musique n'as pas perdu d'intérêt pour autant, à mon avis, car il reste une bonne partie de cet album que j'écoute avec plaisir. Mais bon, si réduire les tempos de 20 points, mettre de la guitare sèche sur tous les refrains et éviter soigneusement toute roulette est tout ce que le syndrome RR a apporté à The Flatliners, alors je crois qu'ils sont affectés. 










lundi 1 mai 2017

Quitters - Good Night Memories


Coprod' - Avril 2017


Quitters - punk-rock indie - Gainesville VS Montpellier -  sourire - soleil et copains. 

Comme quoi faut pas se casser la tête des fois. Avec ces simples qualificatifs vous devriez déjà comprendre où je veux en venir. Et si tu te poses la question, la réponse est OUI.

OUI, on a encore le droit à un autre groupe Français qui sait faire du bon punk-rock pour aborder l'été sereinement (si c'est encore possible, on verra cela bientôt). Ça commence à faire pas mal, et ce n'est surtout pas moi qui vais m'en plaindre. Parce que ce premier album, c'est un truc qui mélange de l'indie, de la roulette, un peu de rock'n'roll mais c'est surtout du punk-rock des familles. En fait, Quitters, si Phillipe Etchebest était punk-rocker et pas cuisinier, il en dirait surement que c'est ce qu'on attend d'un groupe de punk-rock de la vie de tous les jours. Du fait maison, du fait avec amour avec des produits frais et de qualité, mais surtout sans chichis. Alors ça ne joue pas dans la catégorie palace 5 étoiles, si on veut pousser un peu, je l'accorde. Les menus sont parfois goûtés maintes fois, mais on s'en fout, car pour cette fois on ne fera pas la fine bouche.C'est décidé, mais pourquoi?

Parce que simplement, les conditions pour nous faire passer un bon moment sont réunies. Le son est au rendez-vous, les chœurs faciles à apprendre, et les riffs de guitare bien jolis. Je lui donnerais presque une étoile au guide Chuck Ragan du punk-rock, pour les efforts fournis, et l'évolution par rapport au premier EP. Dans les faits on a de l'indie punk comme les cadors Français, genre Not Scientists, mais avec des accents instrumentaux comme Cold Heart Days ("Sweet Memories"), des accents indie comme Heavy Heart ou Water Mane ("Promises to Myself") une dose d'Emo-soleil à la Sport ("The Brighter Shades of Time"), d'Emo-punk à la RAVI ("Life Inside"), de punk à roulette sauce r'n'r à la The Reaction ("Misery", "Burn Burn"), mais surtout une bonne dose de punk-rock Ricain dont on a tous écouté et réécouté les disques en boucle ("Why Should We Burn Our Lives?" qui est LE tube si il fallait en choisir un). Tout ça se mélange, et c'est ce qui m'as attiré l'attention directement je pense.

Du coup, il pourrait évidemment découler un petit manque de cohérence avec tous ces noms les uns à la suite des autres, mais c'est pinailler pour rien. Au contraire, c'est vraiment intéressant d'entendre comment le mélange s'opère, et qu'avec tout ça Quitters garde son identité. Une nouvelle identité. Ces chansons, elles me font repenser à plein de groupes, mais sans forcément les revivre entièrement. Il est là le bon point, il est LA. Les émotions, mais bien dosées.

Car, tout comme certains chefs en devenir, Quitters tire parti de certains groupes qui l'ont précédé, pour nous remettre dans le bon chemin avant l'été. Impeccable. 















mercredi 26 avril 2017

The Menzingers - After the party


Février 2017 - Epitaph Records


Celui-la, on peut dire que je l'attendais. Pre-commandé et compagnie, une vraie groupie. J'étais sur que ça allait être l'album de l'année (enfin a part si HWM sort un album en 2017 bien entendu, mais c'est une autre histoire). Pour peu, j'aurais pu écrire cette chronique en avance en disant qu'il ne fallait presque rien en dire de plus tellement c'était génial. Il me manquait juste a insérer le nom des chansons que je préférais, et pour faire genre critiquer un peu celles que j'aimais moins. Alors il faudrait surement dire que c'était un peu plus gentil, comme prévu, et que ça pouvait en déranger certains, je comprenais. Mais bon, l'autoroute quoi, cette chronique.

Celui-la, pour vous en dire plus, c'est After The Party, le 4ème album de The Menzingers. Et mes arguments pour l'encenser sont nombreux. Un groupe qui a fait deux albums précédents fabuleux, que j'ai sérieusement écouté des dizaines et dizaines de fois, même si paradoxalement je ne m'y suis intéressé que très récemment. Un groupe qui est aussi rentré dans un top de mes groupes de punk-rock préféré, il faut bien le dire. Je peux m'identifier aux paroles, à la musique, c'est parfait.

Mais comme bien souvent, ce n'est pas ce qui est prévu qu'il se passe. Refaisons l'histoire.


Vendredi 3 Février 2017

C'est le jour de la sortie, et je reçois les mp3. Première écoute, joie, branlée j'aime pratiquement tout. Même "After The Party" qui pourtant ne m'avais pas emballé quand ils l'avaient mise en écoute. Je salive d'avance d'avoir le temps de l'écouter. Louer une bagnole pour aller chercher des affaires et faire de la route, ca aide et j'écoute l'album genre 4 fois de suite. A l'aller et au retour. Ces chansons ultra simples, comme "Charlie's Army", mélancoliques comme ''Lookers'' ou ''Your Wild Years'', efficaces au possible comme ''Telling Lies'', je suis sous le charme. C'est 10/10.  


Lundi 5 Février 2017

J'écoute encore et encore. J'écris la chronique dithyrambique, elle est presque prête. mais quand même, j'aimerais pas faire un jugement trop biaisé (remarques ca m'est arrivé quelques fois déjà). Attendons un peu.


Lundi 13 Février 2017

Franchement je commence à douter.  Au final y'a des chansons un peu cliché non? Je saurais pas trop dire. C'est vrai que j'aime moins "Midwestern States" par exemple, et "Charly's Army" même cool, fait un peu Foo Fighters discount. Non, non, c'est pas encore le moment.


Jeudi 23 Mars 2017

Bon, ca fait pas loin d'un mois que j'ai pas écouté le disque en entier. Oui j'ai mis "Lookers" dans mes nouvelles enceintes car celle là impossible de m'en lasser, mais c'était juste pour m'auto-satisfaire d'avoir enfin du bon son dans mon salon. Faut quand même que je remette le vinyle. 


Mardi 24 Avril 2017

Ouah, je viens de me rappeler que j'avais un blog. Cet article était écrit depuis un moment d'ailleurs. Mais tiens, cela va me permettre de faire le bilan. Après presque 3 mois, j'avoue, je connais cet album par cœur. Je l'écoute encore, et je l'écouterai encore. Pourtant il a des défauts, c'est évident, mais je dois m'avouer vaincu. Parce que, quand j'ai envie d'écouter un truc cool apres une bonne journée, j'écoute ce disque. Parce que quand je vois le premiers soleils Bruxellois du printemps qui me donnent la peche, j'écoute ce disque. C'est fait sans vraiment y réf'echir d'ailleurs, et c'est pour cela que j'y crois.

Donc, difficile de cacher le contraire, The Menzingers reste un de mes groupes préférés, et After The Party un vrai super disque. 








mercredi 15 mars 2017

Les histoires #1 - Les concerts punk-rock tout seul. [Partie 1]



EDITO:  

Je viens de passer une bonne année aux Pays-Bas, et j'ai eu l'occasion d'expérimenter les concerts tout seul. Oui, peu de gens aiment le punk-hardcore, surtout dans mon équipe de recherche. C'est pas toujours cool, mais ça m'a donné envie d'écrire sur ça. On va voir. 

Ce texte est techniquement de la fiction, au sens où tout ce que je raconte n'est pas vraiment ce que j'ai vécu, même si ça part de faits réels parce que l'idée m'est venue en me faisant un peu chier à des concerts j'avoue. Pour ce qui est vrai et ce qui est inventé, je passerai les détails (mais pour ma défense j'ai jamais eu de tee-shirt Madball par exemple hein, ni instagram d'ailleurs). Allez!  


 Les concerts punk-rock tout seul. Partie I




Un des trucs les plus cools qui peut arriver dans la vraie vie, c'est d'aller à des concerts. Je pense qu'on sera d'accord. Partager des moments forts, hurler les chœurs de "Trusty Chords" avec Chuck Ragan et Chris Wollard en personne, ou faire un slam au-dessus de la foule sur "Wake The Dead" à un concert de Comeback Kid. Bref, tu peux remplacer ces noms de groupe par d'autres que tu préfères, je parie que ces sensations resteront identiques. Le genre de choses qui reste gravé dans ta mémoire pourtant bien sélective pour un bon moment. Alors pour résumer rapidement, tout commence pour le mieux. D'abord, tu regardes négligemment sur les internets, et tu tombes sur un concert de folie prochainement ("Ouah, un mini-festival avec  Gorilla Biscuits, Modern Life Is War et Touche Amore!!!"). Le sang te monte directement au cerveau, et tu sens une excitation soudaine. Tu demandes à tes copains qui va y aller, tu achètes tes billets, et surtout tu te prépares à passer du bon temps (par exemple en apprenant quelques chansons de Fever Hunting, le dernier Modern Life Is War, pour pouvoir les hurler avec le chanteur quand il va te tendre le micro). En plus, pour des gens qui aiment le punk-rock/hardcore comme nous, y'a des chances que ça soit dans une petite salle, ce qui ajoute tout de suite de l'intérêt. Bref, on devrait encore une fois être d'accord (sinon remplace Gorilla Biscuits, Modern Life Is War et Touche Amore par qui tu veux du moment que tu les aimes bien). Mais tout n’est pas si simple. 

Particulièrement parce que l’un des trucs les moins cools qui peut arriver dans la vraie vie, c'est d'aller à des concerts. Allez, je t’entends penser que j'exagère, tout de suite, comme bien souvent. Ah, pas si sûr, car tout change si, en l'occurrence, t'y vas tout seul, dans une ville où tu connais pas un chat, et dans un pays où la langue que les gens parlent ressemble plutôt au son de la toux grasse de ton grand père quand il a attrapé mal à cause des premiers froids. C’est vrai, tu sens aussi le sang soudainement circuler plus vite dans ton corps, mais cette fois, pas certain que ça soit de l’excitation. Pas d’amis, pas d’activité sociale, pas d’excitation de groupe. En effet, ça ressemble plutôt à de l’appréhension. Mais tu ne t’en rends pas compte tout de suite car souvent tu confonds les deux sentiments. Je te comprends, c’est un peu pareil pour moi. Bref, quoi faire dans ce cas ? Bon, je vais te dire ce qu’il va se passer, si ça peut servir à quelque chose. 

Le jour J, naïvement, tu es toujours hyper content, tu marches vers la salle de concert, il fait beau, et tu as précautionneusement sélectionné le tee-shirt de groupe que tu portes pour l’occasion. Pas un tee-shirt d'un des groupes qui joue ce soir, ça ferait groupie à la con. Plutôt un tee shirt d'un groupe un peu relié, mais pas trop cliché non plus. Si l'on reprend notre exemple, un tee shirt Youth of Today est particulièrement approprié si tu veux voir Gorilla Biscuits. Si par ailleurs tu as plus de 35 ans, ça imposera encore plus le respect - si tant est que tu sois encore Straight Edge - ("je les ai vus en 1988 à Amsterdam mec. C'était la bonne époque"). Sinon, si comme moi tu es venu presque en particulier pour Modern Life Is War, c'est un peu moins évident, il te faut un truc plus subtil. Madball? Non, trop typé bermuda avec les chaussettes de sport à bandes rouges montées sur les tibias (mais surtout : pourquoi t’as un tee shirt Madball ? Bref). Defeater? Un peu controversé. C’est là où tu te mets presque à regretter ce tee shirt noir de Have Heart que tu as oublié chez ta mère l’autre fois, bref. Heureusement pour toi, il te reste celui de Birds in Row. En effet, il en jettera auprès des plus avertis, c'est un choix judicieux. Certains ne connaissent pas trop, donc tu suscites l'intérêt, et tu sauras quoi leur dire. Par exemple, que ce sont des potes à toi (ce qui est pratiquement faux) et que tu viens d’enregistrer un disque avec ton groupe dans le même studio qu’eux (ce qui est factuellement vrai). Je sens que la confiance est encore là, t'as tout préparé. Pourtant, aller tout seul à un concert, au risque de me répéter, ça change tout.

Déjà, vu que personne ne t’attend, pas besoin d'arriver trop tôt. En plus, aller à un concert, c'est pas comme aller voir un match de rugby où tu peux entrer tôt dans le stade, t'imprégner de l'ambiance, sentir les odeurs du stade, même tout seul (à condition d'être un amoureux de ce sport). Non non là, si ça t'es déjà arrivé, tu sais que tu vas te faire chier un bon moment avant que le premier groupe ne commence. Tu pourras peut-être profiter du batteur qui tape pendant 15 minutes sur sa caisse claire lors des balances. Au Stade, tu peux prendre le temps de regarder les gens être heureux. A un concert, dans cette salle sans lumières, tu ressembles juste à un mec bizarre qui mates les gens. Mais, tu m’as l’air un peu trop inexpérimenté pour le savoir ; Alors ça se passe comme ça :

1 - Tu entres dans la salle, où il y a des groupes de gens éparpillés un peu partout, en mini-cercles à discuter et tu te dis que t’es pas invité (en plus tu ne vois pas spécialement comment l’être). Tous ces groupes ont l’air si cool pourtant. 

2 - Tu te mets quelque part, sachant qu'il y a pas mal d'espace libre partout. Mais où? Alors là, le choix est difficile. Je dirais qu'au début, tu peux te caler contre un mur sur le côté, ça f'ra.

3 - A cet instant, tu le sens. Tu le vois. Le blues t'envahit d’un seul coup. Tes chances d’avoir une conversation non forcée avec quelqu'un dans les 3 prochaines heures sont proches de zéro. Tu le sais maintenant.

Alors que faire? La réponse est évidente. Evidente. Tu sors ton portable de la poche et tu essayes de te convaincre que ta vie n'est pas si naze. Tu scrolles frénétiquement ton facebook, ton instagram ou les deux. Tu envoies quelques messages aux connaissances que tu penses les plus solidaires, mais le coeur n'y es pas. Tu textes quand même. Réponses lapidaires, ou pas de réponses du tout. Merci pour le soutien, et en plus seulement 10 minutes se sont écoulées. Et cette conversation ne reprendra pas avant la fin de Modern Life is War sinon tu vas montrer à tes potes que tu te fais chier. Pas bon pour ton image. En plus, on est Dimanche, 17h, le moment où personne ne fout rien, mais surtout le moment où personne n'as envie de foutre quelque chose. Tu essayes de sourire à quelques memes sur 9gag, mais tu as vite fait le tour. Sauf que, heureusement pour toi il te reste encore plusieurs jokers dans ce genre de situation.

#3: aller boire un coup. Peut-être quelque chose ressemblant à un contact social pourrait s'établir au bar, qui sait, ou au moins tu auras eu un semblant de conversation avec la serveuse (qui en a vu d'autres, des comme-toi). Mouais, pas très efficace donc.

#2: aller regarder dans le merch et les éventuelles distros. Bonne idée, surtout si t'as prévu d'aller acheter un tee shirt et/ou des disques. Surtout, n'achètes pas quelque chose tout de suite, ça te resterait sur les bras tout le concert et tu aurais l'air encore plus freak (oui, encore plus que ça), et crois moi, t'en as pas besoin. Par contre, rien ne t'empêches de regarder, et de discuter avec le mec qui tient le merch. Bon vous êtes pas des grands amis, la discussion sera très basique mais au moins quelqu'un va te parler (surement parce qu'il n'aura pas le choix, certes, mais c'est quand même bon à prendre). C'est sur, "The tour is great so far", "We are so stocked to be here" et "Man, thanks a lot for your interest, I am glad that a lot of people came here on a Sunday night" ne sera jamais élu comme la conversation de l’année, mais quand même. Tu n'auras pas appris tant que ça, mais c'est à toi de poser les bonnes questions aussi, merde. J’essaye de sauver ta soirée hein. 

#1: Parler à des gens? Facile hein? Non, pas tant, tu es bien trop timide pour faire ça. 


Portable sorti de la poche, facebook, instagram, 9gag, blues. 


Après qu'une quantité impalpable de temps ne soit passée, entre regards dans le vague, un sirotage d'une bière pleine de mousse et de très nombreux checks sur ton smartphone parce que "dans la poche, tu as senti que ça vibrait" mais non, les lumières s'éteignent et le concert commence. Enfin. 




lundi 13 février 2017

la playlist de: vous avez dit Hardcore Moderne? PART 2 [Lille HC city]


Par les temps qui courent, il faut avoir une sacré playlist pour se défouler le soir en rentrant chez soi. Fermer les réseaux sociaux, se couper un peu de toutes les conneries que l'on a entendu dans la journée, et se décharger. A cet instant, il nous faut du bon gros hardcore, puissant, violent. Il nous faut quelque chose pour extérioriser quoi. Heureusement, certains sont là pour nous filer un coup de main.  

Dans la parfaite veine hardcore moderne que j'ai décrit dans la partie 1 de cette playlist, les Français peuvent tirer leur épingle du jeu, nous l'avons déjà vu (LA). En particulier, on peut compter sur la scène Lilloise. Preuve en est, avec deux groupes qui ont sorti des disques récemment, dans des styles à la fois similaires et différents. je veux parler de Drawbacks et Fake Off. Revue d'effectif pour cette seconde partie de la (cette fois petite) playlist du hardcore moderne.


DRAWBACKS - Common Impairements




La (première) preuve en est avec le nouvel EP de Drawbacks. Du hardcore violent, teinté de mélodies, mais sans jamais tomber dans l'Emo surjoué (et c'est bien le plus important). Alors, c'est vrai qu'on frôle la limite de la définition que j'ai du hardcore moderne, parce qu'ici on garde beaucoup de codes d'un punk hardcore à la Comeback Kid et consorts, mais dans le quel on incorpore du Modern Life Is War. Le mélange est ultra intense, parfaitement dosé, avec une colère à la fois froide et puissante. Tu vois, c'est un peu comme si ta façon d'exprimer le mieux ta haine était d'hurler, en face de ton interlocuteur, droit devant, sans prendre de gants, au lieu de faire ta pleureuse en espérant l'attendrir. Non non là, tu fais face, mais t'es pas sans cœur non plus. Toi aussi tu ressens des choses, juste que tu te laisses pas faire. Froid et lucide. Voila le mélange, voilà pourquoi je dis bravo.


FAKE OFF - Boréal




La (seconde) preuve en est avec le nouvel EP de Fake Off. Ici, on est vraiment dans le punk hardcore melodique mais pas trop criard, avec un peu de screamo lissé, et ca me fait quand même pas mal penser à Pianos Becomes The Teeth et consorts. C'est presque aussi efficace, aussi rentre-dedans d'ailleurs, mais surtout le concept de l'EP est mûri, réfléchi, et ce ne sont pas juste 5 chansons jetées sur une galette en plastique. Ce genre de musique, c'est celui que tu hurles avec les tripes, sans tricher, celui qui te rassemble, et tout à été fait dans ce sens j'ai l'impression. J'avais déjà vraiment aimé leur album précédent mais là je dois dire que ca a pris un autre niveau, presque aussi élevé que les cadors du secteur. Et puis, comme j'ai des espions partout, je peux aussi vous dire que les informations sont concordantes pour dire qu'en concert, vous risquez de prendre une branlée.



jeudi 2 février 2017

Anchord - As A Real Return







Bcore - Janvier 2016




Oui, c’était auto-prédit que j’aime ce nouvel album de Anchord. En plus bon je déroge rarement à la règle, c’est comme ça. Oui, dans un sens, je loue beaucoup les émotions, le ressenti, et je reste convaincu que c’est le plus important quand on écoute un disque, mais... Oui dans un autre sens y’a quand même des groupes qu’on est largement plus prédisposé à aimer d’entrée que d'autres. Presque même sans avoir écouté, comme on irait voir le dernier film de Woody Allen sans même regarder la bande annonce (facile c’est presque toujours la même, mais ça ne t’empêches pas d’y aller à chaque fois).
C’est le cas précis avec Anchord, mis en avant avec des hastags emopunk, Title Fight, Into it. Over it mais surtout Bcore. Tout de suite, mes sens sont en éveil, parce que si l’on parle de mes groupes préférés de Bcore, et qu’on y ajoute mes parties préférées de Title Fight et de Into It. Over It ça peut être facilement l’album de l’année. Oui, il faut en avoir pour mettre cette publicité en avant mais c’est que ça doit valoir le coup. En plus Bcore, c’est un label qui fait quand même référence. Enfin, à quoi je m’attends au fait ?
Bon, quand je parle de mes groupes préférés de Bcore, dans ce style de punk-rock ici, c’est surement No More Lies et Vistalegre. Ce style de punk-rock ensoleillé mais pas trop lissé, qui te fait chanter les chœurs à tue-tête. Ensuite, pour moi Title Fight, c’est Shed et Floral Green, le reste étant vraiment trop éloigné de "une touche d’Emo dans le punk-rock" . Et puis Into It. Over It, c’est l’Emo 90’s bien fait, en particulier dans Proper. Donc, si ce groupe peut tout mélanger, ca risque de me mettre une grosse calotte. Mes attentes étant à leur point culminant, vous devriez maintenant en être convaincu, voyons si le plat est aussi bon que le menu le laisse suggérer.
Sur le début, j’ai quand même l’impression de sentir un peu cette influence Bcore. J’avoue, quand on le sait c’est plus efficace, mais quand même. Après, c’est moins ensoleillé que No More Lies, et il me manque ces refrains fédérateurs et ces lignes de chant parfaitement placées, mais franchement le niveau est vraiment bon, le son aussi, et les jeunes ont pris les bons exemples. Attendons encore un peu. Et, après 3 rounds d’observation, le 4eme me mets pratiquement KO. « New Existence Plug In », c’est CA que j’attendais. J’y trouves les riffs Emo-grungy-punk relancés dans Title Fight, mais avec une part moins sombre, moins noire, plus lumineuse. Un gros sport braqué sur la figure.
Ensuite, c’est vrai que cette influence se confirme beaucoup, presque un peu trop d’ailleurs, sur les chansons suivantes à tel point qu’on pourrait presque penser que certaines sortent de Floral Green. Mais je ne vais pas bouder mon plaisir, et surtout en ce moment. Dejà-vu ? Certainement, mais tant pis. Bien fait comme ça je prends direct. Certaines chansons sont un peu moins directes ou un peu moins accrocheuses j’avoue, mais toujours avec c’est vrai ce goût persistant d’Emo 90’s qui relève la sauce. C'est largement suffisant pour que je sois conquis.

Une bien bonne surprise dès le début d'année, c'est toujours bon à prendre. La voici avec Anchord, et franchement ça risque de rester dans mon lecteur MP3 un paquet de temps. Merci.