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jeudi 17 novembre 2016

Folk In My Days #4 - Travis is a tourist





L'autre jour, je suis allé voir un concert de Benjamin Lefwitch Francis, dans ce qui pouvait ressembler à un amphithéâtre, par exemple celui où j'avais mes cours d'analyse numérique en première année d'école d'ingénieur. Ambiance aseptisée donc, en particulier pour un concert folk qui pouvait se dire intimiste. Heureusement qu'on pouvait boire un peu de vin dans la salle, un vin sans bien plus de goût que la déco, mais du vin quand même. Bref. J'étais donc assis, prêt pour le cours, à réfléchir sur le fait qu'aller à des concerts tout seul c'est bien un peu la lose (mais vous deviez en savoir plus d'ici peu), à regarder le vin tournoyer dans mon verre. Puis les lumières se sont éteintes. Un mec est apparu, seul avec sa guitare, paraissant presque intimidé du silence qui régnait dans la salle. Un silence de plomb à vrai dire.

Ce gars, c´est Travis Is A Tourist, qui ouvrait la soirée. Et, sans pouvoir vraiment décrire ce qui s´est passé, j´ai été subjugué par ce que j´ai vu et entendu. Un homme, une guitare, et des chansons. Pas d'effets, et par moment même pas de micro. Et puis, entre chaque chanson, un petite goulée de whisky, et un mot pour détendre un peu l'ambiance. Justement, cette ambiance était presque irréelle. Personne ne bouge une oreille, et le niveau de bruit est plus élevé le dimanche à la messe. Mais il en faut plus a Travis pour être déstabilisé. Des petites blagues bien placées entre les chansons, et surtout une voix parfaite pendant. 

Alors après cette expérience, difficile de retrouver les mêmes sensations sur disque. Pourtant en écoutant les premières notes de "Shaking", j'ai des frissons qui reviennent. Alors oui, l'instrumentation est beaucoup plus fournie, oui le côté nu de ce que j'ai vu en concert s'est évaporé, mais les émotions sont restées. 

J’espère t’avoir donné envie, peut-être d’une manière différente, d’écouter ses chansons. Si tu as une minute, écoutes cette folk-pop intimiste sur bandcamp, en plus le téléchargement est à prix libre. 

En résumé: j'écoute aussi (et souvent d'ailleurs) de la musique chez moi parce qu'elle me rappelle un moment, un sentiment, et des émotions que j'ai eu dans le passé. C’est à peu près ce que je voulais partager aujourd’hui.  


mardi 19 avril 2016

Folk in My Days #3 - Julien Baker & Joan Shelley


D'après mon historique méticuleusement mis à jour, je n'ai pas parlé de folk en 2015, excepté ma contribution pour People are Better Than Records. Il est temps de réparer cela, avec deux albums qui me laissent vraiment sans voix en ce début d'année.  Parce que c'est pas bien souvent, mais on peut être bluffé par un artiste ou un groupe instantanément. En écoutant une chanson, en regardant une vidéo comme ça, ou en farfouillant dans la discothèque d'un pote. C'est presque exactement ce qui s'est passé quand j'ai écouté pour la première fois Julien Baker et Joan Shelley.

Pourquoi parler des deux en même temps? D'une part, parce que mes statistiques blogger m'indiquent que vous ne lisez pas trop les posts folk alors mieux vaut faire d'une pierre deux coups et le buzz est important pour mon ego surdimensionné. D'autre part, surtout, car ces deux albums sont un peu à leur manière deux approches différentes de cette folk music simple, simpliste, qui me touche. Je l'ai dit plusieurs fois, j'aime la musique folk simple et tranquille. C'est exactement ce genre là, mais réalisé dans deux ambiances différentes.

Julien Baker - Sprained Ankle

La musique de Julien Baker est arrivée chez moi grâce à une vidéo réalisée lors des Audiotree sessions. Et puis, comme le type qui fait l'interview (enfin un peu moins quand même je crois), je suis quelque peu tombé amoureux de cette fille juste en écoutant ses chansons. Voici pourquoi.

Julien Baker a 20 ans et sort son premier album, Sprained Ankle, sur le label 6131 Records il y a quelques mois. Elle habite du côté de Memphis et elle a joué dans un groupe appelé Forrister. C'est tout ce que je peux vous dire. Pour le reste, la musique est mise à nue. Un voix, une guitare, un sampler et c'est presque tout. La voix justement, emporte instantanément, douce, pleine d'émotions. Le rythme est lent, mélancolique. On est vraiment dans une atmosphère très calme, très policée. Pas de fioritures, pas d'effets à tout va, mais la simplicité d'écrire des chansons sincères et touchantes. D'ailleurs, je suis impressionné par le fait que cette musique soit dépouillée, épurée. Et ça, dès l'ouverture "Blacktop", mai aussi "Sprained Ankle" qui est sublime. La voix est douce, et puis à la fois puissante et fragile, comme à la fin de "Rejoice". Subjugué.





Joan Shelley - Over and Even

Ici aussi, c'est internet qui m'as fait connaître Joan Shelley. Pour être plus précis, les NPR Timy Desk Concerts. On pourrait parler d'un tas d'autres artistes de ce genre, c'est sur, mais ça tombe sur elle.

Pour entrer dans le vif du sujet, c'est quand même dingue le nombre d'émotions que l'on peut faire passer avec une ou deux guitares et une ou deux jolie voix. C'est ce que prouve Joan Shelley car son album, qui pourrait tout droit être sorti des années 60, est fabuleux. Ah oui, c'est une autre ambiance. J'ai vraiment l'impression d'écouter un album ancien, si on oublie (et encore) le son un peu plus actuel. Le chant, les lignes de guitares, et quelques petites touches d'autres choses par ci par là. Une voix d'homme vient parfois se greffer à la sienne ("Stay on my Shore", "Jenny Come In"), ou un peu de piano ("Not ver by Half"). C'est parfait que des gens fassent encore de la musique comme ca, et il y en a encore plein que je n'ai jamais du écouter. C'est parfait. "Easy now" est le point d'orgue du voyage, sur une route du Kentucky au soir d'une chaude journée. Les parties de guitares nous renvoient aussi aux années 60, je suis emballé.


Bilan: 

Deux approches pour faire une musique finalement assez similaire. Du côté de Julian Baker, c'est tellement poussé, cette simplicité, cette instrumentation épurée, que ça me fais une sensation presque bizarre, assez mélancolique. Difficile à expliquer, mais c'est pas trop le genre d'album que tu passes pour te sentir mieux à la fin. En attendant c'est une sacré surprise. Concernant Jan Shelley, c'est quand même plus lumineux. C'est plus apaisant, plus un genre de cocon.

En tout cas, j'aime les deux, et j'espère que toi aussi !



mercredi 19 novembre 2014

Folk in my days #2: Alcoa - Thank You EP



Outre l'acronyme de l'ALuminium COmpany of America, ALCOA est aussi un projet musical, et pas des moindres. Plus particulièrement, c'est celui de Derek Archambault, leader de Defeater, sorte de fer de lance du hardcore dit "moderne", même si son groupe ne fait pas l'unanimité totale au sein de la scène.

Mais là n'est pas le problème, car Derek est malade. Et comme il est Américain, il a du lancer une campagne de financement participatif pour récolter l'argent nécessaire à son opération de la hanche. On lui a donc posé une nouvelle hanche, même si je ne pense pas qu'elle soit en aluminium fabriqué par ALCOA (désolé pour la blague). Et tout cela a été rendu possible grâce au don de personnes, anonymes ou non, qui ont eu droit en retour à cet EP sobrement intitulé "Thank You", enregistré par Derek en personne. Cet enregistrement contient donc 5 chansons, 5 reprises en acoustique, de 5 groupes différents. Et comme je l'écoute en boucle depuis une semaine, en voici une revue que j'espère exhaustive.

On commence avec "Shambles", dont la paternité revient à Make Do And Mend. Facile pour moi, c'est un groupe que j'aime bien. En plus, leur EP Bodies of Water dont cette chanson vient est peut-être leur meilleure sortie. En écoutant la reprise d'Alcoa, je suis par contre un peu moins convaincu. Il y a bien le riff de guitare épique si caractéristique, mais la batterie est peut-être un peu présente. Enfin, la signification est peut-être ailleurs, dans les paroles notamment. je ne suis pas totalement conquis, même si on sent la maîtrise, le calme, la tendresse. Voyons la suite.

Et justement, voici "Young Kerouacs", initialement écrit par I Am The Avalanche, le groupe de "rock de stade abordable" dont j'ai dit du bien dans une de mes playlists. Le niveau monte vraiment. La reprise est vraiment géniale, folk pop, sobre et surtout pas trop niaise. Différente de l'originale, c'est sur, mais la réalisation est superbe. Presque à me donner des frissons. Et c'est vraiment ça que j'attends d'une reprise folk de ce genre.

Pour le reste, ça se complique un peu, dans le sens ou je connais vraiment moins bien les groupes à qui Alcoa a piqué les chansons. En particulier Blacklisted, j'en suis désolé. Oui, c'est un groupe de Hardcore bien violent à la Tragedy ou Victims, ça je sais. C'est d'autant plus intéressant d'ailleurs. Je suis allé écouter "Stations", la chanson reprise dans l'EP, et surprise c'est du gros hardcore qui tâche, presque crusty, et j'ai même pas reconnu que c'était la même. Pour le coup chapeau Alcoa, même si je trouve ce titre un peu plus en retrait des autres, plus monotone, et surtout beaucoup moins vivant.    

Vient ensuite "Who's Gonna Carry You Home?" Et je me dis: "Ouais, cette chanson est magnifique. Je l'ai déjà entendu, oui c'est sur, attends elle est de....... Elder Brother? Ah, j'ai du confondre alors." Je ne connais pas vraiment ce groupe, du pop-punk assez calme et sans intérêt surdimensionné. Bref, il ne reste pas moins que pour moi, c'est le meilleur titre de l'EP, bien qu'il soit aussi le plus proche de l'original peut-être. C'est le genre de chanson que tu as l'impression d'avoir toujours entendu, d'une manière ou d'une autre, mais qui fait toujours son petit effet. En plus, elle est vraiment magnifiée sur l'EP, par rapport à celle d'origine, donc je dis bravo.

Enfin, "I Don't Mind" est bien entendu une reprise de Defeater, issue Empty Days and Sleepless Nights, déjà en acoustique ici aussi. Pareil, c'est simple, encore plus intime que la version de l'album, et j'adhère complètement. C'est une parfaite fin.

Pour conclure, j'écoute cet EP en boucle depuis une bonne semaine maintenant, et il va de paire avec la pluie qui tombe tous ces jours gris, qui nous rappelle qu'on est bien en Novembre et qu'on a pas grand chose à faire, à part justement écrire des articles qui disent qu'on a pas grand chose à faire.